EVADEZ-MOI

23 février 2020

Persona de Maxime Girardeau

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Les « persona » en marketing matérialisaient des personnages imaginaires, représentatifs d’une cible précise. Elles servaient à décrire leur personnalité, leurs habitudes de vie et de consommation, permettant ainsi d’élaborer des dispositifs de publicité digitale pour toucher spécifiquement ces personnes et donc tous ceux qui leur ressemblaient. Une sorte de caricature du vivant, indispensable pour cibler précisément ses consommateurs.

Voici pour la signification du titre de ce roman, premier de Maxime Girardeau.

Je vais commencer par râler un petit peu sur la couverture. Il faut dire que beaucoup de lecteurs et lectrices peuvent être attiré(e)s en premier lieu par la couverture des romans.

Je sais que « thriller » est un mot racoleur et vendeur mais autant faudrait-il ne pas en abuser. Personnellement, j’aurais pu m’arrêter là et à cette couverture qui donne une impression d’histoire digne d’un film d’horreur. Je serais passée à côté d’un roman policier avec une vraie enquête. Ça aurait été dommage non ?

Donc oui, je râle parce que ça m’agace.

Maxime Girardeau se lance donc, pour ce premier roman, dans le roman policier. Le commissaire Somerset est confronté à une affaire assez glauque de cadavres mutilés et parés d’un masque semble-t-il précolombien en pierre. Au fur et à mesure de la découverte d’autres victimes visiblement du même tueur, son attention se focalise sur un groupe de cadres et de commerciaux dans le milieu du marketing.

Cette enquête policière sert de prétexte à l’auteur pour parler d’un domaine qu’il maîtrise, le marketing digital mais aussi pour critiquer très ouvertement certains dirigeants étrangers notoires. Là, j’avoue que je n’ai pas bien cerné l’intérêt.

Une chose est sûre, c’est que l’auteur sait manier les retournements de situation et sait semer les fausses pistes auxquelles on se laisse très facilement prendre. Un bon point pour le roman qui s’avère prenant par son rythme et ses actions en cascade. La trame policière est assez bien menée.

Parlons style, là par contre, pour moi, ça pèche un peu plus. Trop de gore tue le style et on a parfois l’impression de se retrouver dans un roman d’une romancière française de thrillers bien connue (ceci dit, ça plaira aux fans de la dame). Par contre, les scènes dans les catacombes parisiennes sont beaucoup plus intéressantes et l’auteur arrive à créer une impression d’oppression à la limite de la claustrophobie.

Enfin, malgré quelques incohérences de scénario, ce roman est plutôt pas mal et même plutôt bon pour un premier roman. On devine du potentiel et un auteur à suivre s’il renonce à naviguer entre roman policier et thriller sanglant.

 

4ème de couverture :

Un homme est retrouvé horriblement mutilé dans un bâtiment désaffecté du centre hospitalier Sainte-Anne à Paris. Pour Franck Somerset, commissaire à la Crim’, c’est le début d’une enquête étrange et singulière.

Étrange, car ce n’est pas une série d’homicides au sens propre du terme à laquelle il se trouve confronté : toutes les victimes sont encore en vie, mais elles ont été torturées et « enfermées » en elles-mêmes.

Singulière, car pour comprendre, Franck Somerset va devoir plonger dans l’univers des nouveaux maîtres du monde – les grands du numérique qui maîtrisent nos vies immatérielles.

C’est au cœur de Paris, dans ces tréfonds et au-delà, que Franck va suivre la piste de ce qui ressemble à une vengeance frénétique, folle et pourtant méthodique, où s’affrontent deux mondes, un nouveau qui se persuade de sa toute puissance et un ancien qui ne veut pas mourir …

 

L’auteur :

Né en 1980, Maxime Girardeau a travaillé pendant douze ans dans le domaine du marketing digital, notamment au sein d'une des fameuses multinationales rassemblées sous l'acronyme GAFAM. Désormais, il se consacre à l'écriture. PERSONA est son premier roman.

 

"Persona", Maxime Girardeau

Un homme est retrouvé horriblement mutilé dans un bâtiment désaffecté du centre hospitalier Sainte-Anne à Paris.

https://www.fayard.fr

 

 

Editeur : Mazarine (février 2020)

Collection : Policiers/thrillers

ISBN : 9782863745175

 

 

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21 février 2020

Santa Muerte de Gabino Iglesias

9782355847769ORI

 

 

 

Traduction de l’anglais par Pierre Szczeciner.

