EVADEZ-MOI

14 avril 2019

Les Mains Vides de Valerio Varesi

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Traduction par Florence Rigollet.

 Un nouveau roman de Valerio Varesi, je l’attends toujours avec impatience. En commencer un, c’est avoir l’impression de retrouver un vieil ami. C’est retourner en Italie et partager quelques heures avec Soneri, Colombo transalpin, auquel on s’est attaché.

Je commencerai par vous parler du décor et de l’ambiance, deux choses particulièrement importantes dans ces polars.

Après un décor brumeux et pesant dans Le Fleuve des Brumes où l’auteur nous faisait naviguer sur le Pô, après Les Ombres de Monteluppo où Valerio Varesi nous contait la montagne dans le froid et une impression de noirceur oppressante, nous voici dans Parme, en pleine canicule. Il fait chaud, c’est poisseux, l’impression de manquer d’air.

L’auteur sait jouer les tour-operators en créant, à chaque fois, une ambiance différente mais tellement bien instaurée qu’on la ressent par tous les pores de la peau.

Dans Les Mains Vides, Soneri fait face à une enquête pour homicide très complexe où se mêlent trafic de drogue, trafic d’influence, pègre, prostitution et bien sûr argent. Le flair du commissaire n’a pas pris une ride depuis sa dernière enquête et c’est encore un scenario parfaitement cohérent, tout en finesse et intelligence auquel nous avons à faire.

Même s’il s’agit d’un quatrième volet des enquêtes de Soneri, chaque roman peut être lu indépendamment des autres et si des personnages sont récurrents, à l’image de Angela, la petite amie du commissaire, ils sont remis en situation et la lecture n’est jamais entravée par des rappels des tomes précédents.

Le style reste le même, sur un tempo tranquille même s’il est un petit plus rapide que dans les autres opus. On savoure, on prend son temps pour démêler cette enquête, on flâne, parce qu’on veut, finalement, rester encore un peu plus longtemps avec ce personnage, cette écriture, ce talent.

Il y a des polars qui ne sont que surface, qui misent tout sur le flic bourrin et les scènes d’action avec des scénarios vides et sans intérêt. Et puis il y a les polars de qualité, avec du fond, où les différentes étapes pour résoudre l’enquête ne sont pas survolées, avec un décor et une ambiance, avec des personnages tout en qualités et imperfections et avec une écriture qui a du style. Les Mains vides fait partie de cette deuxième catégorie.

 

Un extrait :

Le ciel s’assombrit et tonna au loin sa rancœur tandis que le commissaire traversait le centre. L’air n’en demeurait pas moins irrespirable, compressé entre l’asphalte et les nuages bas. La sensation de vide qu’il avait éprouvée en présence de Gerlanda continuait de l’assaillir sans relâche lorsqu’il entendit les notes bouleversées de Gondo alterner avec le tonnerre. Ses accords étaient sporadiques et ne suivaient pas le tempo de la mazurka de Migliavacca, ils donnaient l’air d’être joués par des mains arthritiques. Gondo était devenu un musicien amnésique, on lui avait volé son vieil accordéon et du même coup, sa mémoire.

 

4ème de couverture :

" Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? " 

"Les mains vides" est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l'histoire tourmentée.

La chaleur humide et gluante du mois d'août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une " leçon " qui s'est mal terminée. D'autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l'argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu'un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s'est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l'instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices... humains ? 
prix Violeta Negra 2017 pour La Pension de la via Saff

 

L’auteur :

VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l'auteur de treize romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes, La Pension de la via Saffi et Les Ombres de Montelupo parus aux éditions Agullo. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues.

 

 

Editeur : Agullo (avril 2019)

Collection : Agullo noir

ISBN : 979-1095718543

 

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13 avril 2019

Manhattan Chaos de Michael Mention

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J’ai encore en mémoire, presque trois ans après, une lecture qui m’avait emportée comme peu ont réussi à le faire, un roman très noir, Bienvenue à Cotton's Warwick paru aux éditions Ombres Noires mais qui n’existent malheureusement plus aujourd’hui.

Michael mention peut avoir une plume extrêmement tranchante, brutale, sauvage.

Puis j’ai lu Power, édité chez Stéphane Marsan éditeur, roman d’ailleurs en sélection du Prix des Chroniqueurs de Toulouse Polars du Sud en 2018 et lauréat du prix du festival de Mulhouse. Dans celui-ci, le style était très différent, l’auteur nous faisant revivre une tranche d’histoire des Etats-Unis sur un fond musical omniprésent.

Avec Manhattan Chaos, nous ne sommes pas très loin de Power avec même un petit clin d’œil au roman, ainsi qu’à son roman Fils de Sam, paru en 2014.

Ici aussi, la musique est très présente puisque le héros de cette histoire est un personnage réel, Miles Davis, même si le roman est pure fiction et, allons-y franchement, un roman fantastique (je parle du genre).

Miles Davis, donc, alcoolique et camé, se retrouve en plein blackout électrique paralysant New-York en 1977, sans ses doses d’héro. Il décide de sortir en trouver et tombe sur un homme étrange qui lui propose d’allonger sa vie de quelques années. En échange, Miles va devoir faire des allers-retours dans le passé.

On découvre donc des volets de l’histoire de la ville depuis les premiers pionniers, en passant par la guerre de Sécession, le KKK, les Black Panthers et au milieu, le Fils de Sam.

Alors vous me direz que le voyage dans le temps n’est pas très original et je vous répondrai que vous avez raison. Là, l’originalité vient peut-être du personnage choisi par l’auteur même s’il est un peu trop appuyé et devient parfois franchement agaçant. Je vous dirai aussi que le côté intéressant du roman, c’est la relecture de certains faits historiques qui ont entaché Big Apple.

Il faut admettre que le roman est prenant, se lit au même rythme que l’écriture, soit très vite mais je n’ai pas été emballée. Il y a du « trop » et du « pas assez ». Trop de séquences de retour en arrière, pas assez développées, trop de Miles Davis, personnage finalement peu sympathique et trop appuyé. Une impression de tout mis pêle-mêle, vite fait bien fait. Ça aurait pu être une belle fresque, ça reste un roman sympathique mais pas marquant.

 

 

4ème de couverture :

New York, 13 juillet 1977. Un black-out total paralyse Manhattan et fait basculer la vie de Miles Davis.

New-York, 1977. 
L'été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Son of Sam rôde dans les rues. 
Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s'enlise dans la dépression. Mais nous sommes le 13 juillet, et tout va basculer. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d'habitants sont alors plongés dans l'obscurité : c'est le black-out et la panique s'empare de la ville. Forcé de sortir, Miles va errer dans les rues prises d'assaut par la foule et entamer un trip halluciné qui lui fera revivre certains des épisodes les plus marquants, les plus tragiques, de l'histoire de la grosse pomme. 

 

 

L’auteur :

Michaël Mention est né en 1979. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Etudiant, il intègre un atelier d'écriture et rédige des chroniques satiriques, avant d'écrire son premier roman. Passionné de rock et d'Histoire, sa trilogie policière consacrée à l'Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015. 
Son roman Power (Stéphane Marsan, 2018) a reçu le Grand Prix au Festival Sans Nom de Mulhouse en 2018. 

 

 

  • Editeur : 10 X 18 (mars 2019)
  • Collection : Grands détectives
  • ISBN: 978-2264072702

 

Posté par LauLo-EvadezMoi à 17:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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