EVADEZ-MOI

21 avril 2018

Toutes Blessent La Dernière Tue de Karine Giebel

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Ce nouveau roman de Karine Giebel a, encore une fois semble t’il, envahi les groupes de lecteurs sur les réseaux sociaux. Ceci dit, comme je ne fais pas partie de ces dits groupes, je vais quand même donner mon avis.

Je rassure tout le monde, ce roman ne m’a pas agressée à coup de claques, de coups de poing, j’en suis sortie indemne et je l’oublierai très vite.

L’auteur, qui renoue ici avec le style adopté dans Purgatoire des Innocents, maîtrise sans conteste possible, les recettes du thriller.

Nous avons donc un enfant, ici Tama, pour toucher le cœur des femmes encore un peu plus. Tama, donc, est une petite marocaine qui est envoyée en France par son père alors qu’elle n’a que huit ans afin qu’elle ait « une chance » d’aller à l’école et avoir une « belle » vie. Mais elle atterrit dans une famille franco-marocaine qui a déjà quatre enfants. Tama va leur servir de petite « bonne », être traitée en esclave et surtout très maltraitée.

Nous avons là l’amorce du thème de la maltraitance sur les enfants qui sera forcément suivi de celui de la vengeance.

D’un autre côté, nous avons Gabriel, personnage volontairement étrange, qui recueille une jeune femme amnésique et blessée. On apprend très vite que Gabriel est un assassin.

Ici arrivent donc les thèmes de l’amnésie, des tueurs en série ou à gage.

Ces deux histoires vont être lues en parallèle jusqu’aux trois quarts du roman (on est quand même déjà à la page 555 …) et enfin, ce que l’on attend arrive dans la révélation de qui est cette jeune femme amnésique.

Enfin sont abordés les thèmes des règlements de compte, de la vengeance et de l’amour aussi.

Je comprends parfaitement pourquoi ce roman emballe tellement de lecteurs, surement encore plus de lectrices. Tous les thèmes qui font les bons thrillers sont réunis. La technique est rôdée avec des personnages qui peuvent déclencher empathie et dégoût. Les scènes de violence se succèdent à un rythme effréné.  Même les chapitres ultra courts, certains ne faisant qu’une page et demi, assurent un rythme incroyable à cette histoire. Il est évident que ce roman est fait pour séduire tous les amateurs de thrillers. J’ai retrouvé beaucoup du Purgatoire des Innocents dans l’écriture et (presque) tous ceux qui l’auront aimé adoreront celui-ci. C’est « du Giebel » sans aucun doute possible.

Oui mais, ça fait un moment que j’ai fait une overdose de ce genre de romans. C’était un test pour moi. Est-ce que vraiment mes goûts ont évolué et je n’adhère plus à ce genre ? Est-ce la production actuelle qui perd en qualité ? Pour avoir la réponse, rien de mieux qu’un auteur dont j’appréciais beaucoup les écrits. Les cigales ne chanteront pas (private joke). Ce roman ne l’a pas fait du tout avec moi. Je me suis clairement ennuyée à sa lecture. J’ai eu l’impression d’être face à une compil de tout ce qu’on a pu lire avant. Le tout est noyé sous des scènes de violence aussi inutiles que parfois risibles. Et c’est dommage car le thème de départ était très intéressant et j’aimerais le voir développé mais en roman noir, pas en thriller.

En résumé, c’est un thriller des plus efficaces, du grand Giebel comme on dit. Mais ce n’est plus ce qui m’attire, me retient et m’intéresse.

 

4ème de couverture :

Maman disait de moi que j'étais un ange. 
Un ange tombé du ciel. 
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...

Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler...

Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin... 

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. 
Un homme dangereux. 
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. 
Qui est-elle ? D'où vient-elle ? 

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

 

 

L’auteur :

Grande collectionneuse de prix littéraires et maître ès thrillers psychologiques, Karine Giebel est née en 1971. Elle est l'auteur de Meurtres pour rédemption (collection " Rail noir ", 2006), des Morsures de l'ombre (Fleuve noir, 2007) prix Intramuros du festival de Cognac 2008 et prix SNCF du polar 2009 et de Chiens de sang (Fleuve noir, 2008). Pour Juste une ombre (Fleuve noir, 2012), elle reçoit le prix Polar francophone du festival de Cognac et le Prix marseillais du polar en 2012. Purgatoire des innocents (Fleuve noir, 2013) confirme son talent et la consacre définitivement " reine du polar ". Après Satan était un ange (Fleuve noir, 2014), elle rejoint les éditions Belfond pour la parution de De force (2016), qui a rencontré un immense succès, de Terminus Elicius (2016) dans une nouvelle édition augmentée, puis de D'ombre et de silence (2017), un recueil de nouvelles où elle condense en quelques pages toute la force de ses romans. Les livres de Karine Giebel se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires à ce jour et sont traduits dans une douzaine de langues.

