EVADEZ-MOI

16 juin 2019

Le mauvais chemin de Mikel Santiago

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Traduction de Aline Valesco.

 

Le mauvais chemin est un polar espagnol paru il y a tout juste un an. Passé relativement inaperçu, ce polar mérite pourtant qu’on s’y intéresse et je serais moi aussi passée à côté si je ne l’avais pas acheté en prévision de la venue de Mikel Santiago au festival Toulouse Polars du Sud 2019.

Avant de vous donner mon avis, je donnerai un carton jaune à Actes Sud/Actes Noirs pour la 4ème de couverture qui en dit beaucoup, beaucoup trop et évente ainsi les énigmes contenues dans le roman. C’est toujours rageant quand une maison d’édition spoile ses propres parutions.

Je ne vous parlerai donc pas de la trame policière de ce roman puisque vous saurez presque tout en lisant le résumé de l’éditeur.

Passons donc aux personnages.

Chucks est un rocker sur le retour qui a tous les travers qu’on peut attendre d’un tel personnage. Drogue, alcool, sans femme ni enfants, c’est un homme riche et oisif qui n’hésite pas à s’enfuir après avoir percuté et tué un inconnu avec son véhicule.

Bert est un écrivain qui a vu un roman devenir best-seller et peine à en écrire la suite. Marié et père d’une ado, il a bien du mal à trouver une place entre ses deux femmes. Plus fidèle en amitié qu’en amour, il est le personnage central de ce polar, celui qui va mener l’enquête tout au long du roman.

Présenté comme ça, ces personnages font cliché mais ils sont parfaitement intégrés dans l’histoire.

Le style quant à lui n’est pas forcément ce que l’on retiendra le plus mais ce choix de la narration à la première personne au travers du personnage de Bert sied particulièrement bien à ce roman qui se révèle prenant et dynamique.

Mikel Santiago est un auteur Espagnol vivant au Pays Basque (Espagnol). Ce que je trouve vraiment dommage c’est de planter le décor en Provence, région que visiblement, il ne connait pas vraiment, et de créer deux personnages principaux Irlandais. J’aurais aimé voir une touche espagnole dans ce roman. Un lieu, un personnage, un style. La seule mention est une villa à Cadix appartenant à l’un des personnages.

C’était la même chose avec son précédent roman La dernière nuit à Tremore Beach où il situe l’action en Irlande.

Pour résumer, j’ai passé un excellent moment avec ce roman qui plaira peut-être plus aux amateurs de thrillers qu’aux puristes du polar mais qui reste une lecture « détente » agréable.

 

 

4ème de couverture (mais il serait dommage de la lire)

Sur une petite route escarpée, par une nuit étoilée de Provence, un homme hagard, le visage plein de cicatrices, vient se jeter sous les roues du rutilant Range Rover d’une star déchue du rock anglais. Avant de prendre la fuite, laissant l’homme pour mort, le conducteur l’entend murmurer : “L’ermitage.”

Il se dénonce à la police, dévoré par la culpabilité, mais, au lieu indiqué, la brève enquête ne révèle ni corps ni trace de collision. Le musicien ayant déjà souffert, par le passé, de crises de délire paranoïaque et d’hallucinations, son équilibre psychologique précaire pourrait bien expliquer l’“incident”. Aussi, quand il est retrouvé mort dans sa piscine quelques jours plus tard, gavé d’alcool et de psychotropes, il n’y a guère que son vieil ami l’écrivain Bert Amandale pour ne pas croire à la thèse du suicide et se lancer à corps perdu dans la recherche de la vérité. Qui va lui faire découvrir une petite communauté sectaire défendant violemment ses terribles secrets, indéfectiblement soudée par des expérimentations macabres d’un autre âge nées dans l’enfer de la jungle guyanaise – et qui pourraient se perpétuer dans l’inattendu ermitage d’une clinique privée villageoise.

 

 

L’auteur :

Mikel Santiago est né sur la côte basque, en 1975. Après avoir passé une dizaine d'années en Irlande et aux Pays-Bas, il vit à Bilbao, où il partage son temps entre l'écriture, le rock et la programmation informatique.

 

 

Le Mauvais chemin

Sur une petite route de Saint-Rémy-de-Provence surgit, de nuit, un homme hagard, le crâne transpercé d'étranges trous. Il déclenche une série d'év&eacut

https://www.actes-sud.fr

 

 

 

Editeur : Actes Sud Editions (juin 2018)

Collection : Actes noirs

ISBN : 978-2330103354

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10 juin 2019

Des oiseaux rouge sang de Mohammed Hanif

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Traduction de Bernard Turle.

 

C’est un fait, j’aime beaucoup la littérature orientale, celle du Maghreb mais aussi celle du Moyen-Orient et celle de l’Asie du Sud.

Cette littérature, noire ou non, est très souvent empreinte de poésie, de belles métaphores.

Des oiseaux rouge sang, de l’auteur Pakistanais Mohammed Hanif, ne déroge pas à cette règle.