 

Mention spéciale à Rémi Pépin pour la couverture qui donne une furieuse envie de sortir les crayons de couleur.

 

Vous avez envie de passer quelques heures un peu déjantées ? Prendre une dose de délire et d’humour ? Santa Muerte c’est tout ça.

Un roman noir qui ne se prend pas au sérieux et un personnage, Fernando. Il faut dire que tout commence très mal pour Fernando. Dès le début du roman il se retrouve dans le coffre d’une voiture et est forcé d’assister à l’exécution d’un de ses amis avant d’être renvoyé auprès de son boss pour lui transmettre un message.

Pour se sortir du guêpier dans lequel il se trouve, entre cartels mexicains et gang hispano-américains, Fernando s’en remettra à la Santa Muerte, quelque part entre pratiques vaudou et religion.

Mais Fernando est très loin d’être un héros :

Annoncer à Guillermo que le Russe avait refusé la mission risquait de mal passer si je n’avais pas d’alternative à lui proposer. Il me fallait donc un plan. Et un flingue, car je ne voyais pas quel plan pourrait me permettre de m’en passer. Un gros flingue avec des balles en argent. Et accessoirement, des cojones. D’énormes cojones.

La bonne nouvelle, c’est que je savais exactement où me procurer une arme (pour la paire de couilles, on verrait plus tard).

Mais au-delà de cette histoire, c’est aussi un texte qui parle d’exil, de misère, de petit et grand banditisme et de l’hypocrisie du gouvernement américain voulant rejeter la faute de touts ses maux sur les réfugiés mexicains en refusant de voir la gangrène au cœur de ses villes.

Si Austin se distingue de mexico par beaucoup d’aspects, la différence n’est parfois pas si flagrante. Sous des dehors charmeurs, elle est aussi moche que n’importe quelle mégapole. Au premier abord, on pourrait croire qu’il ne s’y passe jamais rien de mal : le jour, les enfants jouent sur les trottoirs et dans les innombrables parcs ; la nuit, des milliers de panneaux lumineux semblent éloigner le danger. Mais c’est un leurre. Le centre-ville est rempli de junkies et l’East Side grouille de gens qui se sont tournés vers le crime parce que seules la municipalité, l’université et les start-ups qui poussent comme des champignons ont du boulot à proposer, et qu’elles ne recrutent que des gens surdiplômés qu’elles font venir des quatre coins du pays. Et ensuite, il y a les gens comme Guillermo, des parasites qui vivent aux dépens de la ville et de ses vices, tels les rémoras dodus qu’on voit collés aux flancs des requins. Bref, tout comme New York, on peut dire qu’Austin est une belle ville, c’est-à-dire qu’elle a l’air parfaite si on n’y regarde pas de trop près.

Bref, c’est léger, un peu gras, complètement barré mais pas si con que ça et moi je me suis régalée.

 

 

4ème de couverture :

Santa Muerte, protegeme...

Austin, Texas. Tu t'appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour... Non, oublie " beau ". Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d'un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c'est chez eux.

Fernando croit en Dieu, et en plein d'autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l'aide d'une prêtresse de la Santería, d'un Portoricain cinglé et d'un tueur à gages russe, là oui, il est prêt à déchaîner l'enfer !

 

L’auteur :

Gabino Iglesias est un écrivain, professeur, journaliste et critique littéraire d'origine portoricaine. Après la publication de son premier roman, Gutmouth, en 2012, il s'essaye à son genre de prédilection : le roman noir. Mais il ne souhaite pas se laisser enfermer dans des normes génériques, et Santa Muerte ( Zero Saints) naît de cette volonté de s'affranchir des codes de la littérature de genre. Parmi les thèmes chers à l'auteur, on relève l'altérité, la frontière, ainsi que le mal du pays.

En plus de son activité d'écrivain, Gabino Iglesias est rédacteur en chef des critiques littéraires pour le magazine Pank et journaliste pour LitReactor. Il est également professeur au lycée et enseigne la littérature en ligne dans le cadre du Master de création littéraire proposé par l'université Southern New Hampshire.

Gabino Iglesias vit à Austin, au Texas.

 

Editeur : Sonatine (février 2020)

ISBN : 978-2355847769

 

 

Santa muerte | Lisez!

Austin, Texas. Tu t'appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour... Non, oublie " beau ". Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d'un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le...

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