 

  • Editeur : Belfond (29 mars 2018)
  • Prix : 21.90 €
  • ISBN: 978-2714479501

 

 

Toutes blessent, la dernière tue | Lisez!

C'est noir, cruel, dur, bouleversant, inadmissible, injuste! Cela ne devrait pas exister, et pourtant... Un récit abrupt, sans aucune retenue, mais l'horreur en a-t-elle? et lorsque vous croyez le pire parvenu, une nouvelle plongée dans l'abomination vous glacera d'effroi! Karine Giebel renoue avec le très noir, pour notre plus grand plaisir!

https://www.lisez.com

 

 

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18 avril 2018

Derniers Jours A Berlin de Harald Gilbers

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Berlin

Vendredi 20 Avril 1945

12 jours avant la capitulation des troupes berlinoises

 

 

Ainsi débute ce roman mêlant Histoire et polar.

Alors que les Russes sont aux portes de Berlin, le commissaire Oppenheimer et sa femme Lisa se terrent dans la cave d’une ancienne brasserie.

L’auteur nous relate la vie de ces berlinois alors que le Reich est en déroute, dans une ville détruite par les bombardements. Manque de nourriture, d’électricité, d’eau courante, s’ajoutent aux menaces des nazis envers quiconque accepterait de se rendre.

Oppenheimer et sa femme accueillent alors un étrange personnage dans leur abri. Un homme muni d’une valise dont il refuse de se séparer.

Quand les russes envahissent Berlin, l’armée Rouge porte alors son nom de façon probante. Meurtres, exécutions, viols, pillages deviennent le quotidien des berlinois. Le commissaire Oppenheimer, interrogé par des officiers russes suite au meurtre de leur « locataire », rentre dans ce qui sert, à lui et sa femme, d’abri. Il retrouve Lisa violentée et violée. Bien décidé à se venger des agresseurs de son épouse, le commissaire va se lancer dans une quête ou s’entremêlent politique, stratégie, espionnage avec au centre une valise qui pourrait bien changer les choses.

Ce roman est très documenté ce qui le rend vraiment très intéressant. J’aime beaucoup les romans se passant pendant cette période de l’Histoire et pourtant je n’adhère généralement pas aux polars historiques. Quand j’ai reçu ce roman, je l’ai mis immédiatement en haut de la pile. C’est un roman très riche en enseignements sur cette période et en particulier sur ce front russe et la prise de Berlin. On a plutôt l’habitude de lire des romans mettant en scène les camps de concentration, d’extermination, la Résistance française. Il est plus rare de lire des romans se passant de l’autre côté.

Alors bien sûr, l’auteur étant  Allemand, les berlinois apparaissent ici comme les opprimés face aux Russes, même si on sait que l’Armée Rouge a commis beaucoup de délits lors de cette invasion. Les Alliés sont perçus comme des armées « laissant faire ». Les rôles des gentils et des méchants sont clairement inversés.

De la même façon, les habitants de Berlin passent pour des victimes involontaires de l’armée d’Hitler, forcés à obéir, puis sorte de dommages collatéraux lors de la déroute. On ne trouvera quasiment aucune phrase sur le sort des juifs allemands, le texte se concentrant plus volontiers sur les prisonniers ou persécutés politiques du régime.

C’est un point de vue, pas forcément le mien. C’est ce qui m’a le plus dérangée dans ce roman. Il est clair que cela sera perçu différemment selon les origines des lecteurs ou le pays dans lequel il sera traduit et publié.

Reste la trame polar du roman qui se confond avec un scénario d’espionnage. Un scénario parfois un peu compliqué, un peu alambiqué, mais qui se révèle intéressant.

Les personnages sont quant à eux nombreux mais bien campés, ajoutant en crédibilité à cette histoire de vengeance et de valise que tout le monde semble vouloir récupérer : Allemands comme Russes.

Enfin, en ce qui concerne le style et hormis la qualité documentaire, c’est plus factuel que stylisé, ni ennuyeux, ni original et tient plus de l’ambiance espionnage que de celle d’un polar musclé ou psychologique.

En bref, un roman très riche en détails historiques et un scénario multiple qui plaira aux amateurs d’Histoire, de polars comme de romans d’espionnage.

 

4ème de couverture :

Berlin, fin avril 1945. Le Troisième Reich vit ses dernières heures.  Le commissaire Oppenheimer et sa femme Lisa se terrent dans le  sous-sol d’une brasserie en attendant la capitulation. C’est leur ami Ed  le Mastard qui les y cache. Mais le chaos de la défaite ne les épargne  pas : quand les troupes soviétiques envahissent la ville, le couple est  séparé, et Lisa, violée.

