EVADEZ-MOI

16 novembre 2018

Un petit chef-d'oeuvre de littérature de Luc Chomarat

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Voici un roman impossible à résumer.

Ce que je peux vous dire c’est que ce roman parle d’un roman, petit chef-d’œuvre de littérature, durant toute sa vie de petit livre.

J’ai souri, j’ai beaucoup ri, j’ai passé un moment tout simplement jubilatoire avec ce livre.

Comme je ne sais comment vous convaincre de le lire, je vous mets quelques extraits. Des phrases, des stéréotypes, des choses que j’ai entendus dans les salons, lus sur des groupes de lecture ou entendu, et parfois dits peut-être, dans des cercles de lecteurs.

Tout ressemblance avec des faits ou des personnages ayant existé n’est pas vraiment fortuite.

***

Le libraire était un peu las de ces questions cons. Un peu dépressif aussi, avec tous ces gens qui ne lisaient plus, ou qui lisaient des trucs cons, ou qui lisaient sur des écrans tactiles, sans compter ceux qui lisaient des trucs cons sur des écrans tactiles.

***

-Excusez-moi, intervint Zorg, mais en quoi la science-fiction n’est-elle pas de la littérature ?

-Un type louche avec un imper mastic m’a posé la même question avant-hier, concernant le polar.

***

-En tout cas, dit le libraire, c’est comme ça : littérature, développement personnel, policier, fantasy/SF. C’est pas demain que ça va changer. Il faut bien que les gens s’y retrouvent, et d’ailleurs moi aussi.

-Dans ce cas on pourrait peut-être envisager un rayon Grosses Merdes ? Et un rayon pour les bons livres ? Ce serait plus clair.

***

 

Dans ce livre, personne n’est épargné : libraires, éditeurs, distributeurs, critiques littéraires et blogueurs.

En fait, je ne sais pas si j’ai lu un petit chef-d’œuvre de littérature. Ce dont je suis persuadée par contre, c’est que j’ai lu un petit chef-d’œuvre d’humour et d’intelligence.

 

 

4ème de couverture :

Un roman drôle et mélancolique, prétexte à un portrait amoureux du monde du livre.

Il est impossible de résumer un Chomarat, et celui-ci en particulier.
Disons simplement que ce roman narre les aventures d’un livre qui, dès sa naissance, est promis à un destin a priori enviable : celui d’être un petit chef-d’œuvre de littérature.

Mais est-ce suffisant pour exister en 2018 ? Entre crises existentielles et errances, cet ouvrage va tenter de trouver sa place dans un monde en perte de sens.

 

L’auteur :

Luc Chomarat est né à Tizi-Ouzou (Algérie) en 1959. C’est donc un jeune auteur d’un certain âge.

Quand il n’écrit pas pour les gens qui lisent des livres, il travaille dans la communication.

La Folle du roi, Fleuve noir, coll. « Engrenage » no 55 (1982) 

L'Espion qui venait du livre, Payot & Rivages, coll. « Rivages/Noir » no 944 (2014) 

Un trou dans la toile, Payot & Rivages, coll. « Rivages/Noir » no 1011 (2016) 

Le Polar de d'été, La Manufacture de livres (2017) 

Les dix meilleurs films de tous les temps, Marest Editeur (2017) 

 

 

Un petit chef-d'œuvre de littérature | MAREST Éditeur

Un roman drôle et mélancolique, prétexte à un portrait amoureux du monde du livre. Il (...)

http://www.marestediteur.com



 

Editeur : Marest éditions (7 novembre 2018)

Collection : DOMAINE FRANCAIS

ISBN: 979-1096535132

 

 

 

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15 novembre 2018

Tout corps plongé de Lionel Fintoni

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Paru au mois d’Août, j’ai bien failli passer à côté de ce polar publié par les Editions de l’Aube.

Nous avons ici deux enquêtes parallèles.

