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Traduction de Bernard Turle.

 

C’est un fait, j’aime beaucoup la littérature orientale, celle du Maghreb mais aussi celle du Moyen-Orient et celle de l’Asie du Sud.

Cette littérature, noire ou non, est très souvent empreinte de poésie, de belles métaphores.

Des oiseaux rouge sang, de l’auteur Pakistanais Mohammed Hanif, ne déroge pas à cette règle.

Il nous livre là un superbe roman métaphorique parfois, teinté de mysticisme et d’une remarquable poésie.

Pourtant, malgré la beauté du texte, il dépeint le drame de la guerre mais va encore plus loin en dessinant tous les contours tordus de notre civilisation.

Evidemment, vous ne trouverez pas ici le héros américain. Non, vous découvrirez une famille de réfugiés en leur propre pays, dans leur désert du Pakistan, après que des bombes ont rasé leur village, les obligeant à survivre sous des bâches, à attendre une aide humanitaire qui ne viendra plus, ou à espérer le retour de leur fils disparu.

Et quand le héros américain s’écrase avec son avion dans le désert et est ramené dans le camp de réfugié où il est nourri et logé, deux cultures diamétralement opposées vont s’affronter. Deux religions, deux notions du capitalisme, deux visions de la guerre et de qui sont les bons et les gentils.

L’auteur fait ainsi parler tour à tour tous les personnages de ce roman.

Momo, le fils cadet de cette famille dont le frère, Ali, a disparu alors qu’il travaillait pour un campement détaché des Etats-Unis non loin du village. Momo rêve de faire fortune et tout est prétexte à capitalisation.

Ellie, le pilote américain qui n’osera pas avouer comment il est arrivé là, n’osant même pas se l’avouer à lui-même, se contentant d’espérer qu’on vienne le chercher le plus vite possible.

Mère chère, la maman de Momo et Ali, dévouée à son foyer et à ses enfants mais démunie quand vient à manquer une denrée indispensable pour préparer les repas.

Clebs, le chien de la famille, qui, lui, observe les humains et leurs actions d’un œil extérieur et bourré d’intelligence.

Je vous invite à découvrir ce superbe roman, cette littérature encore peu connue dans l’hexagone, cette harmonie des mots pour ouvrir vos horizons et découvrir un monde dont on a souvent une vision tronquée.

 

Un extrait :

[Ellie] Sans mes raids, comment parviendrait-elle à sauver cet endroit ? Si je ne pissais pas du feu depuis le ciel, qui aurait besoin qu’elle éteigne l’incendie au sol ? Pourquoi aurait-on besoin de quelqu’un qui étale des couvertures sur des bébés en flammes s’il n’y avait pas de bébés en flammes ? Si je n’éradiquais pas des foyers, qui procurerait des abris ? Si je n’oblitérais pas des villes, qui construirait des camps de réfugiés ? Si je ne détruisais pas, qui reconstruirait ? Où irait toute l’empathie du monde ? Qui organiserait des expositions de photos à Berlin, qui organiserait des bals de bienfaisance à Londres ? Où les étudiants passeraient-ils leur année sabbatique ? Si j’arrête de porter cet uniforme, si je quitte mon emploi, la machine à sympathie du monde calera. On n’organise pas des veillées à la chandelle pour les morts de vieillesse ou les défunts par négligence.

 

 

4ème de couverture :

Un pilote américain se crashe dans le désert et, à l’évidence, le major Ellie n’est pas tout à̀ fait entrainé́ pour ce genre de pépin. Sa détresse monte d’un cran lorsqu’il découvre le contenu de son kit de survie : quatre bricoles et un mini paquet d’After Eight. Une chose est sûre, ça ne va pas être une partie de plaisir. À quelques kilomètres de là, dans un camp de réfugiés à l’abandon, Momo, un petit caïd de 14 ans, a lui aussi des problèmes : ses rêves de fortune stagnent à l’état de mirages ; son chien Clebs se prend pour ce qu’il n’est pas ; une pseudo – humanitaire s’est mis en tête de le prendre pour sujet de sa thèse sur « le mental des adolescents musulmans » ; pire enfin, son frère a disparu. C’est bien sûr dans ce nid de coucous que le major Ellie va trouver refuge…

Avec l’esprit, le goût pour l’absurde et l’humour qui font sa marque, Mohammed Hanif dit ses quatre vérités à notre monde qui ne tourne pas rond.

 

 

L’auteur :

MOHAMMED HANIF est né à Okara, au Pakistan. Il fait carrière comme pilote dans l’armée de l’air pakistanaise, qu’il quitte pour devenir journaliste. Diplômé de l’université́ d’East Anglia, il a été́ longtemps responsable de la section urdu de la BBC à Londres. Mohammed Hanif vit désormais au Pakistan. Après son premier roman Attentat à la mangue, finaliste du Booker Prize et couronné du prix Commonwealth 2009, il signe en 2012 Notre-Dame d’Alice Bhatti. Il vit aujourd’hui à̀ Karachi.

 

 

 

Des oiseaux rouge sang - La littérature en mouvement

Un pilote américain se crashe dans le désert et, à l'évidence, le major Ellie n'est pas tout à fait entraîné pour ce genre de pépin. Sa détresse monte d'un cran lorsqu'il découvre le contenu de son kit de survie : quatre bricoles et un mini paquet d'After Eight.

https://www.delcourt-litterature.fr



 

  • Editeur : Delcourt Littérature (mars 2019)
  • ISBN : 978-2413015840