EVADEZ-MOI

10 octobre 2019

Portraits cannibales de Dominique Forma

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Il n’existe qu’une seule règle au cinéma : il faut mentir pour séduire et ne jamais tout dire, mélanger les dates et souvent se tromper ; en toute innocence.

Il n’y a pas que le Noir dans la vie, quoi que…

Dominique Forma a pas mal de romans noirs à son actif, ne serait-ce que son dernier paru à La Bête Noire.

Mais Dominique est aussi un fin connaisseur de cinéma puisque scénariste et réalisateur.

Alors quand il s’associe avec Marest Editeur, une maison d’édition spécialisée dans les textes alliant littérature et cinéma, cela donne un livre regroupant deux nouvelles, à mi-chemin entre fiction et réalité, en tout cas la réalité que veut nous révéler l’auteur.

Une image repêchée sur internet ne véhicule d’autres secrets que ceux qu’on lui attribue.

Bonne fille, l’image numérique passe de main en main, procurant à chacun la satisfaction qu’il espère, en lui délivrant le message personnalisé et secret qu’il était venu chercher.

Dominique Forma nous présente ici Sophia Loren et Fritz Lang, une actrice vs un réalisateur, deux grands du cinéma du siècle dernier.

Sophia est élevée et modelée par sa mère qui rêve que sa fille ait la carrière qu’elle n’a pas réussi à avoir. Sophia est une battante et saura employer tous les moyens pour y arriver.

Les filles qui ont acquis des galons d’ancienneté savent que l’âme des hommes traîne au fond de leur pantalon.

L’auteur nous raconte la naissance de cette actrice, un peu comme une chenille devenue papillon et c’est touchant. Et comme il le dit lui-même :

Le reste est connu, banal, ennuyeux.

Le succès, la renommée. Les amants glorieux, forcément.

Sa légende est inscrite dans les livres qu’on ne lit pas et qu’on s’offre entre amis pour les fêtes de fin d’année.

 

Quant à Fritz Lang, c’est un homme ambitieux, très sûr de lui que nous présente l’auteur. C’est un homme également très seul avec pour seul ami Peter, qui restera à ses côtés jusqu’à la fin.

Il lui reste treize ans à vivre, à ne plus travailler, à ne plus jamais enregistrer un morceau de pellicule.

Le monde se rétrécit, tandis que le corps s’assèche et se plisse. Forcément, chaque instant est plus amer que le précédent.

L’argent s’est dispersé, les amis et les courtisans sont partis, la renommée s’est volatilisée ; il ne reste que des copies rayées de films exploitées dans de rares cinémas ; en somme, l’urgence d’être brillant n’existe plus.

Tel un roseau pensant, le vieil homme tangue sans jamais briser, car il lui reste un ami auquel s’agripper.

Un seul.

Peter.

Alors je ne sais pas pour vous mais quand on me parle de se battre pour un rêve, coûte que coûte, d’arriver au sommet, de faire avec les arrivistes, les profiteurs, les hypocrites, puis de tomber de haut et de finir seul, ou fou… pour moi, on reste dans le noir, version Cinecittà en noir et blanc.

Et comme j’aime beaucoup cette petite maison d’édition et cet auteur, que ces deux portraits sont passionnants et touchants, eh bien je vous conseille triplement d’être curieux (ça va devenir mon leitmotiv) et de partir à la rencontre de Sophia et de Fritz, chez Marest Editeur et sous la plume de Dominique Forma.

 

Présentation de l’éditeur :

Dans la Rome des années 1950, la jeune Sophia est élevée par sa mère, strictement, et dans la promesse d’un grand destin. Après-guerre, l’argent est rare, et la future actrice découvre, dans les sombres recoins de Cinecittà, les heures moins glorieuses mais plus secrètes du cinéma italien. Berlin, les années 1920, un film éveille l’intérêt général : Le Cabinet du Dr Caligari. Le jeune Fritz Lang est ambitieux, il cherche sa voie, passant des lieux de débauche aux conquêtes amoureuses. Il a, pour seul confident, un mystérieux ami.

C’est en toute liberté que Dominique Forma nous offre sa vision très personnelle de ces deux icônes du cinéma. Avec cet ensemble de nouvelles, ponctué par un hommage à Andréa Ferréol, l’auteur détourne la réalité, et nous la rend déformée et teintée d’un érotisme noir.

 

L’auteur :

Dominique Forma, né en 1962 à Puteaux, est un scénariste, réalisateur et écrivain franco-américain. Il quitte Paris et s’installe à Hollywood en 1991, où il devient music supervisor pour plusieurs films, dont L’Extrême Limite de James B. Harris. Il se lance alors dans l’écriture et la réalisation de La Loi des armes (Scenes of the Crime) avec Jeff Bridges, Noah Whyle et Peter Greene.

