EVADEZ-MOI

24 février 2018

L'Homme Craie de CJ Tudor

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L'Homme craie (booktrailer) - CJ Tudor, éditions Pygmalion

 

Le pitch :

1986, une bande de gamins, 4 garçons et une fille, passent leur été ensemble, parcourant la ville à bicyclette. Eddie se fait agresser par le frère de Mickey. Peu de temps après, le corps de Sean est retrouvé dans la rivière. Alors qu’Eddie et ses copains ont mis au point un code secret de dessins à la craie sur les allées ou les murs, un mystérieux personnage se met à leur laisser des indices macabres à coup de bonhommes bâtons dessinés à la craie.

30 ans plus tard, le passé refait surface et les amis se retrouvent pour découvrir la vérité de ce qu’il s’est passé en 86.

 

Mon avis :

A lire le pitch comme ça, certains penseront rapidement à un roman très connu, récemment réadapté au cinéma de Stephen King. C’est aussi ce que j’ai pensé en me disant « au non ! pas encore un copié-collé ! ».

En fait, en avançant dans la lecture, on oublie cette construction de l’histoire déjà lue et relue.

Si le roman ne se démarque pas par son originalité, loin s’en faut, l’histoire est tout de même très prenante.

Ce thriller réunit tous les ingrédients indispensables à un bon représentant du genre.

Un tueur mystérieux, une touche de fantastique, des enfants innocents mais pas trop, des adultes pas très clairs et l’envie de connaitre nous aussi la vérité, rien de tel pour faire de ce roman un très bon thriller.

C’est sans compter sur certaines scènes qui pourront en choquer certain(e)s.

L’écriture est somme toute assez plate et souffre peut-être des défauts d’un premier roman comme des personnages un peu trop caricaturaux. Mais, justement, pour un premier, il est vraiment parmi les meilleurs de la production actuelle.

Je reviens sur le côté « originalité ». Il faut garder en tête qu’on a un peu fait le tour des différents scénarii dans le thriller qui finalement, tel qu’on l’entend actuellement, ouvre peu de portes vers la nouveauté.

Si l’entrée en matière est vraiment trop calquée à mon gout sur ça de Stephen King, l’auteur essaie rapidement de s’en démarquer. L’intrigue est plutôt bien ficelée et réserve un final auquel on ne s’attend pas. Et rien que pour ça, ce roman vaut qu’on s’y attarde quelques heures.

En résumé, c’est un très bon premier roman, un thriller que je recommande à tous les adeptes du genre. Il m’a un peu réconciliée avec le genre que je n’arrivais plus du tout à apprécier, vu les dernières parutions qui ont été des déceptions.

 

4ème de couverture :

Les enfants ne sont pas toujours innocents.. Le problème, c'est que nous n'étions pas d'accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu'on s'était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu'ils sont apparus tout seuls ? Etait-ce à partir du terrible accident ? Ou quand ils ont découvert le premier corps ?

 

L’auteur :

C.J. Tudor est anglaise et vit à Nottingham. Avant de se consacrer à l'écriture, elle a travaillé comme journaliste, rédactrice en chef, scénariste, voix-off et présentatrice TV. Sombre et macabre, L'Homme craie est son premier roman.

 

Traduction : Thibaud Eliroff

Titre original : The Chalk Man

Editeur : Pygmalion

Date de sortie : 17/01/2018

Prix : 20.90 €

Isbn : 978-2756421735

 

 

L'Homme craie de C.J. Tudor - Editions Pygmalion

L'Homme craie : présentation du livre de C.J. Tudor publié aux Editions Pygmalion. Les enfants ne sont pas toujours innocents...Le problème, c'est que nous n'étions pas d'accord sur la manière dont ça avait commencé.Était-ce lorsqu'on s'était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu'ils sont apparus tout seuls ?Était-ce à partir du terrible accident ?

https://www.editions-pygmalion.fr


 

 

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22 février 2018

Cirque Mort de Gilles Sebhan

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Le pitch :

Théo, le fils du lieutenant Dapper, a disparu. Lors de l’enlèvement, il était sur l’enquête concernant la disparition de deux adolescents après un évènement qui a ensanglanté la ville. Les animaux d’un cirque ont tous été retrouvés morts et partiellement découpés. Quand l’équipe de Dapper retrouve les corps des deux adolescents, il ne tarde pas à faire le rapprochement et à reprendre l’enquête sur la disparition de son fils. Enquête qui va l’amener dans les couloirs d’un centre psychiatrique pour enfants.

 

Mon avis :

Voici un polar étrange et très différent de la production actuelle.

Si le thème de départ est assez récurrent en littérature noire, la façon de l’aborder est plus dérangeante que d’habitude.

