EVADEZ-MOI

14 janvier 2018

Simple Mortelle de Lilian Bathelot

51AnbPCXO4L

 

Le pitch :

Nicole a largement dépassé la quarantaine et décide de changer de vie. Après avoir passé le concours de professeur des écoles, elle part au fin fond de l’Aude pour y prendre son premier poste. A son arrivée, elle rencontre Louis. Un amour fou va naître entre eux, pour le meilleur…et pour le pire. Louis est rattrapé par son passé et pourchassé.

 

Mon avis :

On dit souvent qu’il est plus facile de chroniquer un roman qu’on a aimé. C’est vrai. Mais pas toujours…

Ce roman, pour mon plus grand plaisir d’ailleurs, est différent de mes lectures habituelles. C’est un roman noir d’amour ou un roman d’amour noir. Ce qui est sûr, c’est que c’est surtout un roman d’amour, un amour puissant.

Ce roman repose sur deux histoires et deux personnages très forts.

La première, c’est celle de Nicole, sous forme narrative dans sa grande majorité puisqu’il s’agit d’une lettre ou plutôt du roman intime de Nicole. Elle y raconte ses rêves de nouvelle vie, sa rencontre avec Louis, leur amour, le tout pimenté de scènes un peu torrides. Cette partie de l’écriture est superbe. L’auteur a su mettre le style qu’on attendait d’une institutrice sur le tard, une femme d’âge mûr qui n’a vécu auparavant que pour son (ex)mari et ses enfants, qui redécouvre sa sexualité et qui tombe éperdument amoureuse du premier paysan qui passe.

Une femme debout, une femme imparfaite, une femme qui s’aime assez pour avoir à donner. Une simple mortelle qui marche sur la terre.

La seconde retrace le passé très tumultueux de Louis. Louis est un ancien membre de la légion, il a vécu le pire lors de combats. Revenu en métropole détruit par ce qu’il a vécu, déclaré psychologiquement perturbé, ses anciens « patrons » vont le traquer jusqu’à ce petit village perdu dans le maquis. Lilian Bathelot nous sert là un vaste complot politico-judiciaire qui nous rappelle combien nous, simples mortels, ne sommes que des pions sur un échiquier qui nous dépasse.

On me prend pour un fou, mais c’est le monde qui l’est. Je peux dire cent choses qui montrent que le monde est cinglé ! Cent, sans réfléchir, là, tout de suite. C’est pas bien difficile, tout le monde les connaît. Tout le monde pourrait les citer… Mais tout le monde les oublie aussi sec pour pouvoir vivre avec les autres, dans la même folie. Parce qu’il faut bien accepter d’être fou pour paraître normal dans un monde cinglé.

Ici l’auteur, par ses différents styles d’écriture, adaptés à chaque partie prenante, dénonce clairement les modes opératoires de la Gendarmerie, de l’armée. Il arrive à rendre totalement idiots les gendarmes avec un « parler » très caricatural, à rendre froids et calculateurs les gradés et hauts gradés.

Louis reste sans conteste le personnage le plus attachant de cette histoire. L’auteur a même réussi le tour de force de m’arracher quelques larmes ce qui relève réellement de l’exploit.

Ils n’ont pas été vains, les engagements du jeune homme revenu à la vie ces montagnes, là-haut, près de la grotte. Ce jeune homme qui avait eu tant de mal à se défaire de la gangue qui corsetait sa cervelle, de la démence morbide que le monde avait instillée au profond de son être.

Pour revenir d’entre les morts, pour devenir un autre homme, il avait dû aussi reconstruire un nouveau monde pour oublier l’ancien, sur d’autres bases, lentement, peu à peu, avec des valeurs qu’il choisissait une à une pour pouvoir vivre avec, en paix avec lui-même.

C’est tout cela qui lui avait pris des années.

Et maintenant, il va s’en aller pour de bon.

Mais tout n’est pas gâché. Ce qu’il a construit et ce qu’il a aimé, il l’a partagé. Cela va continuer à vivre.

Un roman que j’ai trouvé beau, touchant, différent, rempli d’amour et d’espoir en l’être humain mais sur fond de puissante injustice.

Lisez-le !

 

4ème de couverture :

Au cœur de l'Aude, Nicole s'apprête à refaire sa vie et à prendre en charge l'école d'un petit village. Dès son arrivée, elle se lie avec Louis, homme charismatique au passé trouble qui l'initie à la beauté minérale des montagnes. Mais la pureté du paysage est menacée par l'édification d'un barrage et Nicole découvre alors en son amant un militant écologiste solitaire et organisé, prêt à tout pour défendre ses convictions. Autour de ce projet de construction, des puissances qui les dépassent s'affrontent et des adversaires inattendus prennent Louis pour cible. Bientôt s'engage une traque dont l'issue, semble implacable.

