EVADEZ-MOI

17 janvier 2019

Le Magicien de Magdalena Parys

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Traduit du polonais par Margot Carlier et Caroline Raszka-Dewez.

 

J’avais découvert l’écriture de Magdalena Parys il y a un peu plus d’un an avec 188 mètres sous Berlin

Elle nous amenait à l’époque où Berlin était encore coupée en deux par le Mur. Elle nous montrait l’autre côté, ses habitants, la vie derrière cette muraille.

J’avais beaucoup aimé.

Dans le Magicien, Magdalena Parys continue de parler de cet autre côté, un peu plus tard, avant la chute du Mur.

Elle nous explique ce qui s’est passé, notamment à la frontière Bulgare alors que des hommes tentaient de franchir cette ligne qui leur permettrait de rejoindre l’Ouest dans l’espoir d’une vie meilleure. C’était sans compter la répression… Elle nous montre combien le racisme et l’antisémitisme sont encore bien présents.

La Stasi était la police « politique » de la RDA (République Démocratique Allemande – ex-Allemagne de l’Est). Elle traquait tous ceux qu’elle jugeait comme opposants au régime, les intimidait, les emprisonnait et abattait tous ceux qui tentaient de fuir à l’Ouest. Elle était composée de policiers, d’anciens militaires nazis et d’informateurs (espions, délateurs, etc…)

Seul un grand homme est capable de convaincre et d’entraîner des foules entières derrière lui, quelqu’un d’authentique dans tout ce qu’il entreprend, de totalement dévoué. Mais seul un génie, dépourvu de toutes ces qualités, peut mentir de façon aussi persuasive.

A sa dissolution, ses archives furent récupérées en partie par la CIA.

Dans le Magicien, l’auteure nous présente un vieil homme, Siedel, dont les deux fils ont été abattus à la frontière bulgare alors qu’ils tentaient de passer à l’Ouest. Il a voué sa vie à constituer, lui aussi, des archives, sur tous les disparus à Sofia ou dans ses environs et dont la mort est imputée à Christian Schlangenberger.

Vers la fin des années soixante-dix, une série de disparitions avait ainsi été programmée. La procédure, toujours la même, s’inspirait des bonnes vieilles méthodes, maintes fois éprouvées. Elle s’appliqua à vingt-sept opposants tchèques, polonais et hongrois. […] Chaque opération était soigneusement planifiée et devait être menée à la perfection. Pas plus d’un « malheureux accident » par ville. Les témoins éventuels, extrêmement rares, étaient liquidés.

Cette fois encore, elle confie la tâche de nous raconter des faits réels au travers de personnages fictifs et d’une enquête policière et d’espionnage totalement maîtrisée avec une conclusion vraiment inattendue.

Une plume toujours aussi belle pour décrire des événements très sombres, des personnages poignants qui donnent corps et âme à ce roman, Magdalena Parys affirme ici un style plus affirmé avec des scènes assez violentes qui n’étaient pas forcément présentes dans son précédent roman.

Si j’avais aimé 188 mètres sous Berlin, l’auteure m’a définitivement conquise avec Le Magicien. C’est un grand polar qui, en plus d’être énormément prenant, vous apprendra quelques détails de l’histoire européenne qu’on n’apprend pas dans les livres d’histoire.

Comme toujours, Agullo a su trouver un texte qui allie beauté des mots, intrigue passionnante et enseignements pour tous.

 

Ce roman a reçu, en 2015, le Prix de Littérature de l’Union Européenne.

 

4ème de couverture :

" Dans l'État de Brandenbourg, sur les vingt-six députés de gauche au Landtag, un sur quatre avait jadis travaillé pour la Stasi. " 

Opérations secrètes, chantage et vengeance personnelle s'entrelacent dans ce roman à mi-chemin entre "noir" et roman historique, qui entremêle habilement réalité et fiction. 

Dès 1970, la Stasi et les garde-frontières bulgares montent une opération pour arrêter tous ceux qui tentent de fuir le bloc communiste. Opération qui sert également à assassiner des opposants politiques au régime... 
En 2011, dans un immeuble abandonné de Berlin squatté par des Roms, on retrouve le cadavre atrocement mutilé de Frank Derbach, employé aux archives de la Stasi. 
Au même moment, Gerhard Samuel, photoreporter, meurt dans d'étranges circonstances à Sofia, où il enquêtait sur la mort d'un de ses amis, disparu en 1980 à la frontière entre la Bulgarie et la Grèce. 
Kowalski, le commissaire chargé de l'enquête berlinoise, est rapidement écarté au profit de la police fédérale et des services secrets. Mais Kowalski est un rebelle et il décide de poursuivre ses investigations discrètement, aidé par la belle-fille de Gerhard. Ce qu'ils vont découvrir pourrait mettre en cause un homme politique allemand très en vue...

