EVADEZ-MOI

21 avril 2019

Les vents barbares de Philippe Chlous

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Je vous l’ai déjà dit, La Manufacture de Livres fête ses 10 ans cette année et, pour l’occasion, réédite 10 de ses romans qui ont fait la maison d’édition qu’elle est aujourd’hui.

En Avril, ils nous ont proposé de découvrir, ou redécouvrir, un roman magnifique.

Les Vents Barbares est une époustouflante fresque historique. Une pure fiction mais qui vous catapulte il y a un siècle, juste après la fin de la Première Guerre Mondiale et si peu de temps avant la Seconde.

Dans les steppes Mongoles et le froid Sibérien, Philippe Chlous nous raconte l’histoire d’un enfant enlevé à ses parents pour être dressé en soldat. C’est un petit gamin sans nom d’une dizaine d’années dont les parents sont massacrés par un général sanguinaire qui va l’emmener et le laisser devenir un bon petit soldat qui va devoir grandir parmi des hommes brutaux.

De villages pillés en champs de bataille, cet enfant assiste à tout ce qu’une guerre peut avoir de pire, spectateur d’horreurs, et va être confronté au racisme, à l’antisémitisme, mais aussi au courage, à la douleur.

Dans les années 20, une guerre civile en Sibérie oppose l’armée rouge à l’armée blanche. Les territoires Mongols et Chinois sont convoités et le Japon a envahi Vladivostok à la fin de la Première Guerre Mondiale. Une chasse aux bolchéviques et aux juifs fait rage au nom d’une suprématie raciale Aryenne fondée sur une légende.

Résolument politique, ce roman magnifique saura séduire les férus d’histoire, passionner les amateurs de romans de guerre et, évidemment, comblera les amateurs de Noir. La plume de l’auteur apporte à ce texte très dur une beauté et une précision impressionnantes.

C’est sans conteste un des plus beaux romans de guerre que j’ai pu lire et un personnage principal attendrissant, courageux, un petit garçon avec une aura particulière au milieu d’autant d’atrocités et de monstres.

Les scènes de batailles nous paraissent incroyablement réelles, un roman « à grand spectacle » à ne pas rater.

J’aurais pu recopier des pages entières mais j’ai finalement opté pour cet extrait :

C’était la légende des Aryens d’Ungern. Il y croyait, le général, à sa cité merveilleuse et à ses géants prêts à soumettre le monde des humains. Comme si on avait besoin d’eux pour créer une société de maîtres et d’esclaves. Comme si les hommes n’avaient pas l’habitude de baisser l’échine et d’accepter, patiemment, longtemps, jusqu’à l’étincelle. Celle de la révolte, du mépris de l’ordre et de la mort. Il avait vu le courage des Chinois dans la bataille, celui de Frizis ou de ce père juif face à Sipaïlo. Il s’était enfin revu debout devant ces autres Cosaques venus assassiner sa famille. Il les avait regardés bien en face et il n’était encore qu’un gamin. Plus vieux, il aurait, lui, défendu sa famille et ne se serait jamais laissé pendre comme un jambon. Il avait fermé les yeux et s’en voulait d’avoir pensé cela de son père. Il le revoyait en train de grogner et suffoquer. Il n’avait pas été lâche. Il ignorait juste que les révolutions et les guerres se nourrissent du sang des faibles.

 

En 2019, 10 romans culte de la maison d'édition vont être réédités. Chaque mois, je vous présenterai l'un d'eux. Chaque mois, laissez votre avis sur le roman du mois avec #LaFrenchTouchDeLaManuf. A la pause estivale, je ferai un tirage au sort et un d'entre vous gagnera le recueil de nouvelles noires publié par La Manufacture de Livres à l'occasion des 10 ans de Toulouse Polars du Sud. En fin d'année, un nouveau tirage au sort aura lieu pour désigner le grand gagnant qui recevra le roman de son choix parmi les 10 rééditions ainsi que des surprises, le tout offert par l'éditeur.
Pour participer deux règles :
- être membre du groupe French Touch : L'Hexagone du Noir
- partager son retour de lecture avec #LaFrenchTouchDeLaManuf

 

4ème de couverture :

1920, la Russie est déchirée par la guerre civile. Un groupe de cosaques s’apprête à massacrer une famille juive réfugiée aux confins de la Sibérie lorsqu’un mystérieux officier s’interpose et ordonne d’épargner un enfant. Le jeune garçon est recueilli par son sauveur : le baron Ungern-Sternberg. Cet ancien héros des bataillons du tsar mène une armée composée de deux mille cavaliers venus de tous les horizons : cosaques russes, Mongols, Kazakhs, Japonais...Son rêve : créer un empire à l’est du lac Baïkal pour mieux combattre la décadence de la civilisation occidentale.
À travers les yeux d’un enfant, Les Vents barbares nous entraîne pour une chevauchée inoubliable sur les steppes sibériennes. Philippe Chlous nous offre à la fois un formidable roman d’apprentissage et une grande fresque d’aventures aux accents épiques.