 

L’auteur :

Lilian Bathelot est un peu un « couteau Suisse » : cracheur de feu, ouvrier, prof de Philo, employé dans le bâtiment, champion de France de tir… c’est en 1997 qu’il se lance dans l’écriture : roman Noir, littérature jeunesse, théâtre… Il a signé entre autres, Terminus Mon Ange, paru en 2014 à La Manufacture de Livres.

 

  • Editeur :  la Manufacture de Livres (11 janvier 2018)
  • Prix : 20.90 €
  • ISBN: 9782358872331

 

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 12:54 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,


12 janvier 2018

Coup de projecteur sur...La Librairie de la Renaissance

lib ren

renaissance 01

 

Depuis quelques années, je mets en avant des romans. L'an dernier, j'ai braqué les projecteurs sur quelques Maisons d'Edition (et ça continuera cette année). Mais qui dit livres, dit Librairie. Je vais vous en présenter quelques unes cette année et leurs libraires vous parleront de leur métier, de leur passion.

Pour moi, il était évident de commencer par ma librairie et donc mon libraire.

Cette librairie, quand j'y entre, c'est un émerveillement à chaque fois. Parcourir les rayons, regarder toutes ces belles couvertures, feuilleter les romans, lire les 4ème de couverture, je pourrais y passer des heures et des heures. Il y a un petit coin salon, ça discute bouquins. J'ai toujours du mal à repartir et jamais les mains vides, mais comment ne pas craquer ? Et puis, toute l'année, il y a des rencontres-débats avec des auteurs., de vrais grands moments d'échange !

Parce que c'est mon endroit magique, j'ai demandé à Bruno, un des libraires, de répondre à quelques questions. Les voici.

 

1- Peux-tu nous présenter la Librairie de la Renaissance ? Son histoire est importante puisqu'elle a été créée pendant la seconde guerre mondiale. Peux-tu nous en rappeler la fondation ?


La librairie de la Renaissance est la plus ancienne librairie indépendante de Toulouse. Elle a été créée aux lendemains de la libération de la ville en août 1944.
Des résistants, dont Pierre Gamarra écrivain, ont récupéré un local et ont mis à disposition et à la vente les livres et les revues qui étaient  interdits ou brûlés pendant l’occupation. C’était la Renaissance de cette littérature d’où son nom ! Rien à voir avec la période historique.

 

2- Cette librairie est au cœur d'un quartier dit "sensible" de Toulouse, pourquoi ce choix ? N'est-ce pas difficile d'amener la littérature dans des quartiers comme Le Mirail ?

La librairie est longtemps restée implantée dans l’hyper centre de Toulouse.
Suite à l’augmentation des loyers la librairie a fait le choix de quitter le centre-ville et d’aller s’installer dans le quartier du Mirail. Ce n’est pas seulement un quartier sensible. La librairie est située au carrefour des contradictions du dit quartier. D’un côté les cités et leurs barres d’immeubles accueillant 45000 personnes dont les plus pauvres et de l’autre il y a toutes les entreprises dites de pointe (Météo France, Continental….). La plus grande difficulté dans ce quartier c’est le pouvoir d’achat très bas de la population. On pense d’abord aux besoins du quotidien avant les bouquins.

 

3- Présente nous l'équipe de la Renaissance 

Nous sommes 7 à travailler, dont deux à mi-temps.
Je ne vais pas te faire une présentation détaillée de l’équipe ce serait très ennuyeux à lire. Cependant il faut que je te parle de Roselyne Gutierrez. C’est la directrice, la big boss du lieu…Elle dirige cette librairie depuis 1979.
Après nous avons chacun nos domaines d’activités et nos spécialités.

 

4- Est-ce difficile d'être une librairie indépendante en 2018 ? Pourquoi ?

Je vais te répondre plutôt oui.
Il te faut savoir que la librairie est le commerce où la marge nette est la plus faible. En moyenne, si je me souviens bien des chiffres c’est 0.2% contre 45 % pour un fleuriste par exemple voire 60% pour un opticien.
Nous devons faire face à deux problématiques majeures. La première concerne tous les commerces de produits culturels. Le pouvoir d’achat est en baisse. La culture est le premier poste rogné par les ménages. Il est plus important de se loger et de se nourrir que de lire un livre.
Pour les librairies indépendantes l’autre problématique c’est la concurrence des chaînes dites culturelles et du commerce en ligne monopolisé par un seul site marchand américain dont on reparlera plus tard.

  

5- On lit ou on entend parfois des critiques envers les libraires, peux-tu nous expliquer comment un roman arrive dans vos rayons et pourquoi tout ne peut pas y figurer ?