 

L’auteur :

Magdalena Parys est née en 1971 à Gdansk. À l'âge de 12 ans, elle émigre avec sa famille en Allemagne. Diplômée de pédagogie et de littérature polonaise à l'université Humboldt, elle vit à Berlin, où elle a fondé la revue littéraire polonaise-allemande Squaws. Le Magicien est son deuxième roman.

 

  • Editeur : Agullo (17 janvier 2019)
  • Collection : Agullo Noir
  • ISBN: 979-1095718512

 

 

Agullo Éditions

Agullo Éditions est le porte voix d'auteurs d'ici et d'ailleurs qui expriment et partagent leurs histoires, leur culture, leurs joies, leurs espoirs et par dessus tout, leur humanité.

http://www.agullo-editions.com



 

 

 

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10 janvier 2019

Train d'Enfer de Trevor Ferguson

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Petite incursion dans le grand Nord Américain, au Canada avec Train d’Enfer de Trevor Ferguson, traduit par Ivan Steenhout.

Le début de la lecture fut un peu compliqué. Cette traduction de l’anglais en français Québécois demande un certain temps d’adaptation et certains mots et expressions peuvent décontenancer. Au bout de quelques chapitres qu’on lirait presque avec l’accent, on s’habitue et cela donne une petite touche locale très très agréable au final.

Mais parlons de l’histoire.

Martin est un jeune homme qui rejoint un chantier de construction de chemin de fer en tant que contrôleur. Son travail consiste en vérifier les heures que font les ouvriers, les consigner, afin que leur paie reflète le travail effectué.

Ce chantier est dirigé par Fisk qui sème la terreur parmi les ouvriers.

Martin découvre rapidement que dans les bois avoisinants, des hommes vivent, réduits à l’état de bêtes sauvages, les craqués. Quand Fisk le chasse, Martin découvre alors qu’il s’agit d’anciens ouvriers bannis par Fisk.

Ce roman, en plus d’être superbement écrit, est un cri de révolte contre les conditions de travail subies par les laissés pour compte, les délinquants, les déficients mentaux qui servaient de main d’œuvre plus qu’exploitée sur ces chantiers. Un travail dur, ingrat, une pitance maigre en échange mais aussi des contre-maîtres cruels.

Rien à voir avec le bien ou le mal. C’est ainsi que va le monde. On doit toujours avoir des gens plus bas que soi. Quand on a des gens plus bas que soi on fait tout son possible pour garder la position qu’on occupe. C’est la théorie. Elle prévaut dans le coin. Je vais te dire une chose. Cette théorie a un certain mérite. Comme je ne souhaite pas être expulsé chez les craqués je travaille avec l’équipe supplémentaire de poseurs de rails alors que je pourrais être à la cuisine ou n’importe où ailleurs sur la terre. Tout ce qu’il me reste à espérer c’est que Fisk me laisse embarquer dans le prochain bus pour le Sud.

C’est aussi une grande leçon de survie, d’entraide, de fraternité. Malgré que ce roman ait une trame dramatique très noire, parfois inhumaine et bestiale, on trouvera de l’espoir et de la force, de la ténacité et beaucoup d’intelligence dans le personnage de Martin, héros malgré lui.

Ecrit en 1995, ce roman tient plus d’un roman des années 50, voir plus tôt, par son style et ses personnages. Roman d’aventure et roman sociétal, parfois violent, un curieux mélange de Steinbeck et de James Dickey avec une touche de Norman Maclean.

Pour les amoureux de la littérature américaine, un petit trésor à (re)découvrir aux éditions 10/18 ou en grand format chez Pleine Lune si vous le trouvez.

 

4ème de couverture :

1964. Aux confins de la taïga, des ouvriers construisent le chemin de fer du Grand-Lac-des-Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest. C'est une véritable ruée vers l'or. Et l'occasion de s'en mettre plein les poches, pour quelques-uns. Sortis des asiles ou des prisons, coupés de la civilisation, ces esclaves de l'ère moderne peinent et suent sous la férule d'un contremaître véreux que Martin Bishop, le jeune contrôleur, osera défier au péril de sa vie quand sonnera l'heure de vérité. Ce roman mené à un train d'enfer est une vertigineuse plongée dans un monde rude et halluciné où la crainte des lois ne balise plus la conduite des hommes.

