EVADEZ-MOI

21 septembre 2017

Le Zoo de Gin Phillips

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Joan et son fils Lincoln passent la fin d’après-midi au zoo, un de leurs endroits préférés. Alors que l’heure de la fermeture approche, Joan entend des claquements.  Elle et Lincoln se dirigent vers la sortie et Joan réalise alors que les claquements étaient en fait des coups de fusil. Elle aperçoit des corps allongés parterre. Elle prend alors la seule décision qui s’impose, trouver un endroit pour se cacher avec son fils du ou des tueurs. Des heures d’angoisse vont suivre.

 

Mon avis :

Voici un thriller qui va vous tenir accroché à ses pages.

De l’action, du suspense, tout y est pour vous faire passer un très bon moment de lecture.

Le thème est très bon et le point de vue est original. Ici, aucune description de massacre comme on pourrait s’y attendre mais l’angoisse et le courage d’une mère pour sauver, avant tout, son fils. Cet angle d’approche, du côté des victimes, fait toute la différence dans ce roman.

L’auteur ne s’embarrasse pas vraiment d’un temps de mise en place des lieux et personnages, au final très restreints. Vous plongez directement dans l’action. Aucun temps mort dans ce thriller très à l’américaine.  Les chapitres sont courts, ce qui apporte encore du rythme à l’histoire.

Le message est aussi très pédagogique. Le terrorisme ne vient pas forcément d’extrémistes, qu’ils soient musulmans, d’extrême droite ou d’extrême gauche, mais aussi de n’importe qui, n’importe où. Le choix du décor est aussi judicieux. Si cette même trame s’était déroulée dans un cinéma ou dans une école, d’ailleurs, l’allusion à Colombine est clairement présente, ce roman aurait clairement un air de déjà vu, ou déjà lu.

L’écriture est rythmée, à l’image de l’action qui se déroule entre ces pages. Le style est léger. Les personnages auraient mérité peut-être d’être un peu plus développés. Même si leur psychologie est abordée, elle reste survolée. Ici, seule l’action prime.

Il reste un thriller très agréable à lire, sans scène réellement violente.

On pourra regretter de ne pas en savoir plus sur le devenir de certains personnages. La fin est un peu abrupte mais laisse le champ libre aux interprétations personnelles et j’apprécie beaucoup ce genre de final.

Un excellent moment de lecture.

L’auteur fait une bonne entrée dans le genre thriller, sans doute à approfondir, mais assurément un roman qui ravira les addicts du genre.

 

Extrait :

Destin disait : « Les modèles de référence sont dangereux. Les modèles de référence vous apprennent à ne pas réfléchir ? L’histoire ne se répète pas, Rob. Chaque seconde est une nouvelle chose. »

Destin disait : « Si vous êtes de ceux qui voient la vérité, vous devez essayer de vous éduquer. Montrez aux gens à quel point ils sont limités, et peut-être qu’ils essaieront de dépasser ces limites. »

Robby aimait cette idée. Il voulait montrer aux autres à quel point ils étaient limités.

 

4ème de couverture :

Quand le monde est une jungle, les mères deviennent lionnes. 
Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de quatre ans, Lincoln, sont dans leur coin préféré, à l'écart du chemin principal. Ils profitent des dernières minutes. Mais quand ils se dirigent vers la sortie, ce qu'ils découvrent transforme cette journée de rêve en cauchemar : des corps étalés sur l'herbe, des hommes armés de fusils. Sans réfléchir, Joan prend son enfant dans ses bras et court, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à ce que ses muscles la brûlent.
Pendant trois heures, la mère et son fils vont se retrouver piégés avec les animaux et les tueurs. Pour sauver Lincoln, Joan est prête à tout... même au pire.

 

L’auteur :

Gin Phillips est l’auteur de cinq romans, dont The Well and the Mine, lauréat du Noble Discover Prize en 2009. Depuis, ses œuvres ont été vendues dans plus de vingt-neuf pays. Née à Montgomery, en Alabama, Gin Phillips est diplômée de journalisme politique à l’Université de Birmingham. Elle a écrit des articles pour des magazines pendant plus d’une dizaine d’années, navigant entre l’Irlande, New-York et washington, avant de revenir vivre dans sa terre natale, en Alabama. Aujourd’hui, elle habite à Birmingham.

Le Zoo est son premier thriller.

 

Editeur : Robert Laffont

Collection : La Bête Noire

Prix : 18,90 € 
Date de parution : 21/09/2017
ISBN : 9782221202163
ISBN version numérique : 9782221202166
Nombre de pages : 304

Traduction : Dominique Haas

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10 septembre 2017

Glaise de Franck Bouysse

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1914. Les hommes sont mobilisés pour cette guerre qu’ils croyaient rapide. Au fin fond du Cantal, seuls restent dans les fermes et villages les anciens, les femmes, les enfants et ceux qui ne sont pas aptes au service.