Je vais prendre ta question dans l’autre sens, la réponse sera plus logique. Pourquoi nous ne pouvons pas tout avoir ? La première des raisons c’est le manque de place. Il y a actuellement pratiquement un million de livres disponibles. Il faudrait un sacré magasin pour les avoir tous. Il sort environ 65000 nouveautés par an.
Les choix sont obligatoires et marquent l’identité de la librairie. Ici nous avons l’héritage du passé que nous portons et défendons encore chaque jour.

Tous les livres qui sont en rayon ont été choisis avec l’aide des représentants, des éditeurs, de la presse, en fonction des thèmes, du public visé etc….

 

6- La Renaissance est partenaire de Toulouse Polars du Sud et accueille le Festival des Littératures Noires et Policières de Toulouse chaque année, peux-tu nous en parler ? Quelles sont les dates du festival pour 2018 ?

Toulouse, quatrième ville de France, n’avait plus de festival dédié à ce genre. Des amoureux du polar au sens large du terme, des auteurs et des libraires se sont regroupés et ont créé l’association Toulouse Polars du Sud avec pour objectif de créer un événement majeur. Le festival est devenu au fil des ans la deuxième manifestation du genre derrière Lyon en terme d’auteurs invités et de fréquentation.
Le festival se déroule chaque année le deuxième week-end d’octobre. Pour 2018 ce sera les 12-13-14 octobre. Et tu sais quoi ? Ce sera le DIXIEME.

 

7- Parlons un peu de toi maintenant. Tu es spécialisé en littérature noire, d'où te vient cette passion ? Comment es-tu devenu libraire ?

Je suis devenu libraire un peu par hasard !
Tout a commencé en allant à la Fête de l’Humanité à Paris en septembre 2002. Le village du livre cherchait des bénévoles, je me suis dit pourquoi pas. La Renaissance est la librairie du village du livre.
De retour j’étais inscrit à la fac donc j’avais du temps pour bosser. J’avais le choix entre caissier dans un supermarché ou aller faire de la manutention à la Librairie de la Renaissance. Je pense avoir fait le bon choix car 15 après je suis libraire et toujours dans la même librairie.
J’ai commencé par m’occuper du rayon BD avant de migrer vers le polar. C’est une rencontre particulière avec un monstre du genre qui m’a fait basculer du côté obscur de la littérature. 

 

8- Aurais-tu un message à faire passer aux lecteurs et en particulier ceux qui vont peu en librairie et préfèrent le confort du canapé et commander sur des sites marchands ?

Tout n’est pas perdu….il faut changer ses habitudes. La plupart des librairies indépendantes possèdent leur site de vente en ligne. Chez nous derrière l’écran il y a un libraire. Certes le délai est parfois un peu plus long mais l’offre de service tellement plus grande.
Acheter sur Amazon ou autres c’est se tirer une balle dans le pied. Amazon ne paie pas d’impôts en France malgré le fait qu’ils perçoivent des aides et dégagent des bénéfices énormes. Acheter sur Amazon c’est détruire le commerce de proximité. Acheter sur Amazon c’est appauvrir l’offre culturelle.
Même si on ne peut pas se déplacer on peut faire un geste citoyen et acheter en ligne sur les sites des librairies.
Bonnes lectures

 

Acheter en ligne,découvrir,lire,livres,romans,jeunesse,littérature, histoire, économie, marx, philo,psycho,festival,

Librairie de la RenaissanceLa librairie indépendante est un commerce humain qui a besoin de lecteurs-clients-citoyens. Acheter des livres en ligne sur www.librairie-renaissance.frhttp://www.librairie-renaissance.fr 31100 ToulouseTOULOUSE

http://www.librairie-renaissance.fr

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 17:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 janvier 2018

Une Question de Temps de Samuel W.Gailey

41rhf4vBcOL

 

Autant le dire d’entrée : première pépite géante de l’année !

 

Le pitch :

Alice a 15 ans quand ses parents lui confient pour une soirée la garde de son petit frère Jason, 4 ans. Jason va trouver la mort ce soir là et cet évènement va changer la vie d’Alice. Pour fuir sa culpabilité et le regard de ses parents, Alice va s’enfuir. Devenue alcoolique, elle se réveille un matin dans le lit d’un inconnu, raide mort. Elle trouve dans la chambre un sac rempli de drogue et d’argent. Elle décide de prendre l’argent et de partir vers une nouvelle vie.

 

Mon avis :

Quelle histoire !! Et quel style efficace !

