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19 novembre 2017

La Face Cachée de Ruth Malone par Emma Flint

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1965. Ruth Malone élève seule ses deux enfants depuis son divorce et en attendant la décision du juge quant à la garde des enfants de 4 et 5 ans.

Ruth se réveille un matin et découvre que ses deux enfants ne sont plus dans leur chambre. On retrouvera leurs corps quelques jours plus tard.

Devlin, flic en charge de l’enquête est persuadé que Ruth et coupable et bien décidé à la faire plonger.

Pete, journaliste débutant, va mener son enquête pour tenter le trouver le détail qui pourra prouver l’innocence de Ruth.

 

Premier roman d’Emma Flint, La Face Cachée de Ruth Malone est une réussite totale.

L’intrigue, bien que fiction, s’inspire d’une affaire qui a passionné l’Amérique dans les années 60, celle d’Alice Crimmins, jugée coupable du meurtre de ses deux enfants.

Si vous êtes curieux et allez consulter les dossiers d’archives, vous lirez que cette femme est très particulière, jugée, libérée, puis rejugée plusieurs fois avant son incarcération définitive dans les années 70.

Emma Flint dresse là aussi le portrait d’une femme étrange qui peut paraitre froide et égocentrique, puis fragile et malheureuse. Ce personnage est autant déstabilisant pour le lecteur que pour les personnages secondaires gravitant autour.

Emma Flint n’est pas le premier auteur à s’inspirer de cette affaire, Mary Higgins Clark aussi dans La Maison du Guet, paru en 1975 aux Etats-Unis, pour ne citer que l’auteur la plus connue.

Ici, on nous présente, outre une retranscription des faits en eux-mêmes, une version de l’enquête menée par la police New-Yorkaise et celle menée par les journalistes.

Devlin, le flic, celui qui veut plus que tout faire craquer Ruth. A la limite de l’obsession, il recherche sans cesse de quoi inculper cette femme.

Pete, le journaliste, très vite tombé sous le charme de celle femme belle et énigmatique, va tenter de trouver la vérité.

L’auteur, pour un premier roman, maîtrise parfaitement les ficelles du polar en créant des personnages multiples parfaitement amenés et cernés. L’écriture est parfaite, sans longueurs et sans (trop) de voyeurisme concernant les victimes. Le meurtre d’enfants est déjà une horreur en soi, l’auteur n’en rajoute donc pas et c’est ce qui fait que ce roman ne sombre jamais dans le glauque ou le malsain. Le lecteur est maintenu en haleine tout au long de ce roman en étant amené à se faire sa propre opinion sur la culpabilité de Ruth.

Un très bon polar avec un aspect psychologique très intéressant et qui saura plaire à tous. Une très belle découverte et un auteur à suivre puisque son deuxième roman est en cours d’écriture.

Salué par la critique outre Atlantique, ce roman mérite vraiment d’être découvert en France alors n’hésitez plus.

 

4ème de couverture :

1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants. 
Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s'élèvent contre Ruth. 
De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher. 
Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ? 
Cette " mère " dont les amants entrent et sortent de sa vie depuis des années et qui ne verse pas une larme devant les corps sans vie de ses enfants. 
Alors que presse, opinion publique et tribunaux condamnent Ruth avant l'heure, un seul homme va tenter de découvrir qui est vraiment cette femme : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?

 

L’auteur :

Emma Flint a grandi à Newcastle. Après avoir obtenu un diplôme en littérature anglaise à l'université de St. Andrews, elle participe à un cours de creative writing à la Faber Academy. Depuis son enfance, elle est fascinée par les histoires de true crimes et a acquis un savoir encyclopédique sur les affaires de meurtres. Son premier livre, La face cachée de Ruth Malone, inspiré de l'affaire Alice Crimmins, a été acclamé par la presse et est en cours de traduction dans plusieurs pays. Emma Flint vit à Londres et écrit actuellement son deuxième roman

 

  • Editeur : Fleuve noir
  • Traduit par : Hélène AMALRIC
  • 432 pages
  • Isbn : 9782265116429

 

 

La face cachée de Ruth Malone

Fleuve noir Traduit par : Hélène AMALRIC 432 pages Format : BROCHE 9782265116429 20,90 € Feuilleter le livre Acheter le livre acheter l'ebook 1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique.

https://www.fleuve-editions.fr

 

 

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16 novembre 2017

Privé d'Origine de Jérémy Bouquin

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1979 Tony est un jeune Italien ayant rejoint récemment les Brigades Rouges. Lors d’un braquage il tue un homme et prend une balle. Presque mort, il est exfiltré vers la Corse, puis Paris, où son réseau va le faire disparaitre : nouveau nom, nouvelle vie mais toujours Brigadiste.

2014 Kloé, membre d’un groupe Rock en vogue, est née sous X au début des années 80. Elle n’a qu’une obsession, retrouver ses parents biologiques.