Joseph, adolescent, reste avec sa mère et sa grand-mère. Léonard, leur voisin, leur apporte toute l’aide possible.  A la ferme voisine, Valette vit avec sa femme Irène.

Quand la belle-sœur de Valette arrive avec sa fille Anna, la vie de Joseph va être bouleversée. Valette lui, ne le supportera pas.

 

Mon avis :

Il y a tant à dire qu’il est difficile de trouver les mots pour une chronique à la hauteur de ce chef d’œuvre.

Dans ce roman, tout est vraiment du « grand art ».

Commençons par le style et l’écriture. C’est ce qui m’a le plus époustouflée. Franck Bouysse n’a rien à envier aux auteurs « classiques ». Le niveau littéraire est très haut et totalement maîtrisé. On croirait lire de l’Hugo ou du Zola tant la plume est belle, poétique, précise et riche. Le texte est incroyablement travaillé, tout comme les personnages.

L’histoire, bien que dramatique, est aussi une histoire d’amour magnifique. Roman initiatique d’une adolescence par temps de guerre, représentation minutieuse de vies brisées par la perte de pères, de maris, de frères ou d’enfants, ce roman est très fort, parfois violent.

Enfin, les personnages…

Joseph, personnage central du roman, est un adolescent. Trop jeune, il reste à la ferme avec sa mère, Mathilde et sa grand-mère. Son père, Victor, a été envoyé au front. Au décès de sa grand-mère, Joseph reste seul avec Mathilde qui s’étiole de jours en jours.

Léonard, son voisin, est un vieil homme. Il les aide comme il peut et joue un peu le rôle de père par substitution auprès de Joseph.

Valette, lui, n’a pas été mobilisé en même temps que son fils à cause d’un handicap. Amer, méchant, alcoolique, il vit reclus avec sa femme.

Hélène et Anna, sa belle-sœur et sa nièce, s’installent chez Valette en attendant que le mari d’Hélène revienne de la guerre. Très vite Valette va les considérer comme sa « propriété ».

Des personnages très forts, courageux ou méprisables ; des tranches de vies difficiles, dramatiques ou poétiques. L’auteur nous fait ressentir l’amour, la rage, la peur et la détresse. C’est un roman très dur mais magnifique.

En relisant mon avis, il est clair que je n’arrive pas à exprimer combien ce roman est magistral et je le regrette.

Une chose est sure, le talent de Franck Bouysse est énorme.

 

Extrait :

Là aussi, il m’a été difficile de choisir un passage. J’en ai relevé des dizaines au cours de ma lecture.

On entendit la mère crier un matin de Septembre, et son cri se répercuta dans toute la vallée en un innommable écho, une âme déchirée. Quand elle ressentit la traversée de son corps par une balle de Mauser C96, une balle enfantée par son propre fils, une simple balle qui transperça le village tout entier. Car, l’onde de choc de ce cri venait à lui seul confirmer la peur, et détruire les dernières illusions. Maurice Pionier, premier de toute une série de noms que l’on graverait bientôt à la surface d’une pierre dormant encore au creux d’une paisible carrière baignée de chants d’oiseaux, des noms que l’on répéterait parfois en un sinistre bégaiement sur le monolithe à la gloire de la grande coupable. Des noms gravés avec cette balle de fusil, qui n’en finirait jamais de sculpter la mort au cours des quatre années de guerre qui allaient suivre. Tous les cris qui allaient sortir d’autres bouches, toutes les larmes qui déborderaient d’autres yeux et toute l’impuissance qui ravagerait les cœurs soumis. Ce premier cri, qui fit désespérer lus uns, se préparant au pire, à crier à leur tour, quand d’autres se prenaient à espérer, attendant de voir paraître un corps aimé, même estropié, qu’il en revînt au moins quelque chose.

 

4ème de couverture :

Au pied du Puy-Violent dans le Cantal, à Saint-Paul de Salers, dans la chaleur de ce mois d'août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre, là- bas, loin. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants, même si on pense revenir avant l'automne, les travaux de champs ne patienteront pas. Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin devenu son ami. Dans une ferme voisine, c'est le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancœurs et à sa rage : une main atrophiée lors d'un accident l'empêche d'accomplir son devoir et d'accompagner les autres hommes. Même son frère, celui de la ville, est parti à la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Marie se réfugier dans la ferme des Valette. L'arrivée des deux femmes perdue va bouleverser l'ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

 

L’auteur :

Franck Bouysse est enseignant en Biologie à Limoges. Il voue depuis longtemps une passion pour la lecture de romans noirs, thrillers, une passion qui le pousse à écrire lui-même.

