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23 septembre 2018

Equateur d'Antonin Varenne

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Le nouveau roman d’Antonin Varenne, La Toile du Monde, est paru récemment aux éditions Albin Michel.

J’avais rencontré Antonin lors d’un salon l’an dernier et sous la menace de tortures infinies d’une amie auteur je lui avais acheté son roman Trois Mille Chevaux-Vapeur.

Puisque l’auteur sera présent cette année au festival Toulouse Polars du Sud (du 12 au 14 Octobre), j’ai donc tout naturellement décidé de découvrir l’auteur avec Equateur…

Paru en grand format aux éditions Albin Michel en Mars 2017, il vient de sortir en poche au Livre de Poche.

Ces trois romans, bien que racontant les histoires de personnages qui se croisent dans les trois, peuvent très bien se lire indépendamment, la preuve, je commence par celui du milieu et je n’aurais pas su qu’il s’agissait d’un second volet, je n’aurais pu le deviner.

Nous sommes en 1871.  Pete Fergusson est accusé d’un meurtre alors qu’il vit dans un ranch aux Etats-Unis. Il prend la fuite vers le sud avec un rêve, atteindre l’équateur, cette limite magique qui vous fait basculer dans un monde à l’envers. Il pense que là est son destin, réaliser une chose unique.

Nous sommes trop nombreux sur cette terre pour avoir chacun un destin, alors nous nous regroupons pour en avoir un ensemble. Parfois, des hommes sont assez forts pour mener des peuples entiers à l’aventure. C’est une autre forme de destin, plus élevée. Il est aussi plus dangereux pour la liberté du peuple de suivre de tels hommes. Moi, je ne suis pas leur chef parce que je suis un aventurier, mais parce que j’ai reçu une instruction américaine. Je sais que nous n’avons plus de destin, que nous ne pouvons plus rien y faire à part survivre. Toi, güero, tu veux agir. Tu méprises ceux qui attendent que quelque chose arrive, ceux qui espèrent, comme tu nous méprises ce soir. Mais tu ne sais pas encore ce qu’est le désespoir. Se battre quand on sait que cela ne changera rien.

Durant son voyage, il va faire le chemin avec des chasseurs de bisons, il va traverser le Mexique, découvrir les tribus du Guatemala, rester un temps en Guyanne et enfin atteindre le Brésil.

Au-delà de ce roman d’aventure énergique, on découvre aussi des cultures, des coutumes et l’histoire de ces Amériques de la fin du 18ème, ces temps lointains qui ont forgé le monde d’aujourd’hui.

On en apprend sur la conquête de l’ouest, la guerre de sécession, la condition des indiens d’Amérique mais aussi les rivalités entre colons américains et les Mexicains. Mais aussi sur les indiens d’Amérique du Sud, les civilisations déjà éteintes sans oublier le but originel de Cayenne et de la Guyane.

Vous l’aurez compris, Equateur est un roman particulièrement riche en moins de 400 pages. Il foisonne d’enseignements historiques. Son héro qui n’a rien d’un héro évoluera au gré de ses voyages, des paysages et d’une superbe écriture qui nous emporte dans un autre temps et en d’autres lieux dès les premières pages. Roman d’aventure mais aussi roman noir, Equateur c’est la promesse d’un superbe voyage.

Et croyez moi, après avoir lu ce roman, vous n’aurez qu’une envie, vous précipiter sur les autres.

 

4ème de couverture :

États-Unis, 1871. Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l’armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est en fuite. Embauché par des chasseurs de bisons, qu’il quitte après un différend sanglant, il s’embarque pour l’Amérique centrale. Sur la piste de l’équateur, là où le monde tourne à l’envers et où les rêves sont vrais, trouvera-t-il cette terre promise qui changera son destin ?

Des grands espaces de l’Ouest américain ravagés par la guerre civile au Guatemala de la révolution libérale jusqu’à la frontière entre Guyane et Brésil, l’odyssée envoûtante et poétique de Pete Ferguson célèbre et renouvelle le grand roman d’aventures.

 

L’auteur :

Après des études de philosophie, Antonin Varenne devient alpiniste du bâtiment puis charpentier, travaille en Islande, au Mexique, en Guyane et aux États-Unis où il écrit son premier roman Le fruit de vos entrailles suivi de Gâteau mexicain. Avec Fakirs, il reçoit le Grand Prix Sang d'encre, le Prix Michel Lebrun et le prix du meilleur polar des lecteurs de Points. Le Mur, le Kabyle et  le Marin, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar/20 Minutes, le prix du polar francophone et le prix Amila Meckert.

 

Editeur: Le Livre de Poche

Date de parution: 29/08/2018

ISBN : 9782253074267

Editeur d'origine: Albin Michel

 

Equateur

États-Unis, 1871. Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l'armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est en fuite. Embauché...

https://www.livredepoche.com



 

Equateur - Antonin Varenne

Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l'armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est un homme en [...]

https://www.albin-michel.fr



 

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15 septembre 2018

Taxi de Carlos Zanon

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Voici une des nouveautés de la rentrée littéraire Asphalte.