La première concerne des hackers et leur employeur, le MDC, une boîte de consultants dont on ne connait pas exactement le périmètre de compétences. Un des employés de cette firme se fait dérober son ordinateur portable et une clé USB contenant un dossier qui s’avère tellement important que des personnes y laisseront leur peau. Le contenu de ce dossier ?

La seconde concerne un tueur en série qui met en scène ses victimes toujours en milieu aquatique et en s’inspirant de la littérature ou d’un quelconque autre art faisant référence à de l’eau. Pourquoi ? Comment ?

Le commandant Dormeuil et son équipe vont mener ces deux enquêtes.

J’ai abordé la trame, parlons de la forme.

L’écriture n’est pas forcément ce qu’on va retenir de ce roman. Par contre, les personnages sont sympathiques en ce qui concerne l’équipe d’enquêteurs. Les « méchants » ont vraiment l’air méchant. Le scénario se tient et reste rythmé du début à la fin. Même si l’une des intrigues prend le pas sur l’autre, on se laisse porter par cette histoire. C’est un polar que je qualifierais de classique.

Il aurait pu être un peu plus travaillé au niveau des décors et de la psychologie des personnages. Il reste un peu trop de zones d’ombre quant aux activités du MDC, des pourquoi et comment de ce fameux fichier ultra confidentiel, sans parler du personnage du tueur en série qui est beaucoup trop survolé.

Ce scénario manque donc de profondeur et c’est dommage. Les deux intrigues sont intéressantes et auraient totalement pu être traitées séparément, dans deux romans distincts. Les assembler sans créer de liens solides entre les deux peut frustrer le lecteur.

Pour résumer, c’est un bon polar qui divertit et qui m’a fait passer un moment de lecture loin d’être désagréable même si j’aurais aimé un peu plus d’épaisseur et de profondeur.

 

4ème de couverture :

Alain Dormeuil, acteur indirect d'un combat impitoyable entre des hackers, est à la recherche d'un tueur en série obsédé par des mises en scènes aquatiques et d'un dossier informatique ultraconfidentiel dérobé par une demi-mondaine. Revenu dans le bercail contraignant de la police judiciaire, entouré d'une équipe qu'il n'a que partiellement choisie, le commandant va très vite comprendre que le principe d'Archimède se prête à plusieurs formes de déclinaisons, y compris les plus inattendues et les plus inquiétantes...
Ce polar mené sur un rythme d'enfer ne nous laisse aucun répit, pour notre plus grand plaisir.

 

L’auteur :

Lionel Fintoni a vécu plusieurs années en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Il ne faut jamais faire le mal à demi.

 

Tout corps plongé

" Le cadavre flottait, quasi immobile, les bras écartés, gonflé au milieu d'herbes et d'algues, dans une lumière ornée de reflets sales. La fascination s'était imprimée dans son cerveau et ne l'avait jamais quitté. " Alain Dormeuil, acteur indirect d'un combat impitoyable ... Lire la suite

http://editionsdelaube.fr



 

  • Editeur : Editions de l’Aube (23 août 2018)
  • Collection : L'Aube noire
  • ISBN: 978-2815929424

 

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10 novembre 2018

Les chiens qui traversent la nuit de Pierre Pelot

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Parfois, au détour d’une allée de foire, on croise un étal de bouquiniste. Et parfois, on tombe sur de vieux trésors. C’est comme ça que j’ai déniché ce roman, publié en 2003 chez Rivages.

On pourrait alors penser qu’on va lire un polar « vintage » avec une ambiance et des personnages démodés. On aurait tout faux. Ce roman noir, car ce n’est pas un polar, est tout à fait intemporel.

Nous sommes dans un village quasi désaffecté d’une banlieue, quelque part en France. L’industrialisation s’en est éloignée, emportant avec elle la plupart des habitants. Il ne reste guère plus que le café tenu par Cécilia, un camion de frites et hot-dogs tenu par Caleb, un brocanteur et une poignée d’autres paumés, à l’image de Germano, le fils de Cécilia, pas vraiment « fini ».

