EVADEZ-MOI

19 janvier 2020

Mourir la nuit de Anne-Cécile Huwart

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Un grand chroniqueur belge m’a récemment hautement recommandé ce livre paru chez On lit éditions.

Je ne connaissais ni l’auteur, ni la maison d’édition, mais j’ai dit « pourquoi pas ».

Ce texte n’est pas un roman, ni même ce qu’on appelle une docu-fiction. C’est bel et bien un documentaire.

L’auteure est journaliste et a suivi pendant plusieurs mois les équipes de la Crim de Bruxelles pour couvrir deux enquêtes simultanées.

La première concerne un homme, homosexuel, retrouvé poignardé dans son appartement.

La seconde, un SDF battu à mort est retrouvé sur une passerelle.

Je ne suis pas fan des témoignages en général mais ce livre là se lit comme un polar avec un avantage sur la plupart des thrillers que l’on peut lire : sa cohérence.

Comme il est dit dans le texte : la Crim ce n’est pas Les Experts, c’est Maigret. En effet, les enquêtes reposent bien plus sur l’enquête de voisinage ou la vision des bandes des caméras de surveillances que sur l’analyse scientifique de la scène de crime. De plus, dans ces deux cas, le relevé d’empreintes se révèle même plus parlant qu’un relevé d’ADN.

Alors bien sûr, le ton reste très journalistique, le style un peu brut de décoffrage, mais si on ne vous dit pas qu’il s’agit d’une non-fiction, vous lirez tout simplement un vrai polar avec deux enquêtes qui vont de la découverte des corps jusqu’à l’inculpation, ou pas, des présumés coupables.

C’est aussi l’occasion de découvrir la face cachée de Bruxelles et ses problèmes de prostitution, de violence, d’alcoolisme et la misère de ceux qui dorment sur ses trottoirs.

Merci à Michel Dufranne pour cette sympathique découverte.

 

Présentation de l’éditeur :

Un matin de février, deux corps mutilés sont découverts à Bruxelles : celui d'un SDF dans un parking, puis celui d’un nanti dans son appartement. La commissaire Natacha Barthel arrive sur les lieux. À ses côtés, une journaliste autorisée à couvrir les deux enquêtes. Ça sonne comme un polar. Sauf que tout est vrai ! Anne-Cécile Huwart livre le récit de cinq années de reportage sur les pas de la Crim'.

 

L’auteure :

Anne-Cécile Huwart est journaliste indépendante. Elle a travaillé et travaille pour différents médias dont Le Soir, Moustique, Le Vif l'Express ou encore Médor, sur des enquêtes et des reportages au long cours. Elle a été finaliste du prix Belfius 2019. Mourir la nuit est son premier livre. À la croisée du journalisme et du policier, son récit se situe dans un genre peu exploré en Belgique : la littérature du réel.

 

 

Mourir la nuit

Un matin de février, deux corps mutilés sont découverts à Bruxelles : celui d'un SDF dans un parking, puis celui d'un nanti dans son appartement. La commissaire Natacha Barthel arrive sur les lieux. À ses côtés, une journaliste autorisée à couvrir les deux enquêtes. Ça sonne comme un polar.

https://www.onlit.net



 

Editeur : ONLIT (novembre 2019)

ISBN : 978-2875601148

 

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17 janvier 2020

La certitude des pierres de Jérôme Bonnetto

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J’ai découvert les éditions Inculte un peu par hasard même si j’avais entraperçu quelques chroniques sur le web. Et puis j’ai lu et chroniqué le roman d’Alexandre Civico qui fait partie de l’équipe éditoriale. Il m’a parlé un peu de la maison et j’ai eu envie d’aller fouiner dans leur catalogue.

J’ai porté mon dévolu sur La certitude des pierres de Jérôme Bonnetto, attirée par cette couverture sobre mais qui promettait une bonne dose de noir.

Encore une fois, le thème n’est pas nouveau : un « presque » étranger qui arrive dans un village pour y construire sa vie face à des autochtones peu accueillants qui vont tout faire pour le faire partir.

On pensait le thème éculé mais ce roman m’a prouvé le contraire.

On retrouve les thèmes du rejet de l’étranger, des petites mesquineries de clocher.

On rencontre le maire et sa clique, pas très évolués, plutôt bruts de décoffrage et pas vraiment sympathiques.

On est une race, un bois. La mesure se prend dans le ventre, on ne trouverait pas vraiment les mots pour bien l’expliquer. Ça se sent, voilà tout. C’est qu’on vient d’un pays à l’intérieur d’un autre pays comme la langue chante son accent local, son vocabulaire, une autre langue au fond de la langue, d’autres hommes parmi les hommes. C’est la terre qui décide ici, c’est elle qui trace les mêmes lignes sur les fronts, les mêmes corps aux pieds, les mêmes gestes. On est un bois, un bloc, une race.

On se comprend. On fait à notre idée. On a nos règles, les seules qui vaillent. Les autres peuvent passer, on les salue, de loin, comme ça. Du plus loin possible.

Mais l’auteur amène aussi le personnage de Guillaume, un jeune homme sans histoires qui rêve de devenir berger. Il est travailleur, courageux, mais aussi obstiné et ne craint pas de tenir tête à tout un village.

Il venait à peine d’écarter un pan du rideau de Ségurian qu’il croyait déjà comprendre la langue intime du village qui résonnait en lui. Un appel, un chuchotement aimable dans la langue des sentiments. Il voyait en Ségurian l’un de ces lieux qui vous choisissent, qui vous tiennent, et contre lesquels on ne peut rien. Il pourrait être heureux ici.

L’histoire se déroule sur plusieurs années et les rancœurs et jalousies ne prennent pas une ride, s’enhardissent même, jusqu’à ce que l’abcès se crève.

Au-delà de cette magnifique histoire, c’est une écriture maîtrisée et superbe que l’on retiendra, un style que je n’ai trouvé que chez quelques auteurs français.

Ce sont des phrases qui vous transportent, arrivent à vous émouvoir et à donner à ce texte une force peu commune.

C’est un petit bijou de noir que je suis ravie d’avoir déniché.

 

 

4ème de couverture :

Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d’installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi. Accueilli comme une bête curieuse par les habitants du village, Guillaume travaille avec acharnement ; sa bergerie prend forme, une vie s’amorce.

Mais son troupeau pâture sur le territoire qui depuis toujours est dévolu à la chasse aux sangliers. Très vite, les désaccords vont devenir des tensions, les tensions des vexations, les vexations vont se transformer en violence.

 

 

L’auteur :

Jérômo Bonnetto est né à Nice en 1977 il vit désormais à Prague où il enseigne le français. La certitude des pierres est son troisième roman.

 

Editeur : Inculte (janvier 2020)

ISBN : 978-2360840274

 

 

La certitude des pierres - Jérôme Bonnetto - éditions inculte

Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d'installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi.

https://inculte.fr



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