 

Jérémy Bouquin revient ici avec deux personnages forts.

Tony, l’italien, qui voit sa vie complètement réduite à néant suite à ce casse qui a mal tourné. On va assister à sa reconstruction à force de courage et de persévérance. Tony va devoir oublier sa famille et ses rêves.

A travers lui, nous revivons cette époque fin 70 – début 80, alors que les Brigades Rouges, groupe extrême de gauche, fait couler le sang en Italie, mais aussi en France. C’est aussi une époque difficile au niveau économique et politique : les derniers colons d’Afrique du Nord sont rentrés en métropole, Giscard se nie dans le scandale des diamants, Mitterrand brigue la présidence. La génération baby boom découvre le chômage et la tension monte dans tout l’hexagone. L’auteur nous repeint ce contexte avec brio au travers de Tony, devenu Marco.

‘’L’Italie est en pleine tourmente, une « guérilla civile » disent même certains. Dix ans que cela dure, déjà. Depuis 1969 les brigades rouges et maintenant les « Prima Linea » posent des bombes, kidnappent. On ne parle que de cela. Attentat de la place Fontana à Rome, attaques de trains, braquages de banques…

Le chaos. La stratégie de la tension.

La police est sur les dents.

C’est le bordel.’’

Kloé, elle, fait partie d’un groupe Rock qui vient de terminer une tournée triomphale. Mais depuis toute petite, sa seule obsession reste de retrouver ses parents biologiques. Sa quête d’identité la conduit à utiliser les services d’un détective privé qui essaiera de la persuader d’arrêter ses recherches quand il découvre que le père de Kloé est un terroriste recherché par Interpol.

‘’L’enquête est colossale, compliquée. Torturée.

Le privé avait tout de même réussi à trouver quelques pistes. Il avait rencontré des dizaines de personnes pour croiser les informations…

Il a même fait une recherche générale dans les faits divers des journaux de l’époque. Le jour de la naissance de Kloé, l’hôpital avait été le théâtre d’un fait divers. Un e agression. On n’en savait pas plus.

Etrange, une page vide. Rien. Puis un entrefilet d’un journal. Juste un acte de naissance dans le quotidien local du coin.

Le Dauphiné libéré. Kloé est née dans le département de l’Isère. Pas loin de la tour du Pin (la sous-préfecture) en 1983, le 8 décembre.

Cette manchette, elle l’a déjà vue.’’

Kloé est un personnage fort et déterminé. Une femme hors normes, comme souvent dans les romans de l’auteur.

 

Mais au-delà de ses personnages et de ces deux histoires, Jérémy Bouquin revient surtout avec un style qui m’a séduite dès le premier roman que j’ai lu de lui. Un style haché menu, ultra percutant, un peu comme un script de scénario. Des phrases très courtes, parfois même juste un mot. C’est très rythmé. Il a l’art de s’adapter à ses personnages et de savoir se renouveler sans cesse. Je vous conseille de lire « Une femme de ménage » paru également chez French Pulp en Mai. Un roman décalé mais d’une originalité rare.

Jérémy maîtrise tous les styles et il le prouve ici avec ce polar passionnant.

 

4ème de couverture :

Petits meurtres entre révolutionnaires

L'Italie des années de plomb. Tandis que les brigades rouges mettent le pays à feu et à sang, Marco, un jeune idéaliste, se compromet dans un braquage qui tourne mal. La suite sera une longue fuite qui, de la Corse à Paris en passant par Bourges, l'amènera à fréquenter tout ce que la France compte de groupuscules révolutionnaires... et les flics qui les infiltrent ! 

France, de nos jours. A la recherche de ce père pas comme les autres, Kloé va devoir se plonger dans le roman noir des années Mitterrand... Entre vieilles passions et secrets d'État, elle va découvrir que les utopies révolutionnaires n'ont pas fini de faire rêver... ni de tuer. Flanquée d'un privé tourmenté et d'un flic sur le retour, parviendra-t-elle à éclaircir le mystère de ses origines ? 

 

 

L’auteur :

Jérémy Bouquin, né en 1975, touche à tout, mais surtout passionné : il est vidéaste, scénariste de Comics book ( Le privé, Freddy Marteau), et animateur radio. Auto-éduqué à grands coups de néo-polar, il est l'auteur de plusieurs nouvelles et romans, et même d'un thriller fantastique pour ados : Le Croque-mitaine

Il a également publié « Sois belle et t’es toi » aux Editions Lajouanie, un roman avec un personnage central atypique et ultra attachant(e).

Sans oublier « Une Femme de Ménage » paru chez French Pulp.

 

  • Editeur : French Pulp éditions (29 septembre 2017)
  • Collection : POLICIERS
  • Prix : 9.50 €
  • ISBN: 9791025102978

 

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13 novembre 2017

Mise à Jour de Julien Capron

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Il est des romans qui vous surprennent, qui vous interpellent et d’autres qui vous laissent perplexe.