Le cas de la disparition d’un enfant, celui d’un policier comme ici, a déjà été traité dans d’autres romans du genre. Je garde en mémoire le bouleversant La Couleur des Âmes Mortes de Gilles Caillot pour n’en citer qu’un.

Ici, le père n’est pas anéanti de la façon qu’on pourrait attendre. Au contraire, il ne lâche rien. Sa quête de la vérité et sa détermination à retrouver son fils va le transformer et rendre son enquête borderline.

Gilles Sebhan nous fait pénétrer dans un univers la plupart du temps caché, celui des centres psychiatriques pour mineurs, et nous mets face à un médecin dont on ne sait toujours pas, en refermant le roman, si il est lui-même fou ou simplement un visionnaire.

A l’image d’Ilyas, ces enfants et son personnel soignant sont oppressants et instaurent une ambiance troublante et pesante à ce roman noir. L’auteur nous plonge au cœur de la psychiatrie infantile tout en nous montrant que ces enfants peuvent être dangereux ou incontrôlable mais qu’on peut arriver à les comprendre.

C’est ce que va faire Dapper au contact d’Ilyas. Et la personnalité déroutante et instable d’Ilyas va faire voler en éclat une carapace que Dapper s’était forgé en 15 ans de police.

La notion de manipulation mentale est plus que sous-jacente dans ce roman qui va vous mettre sans doute mal à l’aise mais qui s’avère passionnant et où on apprend une multitude de choses. Contrairement aux traditionnels thrillers psychologiques, on entre ici profondément, et je dirais presque cliniquement, dans la psychiatrie.

Le seul bémol que je mettrai serait pour le dénouement qui arrive un peu trop vite en levant un soupçon de cohérence au récit.

Ce roman reste une bonne découverte et un roman que je recommande pour tous ceux qui veulent découvrir un roman noir à l’ambiance particulièrement oppressante.

 

4ème de couverture :

Est-ce que Théo est avec toi ? Pour le lieutenant Dapper, le malheur a commencé avec ces mots-là, ce jeudi noir où sa femme l’a appelé parce que leur fils n’était pas rentré à la maison, après la classe. Il enquêtait alors sur la disparition de deux garçons. Peu de temps avant, un événement avait horrifié les habitants de la petite ville : tous les animaux d’un cirque installé pour Noël avaient été décimés à la hache.
Depuis que Théo n’est pas rentré, depuis tout un hiver, Dapper, dessaisi de l’enquête, ne parvient pas à se résigner. Parce qu’un enfant disparu n’est jamais un enfant mort. Alors, puisqu’il n’a rien d’autre, il décide de suivre la piste que lui offre une lettre anonyme. Elle mène au centre hospitalier où sont accueillis de jeunes psychotiques. Dans ce lieu étrange, un adolescent, Ilyas, prétend avoir été l’ami de Théo. Dapper reprend espoir, puis comprend qu’il ne savait pas tout de son fils. Et comment en parler à sa femme, dire : J’ai rencontré un garçon qui a des visions et j’ai foi en lui ?

 

L’auteur :

Auteur de plusieurs romans autobiographiques publiés chez Gallimard et Denoël, et de deux essais consacrés à Tony Duvert (notamment Retour à Duvert, Le Dilettante, 2015), Gilles Sebhan s’interroge de livre en livre sur la transgression, la criminalité, les frontières entre norme et folie. Cirque mort, publié au Rouergue en janvier 2018, est sa première incursion dans le roman noir.

 

Editeur : Editions du Rouergue

Collection : Rouergue Noir

Prix : 17.50 €

ISBN : 9782812615047

 

Découvrez un extrait sur le site de l’éditeur :

 

Cirque mort | rouergue

Est-ce que Théo est avec toi ? Pour le lieutenant Dapper, le malheur a commencé avec ces mots-là, ce jeudi noir où sa femme l'a appelé parce que leur fils n'était pas rentré à la maison, après la classe. Il enquêtait alors sur la disparition de deux garçons.

http://www.lerouergue.com



 

Pour le commander :

 

cirque mort - Gilles Sebhan

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13 février 2018

Supernormal de Robert Mayer

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Afin d’éviter une déception post Bryan Reardon (voir chronique précédente), j’ai voulu changer de genre et rire un peu. J’ai jeté mon dévolu sur Supernormal de Robert Mayer.

David Brinkley est un super héros venu d’une planète lointaine. Avec ses potes Superman, Batman, Robyn, Wonderwoman et les autres, ils protègent donc les américains des accidents et des méchants en tous genres. Précisons cependant, même si tout le monde a dû le remarquer, que les super héros n’officient qu’aux US et qu’ils n’ont jamais œuvré en Europe ou ailleurs…

Donc David est un super héros qui, hélas, est devenu super normal, pour son plus grand désespoir. Il a pris du bide, s’est marié, a des enfants, un boulot pépère dans un journal. Il a surtout ses pouvoirs en berne.