Il nous livre là un superbe roman métaphorique parfois, teinté de mysticisme et d’une remarquable poésie.

Pourtant, malgré la beauté du texte, il dépeint le drame de la guerre mais va encore plus loin en dessinant tous les contours tordus de notre civilisation.

Evidemment, vous ne trouverez pas ici le héros américain. Non, vous découvrirez une famille de réfugiés en leur propre pays, dans leur désert du Pakistan, après que des bombes ont rasé leur village, les obligeant à survivre sous des bâches, à attendre une aide humanitaire qui ne viendra plus, ou à espérer le retour de leur fils disparu.

Et quand le héros américain s’écrase avec son avion dans le désert et est ramené dans le camp de réfugié où il est nourri et logé, deux cultures diamétralement opposées vont s’affronter. Deux religions, deux notions du capitalisme, deux visions de la guerre et de qui sont les bons et les gentils.

L’auteur fait ainsi parler tour à tour tous les personnages de ce roman.

Momo, le fils cadet de cette famille dont le frère, Ali, a disparu alors qu’il travaillait pour un campement détaché des Etats-Unis non loin du village. Momo rêve de faire fortune et tout est prétexte à capitalisation.

Ellie, le pilote américain qui n’osera pas avouer comment il est arrivé là, n’osant même pas se l’avouer à lui-même, se contentant d’espérer qu’on vienne le chercher le plus vite possible.

Mère chère, la maman de Momo et Ali, dévouée à son foyer et à ses enfants mais démunie quand vient à manquer une denrée indispensable pour préparer les repas.

Clebs, le chien de la famille, qui, lui, observe les humains et leurs actions d’un œil extérieur et bourré d’intelligence.

Je vous invite à découvrir ce superbe roman, cette littérature encore peu connue dans l’hexagone, cette harmonie des mots pour ouvrir vos horizons et découvrir un monde dont on a souvent une vision tronquée.

 

Un extrait :

[Ellie] Sans mes raids, comment parviendrait-elle à sauver cet endroit ? Si je ne pissais pas du feu depuis le ciel, qui aurait besoin qu’elle éteigne l’incendie au sol ? Pourquoi aurait-on besoin de quelqu’un qui étale des couvertures sur des bébés en flammes s’il n’y avait pas de bébés en flammes ? Si je n’éradiquais pas des foyers, qui procurerait des abris ? Si je n’oblitérais pas des villes, qui construirait des camps de réfugiés ? Si je ne détruisais pas, qui reconstruirait ? Où irait toute l’empathie du monde ? Qui organiserait des expositions de photos à Berlin, qui organiserait des bals de bienfaisance à Londres ? Où les étudiants passeraient-ils leur année sabbatique ? Si j’arrête de porter cet uniforme, si je quitte mon emploi, la machine à sympathie du monde calera. On n’organise pas des veillées à la chandelle pour les morts de vieillesse ou les défunts par négligence.

 

 

4ème de couverture :

Un pilote américain se crashe dans le désert et, à l’évidence, le major Ellie n’est pas tout à̀ fait entrainé́ pour ce genre de pépin. Sa détresse monte d’un cran lorsqu’il découvre le contenu de son kit de survie : quatre bricoles et un mini paquet d’After Eight. Une chose est sûre, ça ne va pas être une partie de plaisir. À quelques kilomètres de là, dans un camp de réfugiés à l’abandon, Momo, un petit caïd de 14 ans, a lui aussi des problèmes : ses rêves de fortune stagnent à l’état de mirages ; son chien Clebs se prend pour ce qu’il n’est pas ; une pseudo – humanitaire s’est mis en tête de le prendre pour sujet de sa thèse sur « le mental des adolescents musulmans » ; pire enfin, son frère a disparu. C’est bien sûr dans ce nid de coucous que le major Ellie va trouver refuge…

Avec l’esprit, le goût pour l’absurde et l’humour qui font sa marque, Mohammed Hanif dit ses quatre vérités à notre monde qui ne tourne pas rond.

 

 

L’auteur :

MOHAMMED HANIF est né à Okara, au Pakistan. Il fait carrière comme pilote dans l’armée de l’air pakistanaise, qu’il quitte pour devenir journaliste. Diplômé de l’université́ d’East Anglia, il a été́ longtemps responsable de la section urdu de la BBC à Londres. Mohammed Hanif vit désormais au Pakistan. Après son premier roman Attentat à la mangue, finaliste du Booker Prize et couronné du prix Commonwealth 2009, il signe en 2012 Notre-Dame d’Alice Bhatti. Il vit aujourd’hui à̀ Karachi.

 

 

 

Des oiseaux rouge sang - La littérature en mouvement

Un pilote américain se crashe dans le désert et, à l'évidence, le major Ellie n'est pas tout à fait entraîné pour ce genre de pépin. Sa détresse monte d'un cran lorsqu'il découvre le contenu de son kit de survie : quatre bricoles et un mini paquet d'After Eight.

https://www.delcourt-litterature.fr



 

  • Editeur : Delcourt Littérature (mars 2019)
  • ISBN : 978-2413015840

 

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