Je n’avais jamais lu Carlos Zanon et la couverture m’a plu. Sans compter que l’auteur étant invité au festival Toulouse Polars du Sud (du 12 au 14 Octobre 2018) et que la 4ème de couverture était alléchante.

 

4ème de couverture :

" Il faut qu'on parle ", annonce un matin Lola à son mari Sandino, chauffeur de taxi. " Ce soir, à mon retour ", répond celui-ci, avant de se laisser absorber par la ville. Et il ne rentre pas, entamant une odyssée de sept jours et six nuits, travaillant sans relâche pour éviter cette discussion fatidique, car il le sait : sa femme, lasse de ses infidélités, veut le quitter. 
Sandino l'insomniaque parcourt Barcelone et les clients défilent, tous pénitents dans son taxi-confessionnal. Dans cette fuite vers l'avant, il tâche de venir en aide à sa collègue Sofía et à son ami Ahmed, mais ce faisant, c'est lui-même qu'il va mettre en danger. 

Avec ce roman total, Carlos Zanón montre de nouveau son pouvoir narratif en mettant en scène des personnages justes, complexes, humains.

 

Nous sommes d’accord que l’on s’attend à une succession de clients de ce Taxi barcelonais, à entendre leurs histoires peut-être et à, sans aucun doute, découvrir un peu de cette Barcelone si prisée des touristes ?

Que nenni. Sandino est bien chauffeur de taxi. C’est un personnage pas forcément très sympathique. Il n’aime visiblement pas son métier, ça on le sait dès le départ.

« Sandino n’aime pas conduire, mais il est chauffeur de taxi. Un chauffeur triste, un chauffeur dragueur, un chauffeur gentil. »

Incurablement infidèle, sa femme Lola a fini par s’en rendre compte et a bien l’intention d’en parler avec lui.

Très courageux, Sandino décide donc de ne pas affronter sa femme et de ne pas rentrer chez lui.

A force de déambuler à ne savoir que faire, il va être entraîné dans une histoire de vol et va devoir affronter quelques malfrats.

Après une première partie qui semblait prometteuse, l’histoire s’enlise et traîne en longueur. Un manque de rythme qui nous fait vite paraître ce trajet en taxi interminable.

Même le personnage de Jesus, qui pourrait apporter un peu de piment à cette histoire, n’est finalement pas exploité entièrement.

Découpé en parties représentant les 6 jours d’errance et de réflexion de Sandino, le texte reste d’une qualité indéniable quant au style. L’idée de départ est originale mais il est vrai qu’on aurait pu voir défiler d’avantage de clients pour des anecdotes qui auraient pu apporter un peu d’humour, noir ou pas et peut-être montrer un peu du microcosme de la société barcelonaise, un échantillon du pire et du meilleur.

Heureusement, dans le dernier quart du roman, l’action subit un coup de boost salutaire jusqu’au final, qui sans être des plus palpitants, m’a finalement convaincue que ce roman n’est pas si mal que ça.

Le style d’écriture est l’atout majeur de Taxi et fait qu’on a envie de continuer notre lecture.

Déçue car trompée par la 4ème de couverture, certes, mais c’est souvent un tort que de lire les résumés avant, la preuve en est. Donc ne vous y fiez pas et découvrez la plume de cet auteur espagnol qui mérite quand même qu’on s’y penche de près.

 

L'auteur:

Né à Barcelone, Carlos Zanón est écrivain, scénariste, parolier et critique. Après cinq recueils de poésie, il s’est consacré au roman : Soudain trop tard et N’appelle pas à la maison (publiés chez Asphalte puis repris au Livre de poche) ont assis définitivement sa carrière d’auteur de noir. J’ai été Johnny Thunders a remporté le prix Dashiell Hammet 2015, récompensant le meilleur roman noir de l’année en langue espagnole.

 

Au catalogue Asphalte :

 

  • Editeur : Asphalte éditions (6 septembre 2018)
  • Traduction : Olivier Hamilton
  • ISBN-13: 978-2918767817

 

 

 

Taxi

" Il faut qu'on parle ", annonce un matin Lola à son mari Sandino, chauffeur de taxi. " Ce soir, à mon retour ", répond celui-ci avant de se laisser absorber par la ville. Et il ne rentre pas, entamant une odyssée de sept jours et six nuits, s'abrutissant de travail pour éviter cette discussion...

http://asphalte-editions.com



 

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12 septembre 2018

1994 de Adlène Meddi

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1994… Qui s’en souvient ? Qui s’en soucie ? Adlène Meddi nous entraîne en Algérie pour nous parler de son pays et des algériens.

Il nous raconte une tranche d’histoire de son pays au travers de quatre jeunes : Amin, Sidali, Farouk et Newfel.