 

L’auteur :

Philippe Chlous est journaliste, scénariste et producteur de documentaires. Son roman Les Vents barbares lui a été inspiré par des rencontres avec des enfants soldats lors de ses reportages.

 

  • Editeur : Manufacture de livre éditions (avril 2019)
  • Collection : LITTERATURE
  • ISBN : 978-2358873611

 

 

 

Les Vents barbares

Un jeune garçon est recueilli par un général ivre de conquête qui l'entraîne sur les traces de son armée. Une fresque épique au rythme d'une chevauc

https://www.lamanufacturedelivres.com



 

 

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14 avril 2019

Les Mains Vides de Valerio Varesi

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Traduction par Florence Rigollet.

 Un nouveau roman de Valerio Varesi, je l’attends toujours avec impatience. En commencer un, c’est avoir l’impression de retrouver un vieil ami. C’est retourner en Italie et partager quelques heures avec Soneri, Colombo transalpin, auquel on s’est attaché.

Je commencerai par vous parler du décor et de l’ambiance, deux choses particulièrement importantes dans ces polars.

Après un décor brumeux et pesant dans Le Fleuve des Brumes où l’auteur nous faisait naviguer sur le Pô, après Les Ombres de Monteluppo où Valerio Varesi nous contait la montagne dans le froid et une impression de noirceur oppressante, nous voici dans Parme, en pleine canicule. Il fait chaud, c’est poisseux, l’impression de manquer d’air.

L’auteur sait jouer les tour-operators en créant, à chaque fois, une ambiance différente mais tellement bien instaurée qu’on la ressent par tous les pores de la peau.

Dans Les Mains Vides, Soneri fait face à une enquête pour homicide très complexe où se mêlent trafic de drogue, trafic d’influence, pègre, prostitution et bien sûr argent. Le flair du commissaire n’a pas pris une ride depuis sa dernière enquête et c’est encore un scenario parfaitement cohérent, tout en finesse et intelligence auquel nous avons à faire.

Même s’il s’agit d’un quatrième volet des enquêtes de Soneri, chaque roman peut être lu indépendamment des autres et si des personnages sont récurrents, à l’image de Angela, la petite amie du commissaire, ils sont remis en situation et la lecture n’est jamais entravée par des rappels des tomes précédents.

Le style reste le même, sur un tempo tranquille même s’il est un petit plus rapide que dans les autres opus. On savoure, on prend son temps pour démêler cette enquête, on flâne, parce qu’on veut, finalement, rester encore un peu plus longtemps avec ce personnage, cette écriture, ce talent.

Il y a des polars qui ne sont que surface, qui misent tout sur le flic bourrin et les scènes d’action avec des scénarios vides et sans intérêt. Et puis il y a les polars de qualité, avec du fond, où les différentes étapes pour résoudre l’enquête ne sont pas survolées, avec un décor et une ambiance, avec des personnages tout en qualités et imperfections et avec une écriture qui a du style. Les Mains vides fait partie de cette deuxième catégorie.

 

Un extrait :

Le ciel s’assombrit et tonna au loin sa rancœur tandis que le commissaire traversait le centre. L’air n’en demeurait pas moins irrespirable, compressé entre l’asphalte et les nuages bas. La sensation de vide qu’il avait éprouvée en présence de Gerlanda continuait de l’assaillir sans relâche lorsqu’il entendit les notes bouleversées de Gondo alterner avec le tonnerre. Ses accords étaient sporadiques et ne suivaient pas le tempo de la mazurka de Migliavacca, ils donnaient l’air d’être joués par des mains arthritiques. Gondo était devenu un musicien amnésique, on lui avait volé son vieil accordéon et du même coup, sa mémoire.

 

4ème de couverture :

" Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? " 

"Les mains vides" est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l'histoire tourmentée.

La chaleur humide et gluante du mois d'août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une " leçon " qui s'est mal terminée. D'autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l'argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu'un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s'est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l'instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices... humains ? 
prix Violeta Negra 2017 pour La Pension de la via Saff

 

L’auteur :

VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l'auteur de treize romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes, La Pension de la via Saffi et Les Ombres de Montelupo parus aux éditions Agullo. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues.

 

 

Editeur : Agullo (avril 2019)

Collection : Agullo noir

ISBN : 979-1095718543

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 11:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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