 

L’auteur :

Trevor Ferguson est l'auteur de six romans, dont cinq ont été traduits en français à la Pleine Lune sous les titres : La Vie aventureuse d'un drôle de moineau, Onyx John, Train d'enfer, La Ligne de feu et Le Kinkajou. Il est également l'auteur de plusieurs pièces de théâtre, dont la pièce Le Pont, qui est aussi parue à la Pleine Lune, accompagnée de sa version originale en langue anglaise : Long, Long, Short, Long. Il a également publié deux thrillers sous le pseudonyme de John Farrow Reconnu par la critique comme l'un des meilleurs romanciers de sa génération, Trevor Ferguson a reçu en 1996 le prestigieux prix Hugh-MacLennan. Ses livres sont parus dans plus de quinze pays.

 

 

Train d'enfer | Lisez!

Train d'enfer, de Trevor FERGUSON (Auteur).

https://www.lisez.com



 

Ce roman est maintenant adapté au cinéma sous le titre L'HEURE DE VÉRITÉ, un film de Louis Bélanger, et je vous invite à visionner la bande annonce qui vous donnera une idée très précise de l’ambiance de cette histoire.

 

L'Heure de vérité (Louis Bélanger) - Bande annonce

 

  • Editeur : 10 X 18 (novembre 2018)
  • Collection : Littérature étrangère
  • Traduction : Ivan Steenhout (Anglais Canada)
  • ISBN: 978-2264068644

 

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06 janvier 2019

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham

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Je suis l’auteur depuis son premier roman, La Promesse, paru en 2016.

J’attendais avec impatience ce troisième roman.

Pour être totalement honnête, j’ai bien failli asséner le « next » au bout des 50 premières pages et je m’en expliquerai plus loin. Finalement, j’ai continué et j’ai fini par accrocher à ce polar/thriller.

Cédric Cham nous fait faire la connaissance de trois personnages.

Le premier, et principal, c’est Simon. Simon purge une lourde peine pour braquages. Il n’a pas revu sa fille Manon depuis dix ans et quand son ex-femme vient au parloir lui apprendre le décès brutal de Manon, Simon décide de se faire la belle afin de venger sa fille.

Le second est Amia, prostituée et toxicomane, qui décide d’échapper à son souteneur et qui va croiser le chemin de Simon et ne plus s’en décoller.

Le troisième est une femme flic, Alice, chargée de retrouver Simon alors qu’elle n’a pas vraiment la tête à son travail.

L’auteur maitrise sans conteste tous les ingrédients d’un thriller que certains qualifieront d’haletant.

Le rythme est très rapide, accentué par des chapitres très courts et des dialogues très présents.

Les scènes d’action se succèdent au détriment d’une intrigue quelque peu convenue.

Si j’ai aimé le personnage de Simon, ça n’a pas été le cas des deux protagonistes féminins qui, finalement, n’apportent pas grand-chose à la trame du roman même si le thème de la prostitution est clairement le fil conducteur.

Ce qui a bien failli me faire refermer ce roman, ce sont les premiers chapitres, pour des scènes bestiales et inutiles si ce n’est pour rajouter un peu de glauque comme en sont friands bon nombre d’auteurs français de thrillers.

Cédric Cham a de bonnes idées et un style qui s’est affirmé depuis la Promesse qui était déjà un roman sur le thème de la vengeance. Il manque peut-être juste un peu de psychologie des personnages et d’emboitement des séquences d’action pure.

Cela reste en tout cas un roman divertissant, violent et résolument noir, qui se lit quasiment d’une traite et je suis ravie d’avoir pu enfin relire cet auteur, transfuge de feue « Fleur Sauvage » et à présent publié chez Jigal Polar.

 

4ème de couverture :

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger… 
Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux. 
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie… 

 

 

L’auteur :

Cédric Cham, né en 1978, est originaire de la région Rhône-Alpes. Le jour, il travaille au sein de l'Administration pénitentiaire française, la nuit, il écrit des polars. Dès son plus jeune âge, la lecture est devenue une « addiction ». Impossible de passer plus de vingt-quatre heures sans sentir le papier sous ses doigts… Et tout naturellement, à force de dévorer les romans des autres, il en est venu à écrire ses propres histoires. Cédric Cham aime les récits sombres et réalistes. Pourquoi ? Parce que d’après lui, le noir reflète parfaitement notre société actuelle... Ce qui se passe au coin d'une rue oubliée, derrière une porte close, de l'autre côté de la ligne blanche... Ces endroits où la réalité dépasse trop souvent la fiction !

 

 


Un thriller exceptionnel entre Paris et le Cambodge " Je m'appelle Agathe, avait-elle annoncé avant de s'asseoir sur une machine. Je suis la chanteuse des laveries... " Tout commence quand Pierre Sanak, journaliste reporter d'images à France Télévisions, croise par hasard cette jeune artiste un peu fantasque et très énigmatique.

http://polar.jigal.com



 

  • Editeur : Jigal Editions (septembre 2018)
  • Collection : Polar
  • ISBN: 978-2377220441

 

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