1994 a changé toute leurs vies.

Dans un texte construit comme une pyramide, l’auteur nous parle tout d’abord d’un passé proche 2004. Amin est en Algérie et assiste aux obsèques de son père, ancien militaire très redouté Zoubir Sellami. Sidali est depuis dix ans en cavale en France mais décide de revenir en Algérie pour revoir son ami Amin et le sortir de l’asile psychiatrique où il est détenu.

Ensuite nous remontons le temps en 1994. Les quatre copains sont lycéens. La guerre interne en Algérie bat son plein entre armée et « terroristes ». Alger est à feu et à sang, y règnent assassinats, tortures et arrestations arbitraires. Ces quatre gamins vont devoir entrer dans ce conflit dont ils ont hérité.

Elle naquit ainsi, l’armée impérieuse et anonyme, dans la chaleur humide d’un printemps plein de sang. Dans l’extraordinaire débauche de meurtres éclatant dans chaque recoin du pays chéri. Du pays payé cher, des rues de l’enfance plus petites, maintenant que, jeunes hommes, ils toisaient le monde du haut de leurs certitudes et de leurs faits d’armes passifs. Spectateurs aguerris des attentats quotidiens, meurtris, morts, mortifiés et mille fois mourants sous le soleil matraquant des kalachnikovs officielles ou non. Armement acharné, sans nom, sans raison mais, finalement, déterminé à les détruire dans ce qu’ils étaient, dans ce qu’ils seraient. Demain ou tout à l’heure.

Pour comprendre cet héritage, l’auteur nous emmène en 1962. On est à la fin de la guerre d’Algérie qui oppose les français aux algériens. Zoubir, le père d’Amin, est alors un jeune soldat de l’Armée algérienne. Farès, le père de Sidali, se bat à ses côtés. De l’histoire de ces deux hommes va découler l’avenir de leurs fils.

Dans ce texte on ressent énormément d’émotion, de rage aussi, de la part de l’auteur.

Au-delà d’un texte magnifiquement écrit, tous ces sentiments nous atteignent d’une manière rare en littérature. On ressent l’amour de l’auteur pour son pays et pour ses habitants, pour ces lieux, ces ruelles, cette Méditerranée. Mais on ne peut éluder la tristesse, les regrets, la colère qui en ressort.

L’histoire de ces quatre jeunes est poignante, tragique. Elle est servie par une plume sublime. Alors bien sûr c’est politiquement orienté, ça tente d’expliquer et de trouver des justifications mais il faut toujours avoir conscience que la vérité n’est pas forcément que d’un seul côté, qu’il faut comprendre avant de juger. Je garderai une tendresse particulière pour ce roman qui m’a beaucoup touchée et que je vous recommande sans l’ombre d’une hésitation.

Il n’y avait de certitude que la noyade. Noyer et se noyer à bout de forces dans cet océan déchaîné de sang, de larmes et de merde. Un océan noir et rouge dont les fonds abyssaux étaient tapissés de cercueils et de montagnes de douilles vides. Il fallait apprendre à nager là, tout de suite. Même si c’était déjà, et depuis longtemps et pour l’éternité, tellement trop tard.

 

Petit post-scriptum :

J’ai lu, et on en lira encore, des comparaisons entre ce roman et un autre, paru en même temps, celui de Frédéric Paulin, La Guerre est une ruse, aux Editions Agullo. Moi je m’y refuse. Ces deux romans n’ont strictement rien en commun si ce n’est le temps et l’espace. Ils peuvent être complémentaires mais en aucun cas comparés. Et je vous encourage à lire les deux.

 

4ème de couverture :

En 1994, alors que l'Algérie est déchirée par la guerre que se livrent l'armée et les islamistes, quatre lycéens de la banlieue d'Alger décident de former une organisation clandestine. Poussés à commettre un assassinat, ils échappent de justesse aux services spéciaux, la fameuse Sécurité militaire. Mais au terme de cette décennie noire, comment surmonter les traumatismes de leur génération ? Amin sera interné dans un hôpital psychiatrique tandis que Sidali, de retour d'exil, sera arrêté. Dix ans après les actions du groupuscule, leur cas intéresse encore un mystérieux général.

 

L’auteur :

Adlène Meddi, journaliste et romancier, est né en 1975 à El Harrach, dans la banlieue d'Alger. Journaliste à El Watan, il est également reporter pour Le Point et collabore à Middle East Eye. Après Le Casse-tete turc et La Prière du Maure, 1994 est son troisième roman.

 

 

1994 | Rivages

1994 : c'est l'année où tout bascule pour quatre jeunes lycéens algérois d'El-Harrach. Le pays est à feu et à sang lorsque ces adolescents décident de former, avec leurs propres moyens, un groupe clandestin de lutte antiterroriste.

https://www.payot-rivages.fr



 

Editeur: Payot-Rivages (septembre 2018)

Collection: Rivages Noir

ISBN: 978-2743644758

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