Celui-ci fait partie de la dernière catégorie.

Allez, mention spéciale pour commencer à la couverture « qui bouge ». Cela m’a rappelé les images qu’on trouvait dans les boîtes de « Vache qui rit » quand j’étais petite (le premier qui dit que ça date de très longtemps, je le massacre).

Reste la mention thriller… première source de perplexité. Parce que, il faut être honnête, ce n’est pas un thriller, ni un polar, ni un roman noir. Ce roman est même très dur à faire rentrer dans un genre.

La construction est une autre source de perplexité : les personnages prennent la parole chacun leur tour, exprimant leur ressenti d’une situation qu’ils partagent. En une phrase ou en une plus longue tirade.

L’histoire est par contre très intéressante. Dans ce monde du futur, pas forcément très lointain, une application a été créée: eVal. Cette appli attribue un code couleur à tout ce qui existe, y compris les gens. Chacun peut donc voir votre « évaluation » basée sur des commentaires de n’importe qui et sur un algorithme tenu secret. En gros, si vous êtes vert clair, vous êtes parfait ; si vous êtes rouge, vous devenez personae non grata et plus de boulot pour vous, plus de droit à l’adoption comme pour un des personnages de ce roman.

Une mention des notations sur de grosses plateformes de vente existantes, sous forme d’étoiles est clairement faite. Tout comme l’image des réseaux sociaux où une réputation se défait et se ruine plus vite qu’elle ne se fait.

On pense à tous ces jeunes qui se suicident à cause de ces réseaux sociaux.

On pense à ces notations sur des sites par des critiques, des journalistes ou des chroniqueurs, notamment sur les romans. Combien de fois ai-je lu des auteurs qui se lamentaient de faux profils (ou pas) laissant des commentaires et des notes désastreuse sur ces sites ? Il m’est arrivé aussi de lire des chroniques assassines sur des romans, voire pire, sur leur auteur. J’ai toujours été opposée aux notes, même sous forme d’étoiles.

Ce roman donne vraiment à réfléchir sur les dérives d’un monde Big Brother où on serait, et ça l’est déjà, pisté à la trace grâce à nos téléphones portables. Des outils qu’on ne lâche plus, dans l’attente du moindre « like » ou du moindre com sur vous ou vos publis.

De ce roman, je ne vais pas retenir l’histoire qui, somme toute, ne m’a pas emballée plus que ça. Par contre, le message est intéressant et utile pour rappeler à tous que la vie, ce n’est pas des stats ou un concours de popularité et qu’il faut toujours faire attention à l’image que vous donnez de vous dans un monde qui n’est que virtuel.

N’oublions pas qu’être populaire sur un réseau social, c’est un peu comme être milliardaire au Monopoly.

 

4ème de couverture :

Paris, de nos jours ou presque. Au sortir d’un plateau télé, Léandre Batz, journaliste en mal de sujet, croise le chemin d’une figure de la Comédie-Française, Olivia Muller. L’actrice est effondrée, elle vient de se voir refuser le droit à l’adoption : sa nOte est trop basse. Car il faut savoir qu’une application – aussi simple que cruellement efficace – régit désormais le quotidien de tous les utilisateurs de smartphone, autant dire d’à peu près chaque être vivant sur la planète. Cette appli, c’est eVal. Fini les TripAdvisor, le nombre d’amis Facebook, les étoiles sur Airbnb : eVal centralise tous les avis sur absolument tout. Y compris les êtres humains. Et elle ne fait pas dans la nuance. La nOte est maintenant le premier marqueur social, pour le meilleur et surtout pour le pire. Alors cette histoire d’adoption contrariée, c’est ce qu’attendait Léandre pour partir en croisade. Premier mystère à résoudre : comment la grande Olivia Muller peut-elle avoir une telle nOte ? Léandre va s’apercevoir que, concernant eVal, les explications les plus logiques ne sont pas forcément les meilleures. Et quand on sait que le cerveau milliardaire derrière l’appli que Léandre s’apprête à démolir n’est autre que son petit frère, l’enquête prend vite des allures de tragédie grecque.

 

L’auteur :

Journaliste de formation, Julien Capron est né en 1977. Chacun de ses romans est tendu par une profonde inquiétude sur les systèmes de tout ordre, qu’ils soient politiques, sémantiques ou sociaux (Amende honorable, Trois Fois le loyer, Flammarion). Également scénariste, Capron se consacre plus particulièrement aux nouvelles écritures (web-séries, transmédia), domaine dans lequel il a remporté plusieurs distinctions. Mise à Jour est le premier tome d’une série aux marges de l’anticipation.

 

Date de parution 05/10/2017

Editeur : Seuil
18.00 €
224 pages
EAN 9782021369359

 

 

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