Mais quand une vague de violence s’abat sur New York et qu’on lui demande son aide, David renfile (difficilement) son justaucorps, ses bottines, sa cape et son masque. Il faut dire que tous les autres supers héros sont morts ou en maison de retraite pour super héros.

 

Donc voilà, j’ai voulu changer de genre pour rire un peu et je dois dire que ce roman était parfait.

Robert Mayer tourne en dérision gentiment les comics, un peu à la façon d’un Deadpool.  Mais ils restent sympas nos super héros. David alias Indigo est un peu maladroit à récupérer ses pouvoirs.

Mais l’auteur nous entraîne dans une histoire 100% comics tout en passant en revue toute une époque des 60’s au milieu des années 70. On croisera donc Marilyn, on parlera de JFK, de Martin Luther King, du Vietnam, de la ségrégation et de la lutte des noirs américains pour gagner reconnaissance. Tout cela se déroule sur fond de guerre froide. L’auteur s’amuse à insérer des personnages réels, les mélangeant, mêlant les noms ou les qualités. Il se moque de toute une époque qui n’a pas forcément été drôle pour son pays.

Son écriture est très imagée, comme si, en fait, on lisait les bulles d’un comics.

J’ai vraiment aimé, c’est drôle et intelligent, parfois cynique mais toujours très lucide comme ce passage que j’ai trouvé toujours d’actualité :

Je ne pouvais plus croire aux dieux, alors je me suis dit que je pouvais croire à l’humanité. Mais ce n’est pas possible. Ouvre les yeux. Tu veux jouer au héro, mettre des châtaignes aux voyous ? Et alors, qu’est-ce que ça change ? Les vrais problèmes sont ailleurs. Les vrais problèmes, ce sont les usines et leur fumée qui pourrissent l’air, c’est l’infinie procession de voitures, les cartels internationaux, les ventes d’armes, la pauvreté, la corruption institutionnalisée, le racisme, les millions de bébés qui crèvent de faim. Tu vas aller partout leur couper le zizi pour qu’ils arrêtent de faire des enfants ? Tu vas aller pulvériser les usines qui déversent le cancer dans nos rivières, dans notre nourriture, dans nos poumons ? Tu vas mettre en tôle tous les menteurs, tous les salopards qui sont au Congrés ou au Pentagone ? Tu devrais commencer par te demander comment faire pour les sauver, eux ! Après, tu pourras revenir et essayer de me convaincre qu’ils valaient la peine d’être sauvés.

Coup de chapeau également au traducteur, Francis Guèvremont, qui a ajouté foultitude de notes du traducteur pour nous démêler certains jeux de mots auxquels nous, simples mortels européens, sommes complètement hermétiques…

 

4ème de couverture :

David Brinkley est le plus grand des super héros. Mais il prend sa retraite, se marie, commence à perdre ses cheveux, à prendre du poids, et s'installe en banlieue. Une série de catastrophes décime alors la population de super héros. Plus personne ne peut sauver New York. David doit alors retrouver ses collants, sa cape et son masque. Psychanalyse hilarante de l'Amérique, Supernormal est le roman qui a révolutionné le monde des super héros, en le faisant entrer dans l'âge moderne. 
David Brinkley a été le plus grand des super héros. Mais il est difficile d'être et d'avoir été. Un jour, il prend sa retraite, se marie, commence à perdre ses cheveux, à prendre du poids, et s'installe en banlieue. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand une série de catastrophes décime la population de super héros disponibles pour sauver New York. Plus de Superman, plus de Batman. C'est David qui doit retrouver ses collants, sa cape et son masque pour sauver une Amérique qui doute, en pleine Guerre Froide. Le seul problème, c'est que notre héros est désormais un homme entre deux âges, dont les pouvoirs tombent parfois en panne, et qui se sent complètement dépassé par l'Amérique des années 70, avec son cortège de nouveautés. Il se lance quand même dans l'aventure, et nous emmène avec lui dans un thriller qui plonge avec humour dans les méandres d'une Amérique qui doute, après l'affaire du Watergate et la fin de la guerre du Vietnam. 

 

L’auteur :


Robert Mayer était un journaliste américain à succès, régulièrement primé pour ses reportages sur la ville de New York. En 1977, il publiait son premier roman, Supernormal.

 

Traduction : Francis Guèvremont

Editeur : J’ai Lu (10 janvier 2018)

Primo Editeur : Aux Forges de Vulcain (2 Février 2017)

Prix : 8 €

ISBN 9782290151204

 

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