Je dis toujours qu’un roman doit « m’accrocher » dans les 100 premières pages. Celui-ci m’a ferrée dès le premier chapitre avec la scène d’ouverture qui n’est autre que l’accident qui aura couté la vie à Jason. C’est dur, très dur et l’auteur arrive à nous imprimer la scène dans le cerveau sans en décrire la moindre parcelle. Ça, c’est un tour de force que j’apprécie énormément dans les romans noirs et les polars. L’art de la suggestion, qui fait souvent défaut aux thrillers par exemple, est souvent plus porteur d’émotions qu’une description avec force de détails sanglants. Personnellement, je trouve plus important de faire travailler son imagination que d’être, finalement, qu’un lecteur passif. Mais c’est un autre débat…

Ici, nous avons un roman noir. Un roman dur, violent mais avec des personnages superbes. Sans avoir à s’étendre en description stériles, l’auteur nous permet de cerner très vite chacun des protagonistes de cette histoire. Il arrive à ne déclencher aucune antipathie envers aucun des personnages. Même les personnages de l’Homme-Enfant et de Philippe, en étant tournés en dérision, arrivent à nous faire sourire.

Alice, évidemment, personnage central du roman, est une gamine détruite par un drame dont elle se sent responsable. Une jeune femme devenue alcoolique qui survit en bossant dans un bar à strip-tease. Comment peut-on lui en vouloir de choisir de partir avec ce paquet de fric dans l’espoir d’avoir une vie meilleure ? Même si tous ses choix s’avèreront mauvais pour elle et pour les autres, on l’aime cette gamine et on rêve avec elle de lendemains moins tristes.

Elton, la bouée de sauvetage d’Alice, un vieil homme seul depuis le décès de son compagnon mais qui prendra en affection Alice et l’aidera tant qu’il peut.

 

Bubble-Gum, une ado fugueuse, qui va coller aux basques d’Alice, pour le pire et le meilleur. On sait très bien dès le départ qu’elle risque de causer la perte d’Alice mais on la trouve attendrissante. Finalement, l’auteur nous amène un peu à ressentir les mêmes choses que peut ressentir Alice, sans avoir à passer à la première personne.

Seuls les « méchants » sont un peu trop caricaturaux pour moi. L’homme-enfant et son gros bras Philippe sont finalement les personnages les moins convaincants.

Mais peu importe, c’est un roman rythmé, captivant, un road movie incroyable.

J’ai retrouvé beaucoup de Thelma et Louise, un de mes films culte, dans ce roman et dans ce couple formé par Alice et Bubble-Gum, elles aussi « victimes » des hommes, elles aussi rêvant d’une vie meilleure, de liberté et de bonheur.

Dans ce roman, vous ne trouverez pas de réels personnages « gentils », excepté Eldon.

Alice et Bubble-Gum sont des victimes, certes, mais ont aussi leur part de méfaits. Mais l’auteur arrive très habilement à les gommer et à nous emmener jusqu’à un final pas vraiment inattendu dans le fond mais bluffant dans la forme.

Pour cette écriture énergique et violente, pour cette ambiance Thelma et Louise, pour ces personnages et pour cette histoire si noire, ce roman sera mon premier (et pas le dernier j’espère) coup de cœur pour cette année.

 

4ème de couverture :

Depuis le tragique accident qui a brutalement mis fin à son enfance, Alice, vingt-et-un an, erre de ville en ville, de bar en bar, noyant sa culpabilité dans l'alcool, armée d'un casier judiciaire avec mention et d'une échelle de un à cinq pour qualifier ses gueules de bois quotidiennes. Un matin des plus banals, elle émerge d'un sommeil comateux et cherche déjà à se remplir un verre... lorsqu'elle découvre un type mort allongé à côté d'elle et un sac rempli de drogue et d'argent à ses pieds. A quelque chose malheur est bon : Alice s'enfuit avec le magot. Mais le légitime propriétaire du butin, peu enclin au partage, ne tarde pas à se lancer à ses trousses. Entre la jeune fille et le truand, une course poursuite s'engage sur les routes des Etats-Unis, et tout n'est alors plus qu'une question de temps. Le deuxième roman de Samuel Gailey invite le lecteur à suivre les chemins tortueux de la conscience, où la noirceur côtoie le pardon et où chaque nouveau pas pourrait être le dernier.

 

L’auteur :

SAMUEL W. GAILEY a grandi à Wyalusing au nord-est de la Pennsylvanie, 379 habitants. Cette petite ville rurale sert de décor à son premier roman, Deep Winter. Producteur et scénariste réputé, il a conçu des séries télévisées avant d'entamer sa carrière de romancier. Son expérience dans le cinéma se retrouve dans la force implacable de son récit, et dans son habileté à tenir en haleine ses lecteurs. Il vit à présent sur l'île de San Juan.

 

  • Editeur : Editions Gallmeister (4 janvier 2018)
  • Collection : Americana
  • Traduction : Laura Derajinski
  • Prix: 21.30 €
  • ISBN: 9782351781562

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 19:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,