Dans la chaleur de l’été, débarquent un jour 5 hommes à bord d’une Pontiac à la recherche d’un jeune homme qu’ils ne connaissent pas et d’une jeune femme qu’ils semblent bien connaître. Ils vont poser leurs questions à coup de bâtons et de poings.

On comprend alors que dans ce coin oublié, les habitants forment une famille, un peu bancale comme beaucoup de familles, mais soudée malgré tout. Comme dans tous les villages, chacun a des secrets, de polichinelle parfois, lourd quelques fois.

Parfois, en voulant ou en croyant faire le bien, les réactions en chaîne qui peuvent en découler seront catastrophiques.

Ce qui est vraiment incroyable c’est qu’en 150 pages, ce roman est très dense et ne met de côté ni l’intrigue, ni les personnages, ni le décor. L’écriture est telle qu’elle fait comme partie du décor, le style de l’auteur nous plongeant dans cette petite communauté, nous intégrant à eux. Nous ne sommes pas spectateur, ni lecteur et on en ressort avec l’impression de connaître Caleb, Cécilia et Germano depuis un bout de temps, comme quand on passe plusieurs jours sur un roman de 600 pages.

Pour moi, ça a été deux heures de pur régal.

Alors non seulement je vous encourage à le lire mais aussi à fouiner sur les étals des bouquinistes si vous avez la chance d’en croiser. Un roman n’a pas de date de péremption.

 

4ème de couverture :

Une rue que ses habitants n'appellent plus autrement que " la rue ", comme ils disent " la ville " ou encore " le quartier ", après avoir jeté l'emballage des noms propres inutiles.
Une rue près d'un terrain vague dans un quartier appelé a disparaître. Un jour une Pontiac grise se gare devant l'unique bistrot et un homme aux mains gainées de mitaines en cuir noir en descend. Dans la voiture, trois ou quatre hommes, des types à se balader avec des manches de pioche, des fusils, qui rigolent quand on leur parle des flics, qui entrent dans les bars et tabassent à tour de bras quand et qui ça leur chante. Ils sont à la recherche d'une fille.
Elle leur a échappé. Quelqu'un de la rue l'a aidée.

Alors ils répandent la terreur. Qui osera les affronter dans cette rue perdue d'un quartier oublié ?

 

 

L’auteur :

Pierre Pelot est né en 1945 dans les Vosges. Extrêmement prolifique, il est l’auteur de près de 200 ouvrages (sous son nom propre ou sous divers pseudonymes) dans des genres très différents.
Si les années 1960 sont celles du western, de la série Dylan Stark, la décennie suivante est celle de la science-fiction, du fantastique et du roman dit « de terroir ».
A partir de 1972, Pierre Pelot s’impose peu à peu comme un maître français de la science-fiction et du fantastique. Il reçoit le Grand Prix de la Science-Fiction française pour Delirium Circus et le Grand Prix du Festival de Metz pour Transit. Il dénonce une société policière qui contrôle ses citoyens, en particulier dissidents ou marginaux, tous les exclus du système.
Les années 80 sont celles du roman noir : La Nuit sur terre, La Forêt muette et L’Eté en pente douce, adapté au cinéma en 1987. Il rédige aussi une très longue et très documentée publication de cinq tomes, un cycle de « paléo fiction », Sous le vent du monde, rédigé avec la collaboration scientifique d’Yves Coppens.
En 2003, il publie une impressionnante saga historique, C’est ainsi que les hommes vivent, Prix Erckmann-Chatrian, Prix de la Feuille d’or. En 2006, il reçoit le prix Amerigo Vespucci pour son roman L’Ombre des voyageuses

 

  • Editeur : Rivages (14 février 2003)
  • Collection : Rivages noir
  • ISBN: 978-2743610746

 

Titre disponible en numérique chez Bragelonne.

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 17:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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