De retour en France en 2007, Dominique Forma écrit un premier roman chez Fayard, avant d’être repéré par François Guérif qui le publie chez Rivages dans la collection Rivages/Noir. Il poursuit cette carrière chez différents éditeurs (La Manufacture de livres, Robert Laffont).

 

Editeur : Marest Editeur (Octobre 2019)

ISBN : 9791096535187

 

 

Portraits Cannibales | MAREST Éditeur

Dans la Rome des années 1950, la jeune Sophia est élevée par sa mère, strictement, et dans la promesse d'un grand destin. Après-guerre, l'argent est rare, et la future actrice découvre, dans les sombres recoins de Cinecittà, les heures moins glorieuses mais plus secrètes du cinéma italien.

http://www.marestediteur.com



 

 

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08 octobre 2019

Mécanique de la chute de Seth Greenland

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Traduction de l’anglais par Jean Esch.

 

Jay Gladstone a tout pour être heureux.

Il est riche, il a une femme sublime, il est propriétaire d’une équipe de basket dont Dag est la super star.

Oui mais en apparence et pas pour longtemps.

Seth Greenland nous offre ici un roman époustouflant, une fresque familiale qu’on aurait pu appeler « grandeur et décadence ». Il dépeint la descente aux enfers d’un homme qui se croyait hors d’atteinte et autour de qui tout s’écroule après une soirée qui va bouleverser sa vie et celle de son clan.

Au-delà de cette saga familiale, l’auteur dénonce aussi tous les travers de la société américaine.

Le racisme d’abord et surtout, un monde où chacun doit contrôler ses paroles en public et sur les réseaux ou auprès des médias, sous peine de voir ses propos déformés, interprétés et se retourner contre vous. Un seul petit écart de langage et vous êtes définitivement affublé de l’étiquette « raciste ». Les tensions raciales, les éternelles questions de religions, la légitimité d’un peuple par rapport à un autre et des ressentiments transmis de générations en générations, tout ce qui a toujours empêché le monde de tourner rond, l’auteur l’expose en un roman qui ne prend pas pour autant position pour les uns ou pour les autres, quoi que…

Un monde où donner son opinion n’est jamais accepté par ceux qui ne pensent pas comme vous. Pour exemple, vous trouverez dans le roman une scène extraordinaire d’un repas pour la fête juive de Pessah où s’affronteront verbalement Seth, juif, et la petite amie de sa fille, black et pro palestinienne.

Mais Seth Greenland ne s’arrête pas là. Dans ce roman seront abordés les thèmes des armes trop nombreuses et trop faciles d’accès, l’endoctrinement par des personnes malveillantes.

Et en toile de fond, mais bien présent, cela sera le pouvoir et la domination de l’argent. L’auteur démontrera que c’est la seule chose, avec l’ambition et l’arrivisme, qui gouverne le monde et qui peut faire ou défaire un homme, sa réputation, sa vie et celle de ses proches.

Manipulations, trahisons, corruption, racisme, rien ne sera épargné à Seth qui, s’il n’est pas un homme forcément bien sous toutes les coutures, attirera la sympathie par tout ce qu’il va devoir endurer.

C’est un très grand roman qui se lit comme un polar, magnifiquement écrit (et traduit).

Cela restera un de mes romans les plus marquants de cette année.

 

4ème de couverture :

Un empire financier bâti sur deux générations suffit-il à mettre les descendants à l’abri des tracas de la vie ? Apparemment non car Jay Gladstone, l’héritier flamboyant de cette fortune, est assailli par les mêmes tracas que le commun des mortels : épouse exigeante, progéniture insupportable, obligations familiales, contraintes sociales. Également propriétaire d’une équipe de basket, Jay doit aussi compter avec les coûteux caprices des joueurs, noirs pour la plupart, dont la super star Dag. Nous sommes en 2012 et Obama fait campagne pour un second mandat, mais cela n’apaise pas pour autant les conflits raciaux. Il suffit qu’un Blanc tue accidentellement un Noir et le pays s’embrase. La machine médiatique se met alors en route, le politiquement correct emplit les colonnes des journaux, les procureurs en mal de notoriété se retroussent les manches, les fake news envahissent les réseaux sociaux. La mécanique de la chute est désormais enclenchée.

 

L’auteur :

Seth Greenland, scénariste pour le grand et le petit écran, vit entre Brooklyn et Los Angeles. Romancier, il est l’auteur de Mister Bones (2005), Un patron modèle (2008), Un bouddhiste en colère (2011), Et les regrets aussi (2016), Mécanique de la chute (septembre 2019) tous publiés chez Liana Levi. Quand il n’écrit pas, Seth Greenland fait de la randonnée, joue du piano, regarde des matchs de basket à la télé et essaie de méditer.

 

 



 

Lire un extrait :

https://www.edenlivres.fr/o/193/p/9791034901715?f=pdf

 

Editeur : Liana Levi (septembre 2019)

Collection : LITTERATURE

ISBN : 979-1034901708

Posté par LauLo-EvadezMoi à 16:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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