Quelque temps plus tard, alors qu’Oppenheimer traque un homme qui  a floué Ed, il découvre par hasard l’identité du violeur de sa femme, un  certain Grigoriev. Mu par la haine et le désir de la venger à tout prix, il  comprend vite qu’il n’est pas le seul à en vouloir à cet homme. L’Armée  rouge cherche elle aussi à arrêter ce déserteur russe, à la tête d’une  redoutable bande de pillards. S’ensuit une traque sans merci. L’enjeu est  de taille : il s’agit de mettre la main sur du matériel primordial aux projets  nucléaires nazis…

 

L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’Histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. L'auteur a remporté le prestigieux prix Friedrich Glauser pour son premier roman policier, Germania.

 

  • Editeur : Calmann-Lévy (4 avril 2018)
  • Collection : Noir
  • Traduction : Joël Falcoz
  • Prix: 21.90 €
  • ISBN: 978-2702163559

 

 

Derniers jours à Berlin

Berlin, fin avril 1945. Le Troisième Reich vit ses dernières heures. Le commissaire Oppenheimer et sa femme Lisa se terrent dans le sous-sol d...

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14 avril 2018

Ma ZAD de JB Pouy

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Depuis quelques temps, on en entend beaucoup parler. La ZAD de Sivens, celle de Notre-Dame des Landes, ces camps retranchés font la Une des journaux. Il n’y avait donc pas de lecture plus d’actualité que celle-ci.

C’est quand même une sacrée « coïncidence » que ce roman paraisse justement maintenant, un peu à l’image de tous les romans, plus ou moins bons, parus sur le thème des migrants, juste avant la vague zadiste inaugurée par Islanova de Camut et Hug chez Fleuve.

Nous avons donc Camille, un quadra solitaire qui bosse dans un hypermarché et vit dans une ferme. Quand il se met à héberger un groupe de zadistes qui militent contre la construction d’un complexe multimodal (?) et parmi eux la jeune et jolie Claire, Camille se sent devenir révolutionnaire, prêt à l’action contre l’homme à l’origine du projet.

Il est sans doute difficile de traiter d’un sujet sans prendre parti. JB Pouy s’en tire plutôt bien avec cette histoire qui ne rentre pas en profondeur dans le mouvement zadiste, ni dans leurs luttes avec les représentants de l’Etat. Il décrit plutôt un homme qui n’est pas heureux avec la vie qu’il mène, qui cherche encore sa place et voit dans la ZAD une communauté solidaire avec un idéal à défendre. Camille n’est cependant pas le doux agneau qu’on pourrait craindre voir décrit dans ce roman.

Je n’avais jamais lu cet auteur et je découvre un style cynique, un humour parfois un peu lourd mais qui, finalement, colle parfaitement au personnage de Camille. L’auteur parvient à traiter un sujet sérieux avec légèreté et on suit ce zadiste un peu particulier, qui a le cœur sur la main, prêt à se sacrifier pour ce (et celle) en quoi (et en qui) il croit.

Roman politique, roman initiatique pour son personnage principal, roman d’amour aussi, Ma ZAD est un roman intéressant et plaisant, sérieux et drôle à la fois, à découvrir !

En sélection pour le Prix des Chroniqueurs de Toulouse Polars du Sud.

 

4ème de couverture :

Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. À sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte... et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d'avoir pire karma et de ne pas être tenté de se radicaliser! 
Heureusement, la jeune Claire est là qui, avec quelques compagnons de lutte, égaye le quotidien de Camille et lui redonne petit à petit l'envie de lutter contre cette famille de potentats locaux, ennemis désignés des zadistes, les Valter.

 

L’auteur :

Jean-Bernard Pouy, né en 1946, grand nom du polar français, a écrit une centaine de romans noirs (dont onze dans la célèbre « Série Noire »), et un vrai tsunami de nouvelles, d'articles, et d'ouvrages tels que « L'Encyclopédie des cancres, autres rebelles et génies»), dans la même collection que « L'encyclopédie des héros». Il est aussi directeur et créateur de collections, et a notamment imaginé le personnage du Poulpe. Grand amateur d'écriture à contrainte, il est membre des « Papous », émission de France-Culture. C'est un défenseur opiniâtre de la littérature populaire, partagé entre critique sociale, distance cynique, humour lamentable et gravité libertaire. Il voudrait être considéré, c'est lui qui le dit, comme un « styliste pusillanime », alors qu'il n'est que la cause d'une certaine déforestation.

 

 

Ma ZAD - Romans noirs - Série Noire - GALLIMARD - Site Gallimard

Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. À sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte...

http://www.gallimard.fr



 

  • Editeur : Gallimard (11 janvier 2018)
  • Collection : Série noire
  • Prix : 18 €
  • ISBN: 978-2072753756

 

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