En 2004, il publie un premier roman "La paix du désespoir" aux Éditions Le Manuscrit, roman dans lequel il s'attache déjà à la psychologie de ses personnages. Il récidive quelques années plus tard, en 2007, avec son premier roman noir "L'entomologiste" qui est publié chez un éditeur limougeaud Lucien Souny. Sur ce roman, l'auteur explique que « l'intrigue ne lui sert que de prétexte pour la mettre au service de ses personnages de la vie courante, afin d'étudier leur psychologie. »

Dès 2008, paraît "Le Mystère H.", chez Les Ardents Éditeurs, jeune maison d'éditions de Limoges. Avec ce titre, il entame une trilogie avec un « roman d'aventure qui revisite les grands mythes des romans noirs autour de la figure énigmatique du personnage de H. » L'intrigue se situe à la fois dans les villes de Limoges et... à Londres, où se déroule plus précisément le second opus paru en mars 2010, "LHondres ou les ruelles sans étoiles". Passionné de BD et de photographie, Franck Bouysse a déjà écrit des textes s'y rapportant et dans ces deux romans de la série H., « des balises de lumière au milieu de l'encre noire contribuent à donner une ambiance hypnotique », ce sont les aquarelles réalisées par un autre passionné « d'atmosphères fin de siècle », Pierre Demarty.

Franck Bouysse se fait connaître dans les salons régionaux du Livre et participe à des séances de lecture. Il a participé avec "L'entomologiste" au Festival International du film policier de Liège 2009, qui remet chaque année "Le Prix de la Plume de Cristal". Tout en poursuivant l'écriture du troisième opus de H, il songerait à donner une suite à L'entomologiste, histoire de retrouver le capitaine Jacques Belony et le lieutenant Marie Dalençon, les personnages auxquels il a donné vie et s'est attaché. 
Il réalise également les dossiers introductifs de l’intégrale BD de Théodore Poussin (par Frank Le Gall) et participe ça et là à divers projets collectifs. 

Source : http://fichesauteurs.canalblog.com

 

  • Broché: 425 pages
  • Editeur : Manufacture de livre éditions (7 septembre 2017)
  • Collection : LITTERATURE
  • Prix : 20.90 euros
  • ISBN13: 9782358872393

 

 

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09 septembre 2017

Tout est Brisé de William Boyle

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Erica vit seule avec son père, quasiment impotent, depuis le décès de son mari et de sa mère. D’un caractère hargneux, le vieil homme ne lui facilite pas la vie.

Son fils Jimmy ne lui donne plus de nouvelles depuis longtemps. Marginal, alcoolique, sans domicile fixe et homosexuel, Jimmy est au fond du trou.

Sans le sou, sans toit, il se résout à retourner chez sa mère. Il rencontre alors Frank dans un bar. Il va devenir leur ami et tenter de les rapprocher.

 

Mon avis :

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune sur un groupe Facebook dédié à la littérature Nord Américaine, tous genres confondus.

Si vous aimez ou voulez découvrir cette littérature, rendez-vous ici :

 

Picabo River Book Club

Bienvenue/Welcome ! Picabo River Book Club est un club de lecture spécialisé dans la littérature nord-américaine. Le terme Picabo rend hommage à la culture amérindienne, ce mot signifie "eaux étincelantes". Petite anecdote : Hemingway aimait pêcher à la mouche sur la Silver Creek qui se situe près de Picabo en Idaho.

http://www.facebook.com



Autant le dire tout de suite, ce roman n’était pas fait pour moi.

L’écriture est belle, sans conteste. La noirceur y est profonde et totale.

Les personnages sont très forts.

Erika tout d’abord. C’est une femme qui vient de passer les pires moments de sa vie, à veiller jusqu’à la mort deux êtres chers. Son mari, décédé d’une tumeur au cerveau et sa mère, des suites d’une opération.

Son fils a arrêté ses études et est parti sans laisser d’adresse, sans donner de nouvelles.

Enfin son père, malade et âgé, quasiment impotent, a un caractère hargneux, à la limite de la méchanceté et du harcèlement moral.

Jimmy, lui, a souffert du rejet de son père à l’annonce de son homosexualité. Alcoolique, dépressif, il n’a plus ni ami, ni toit, ni argent. Dans une impasse, il est obligé d’appeler sa mère à l’aide et de retourner chez elle.

Alors pourquoi je n’ai pas accroché à ce roman ?

Beaucoup trop déprimant pour moi. Même si j’aime la noirceur, j’ai besoin d’une petite lueur, quelque part. Et ici, tout est sombre, triste et sans espoir. Dans ce roman, votre empathie doit être exercée au maximum et j’ai atteint mes limites.

Je retiens cependant l’écriture et le style, particulièrement travaillés.

Pour les amateurs de drames.

 

4ème de couverture :

Tout semble brisé dans la vie d'Erica qui ne peut compter sur l'aide de personne pour s'occuper de son père, tout juste sorti de l'hôpital. Son fils Jimmy, qui arrive à l'improviste après plusieurs années de silence, ne lui offre aucun soulagement car lui-même se sent mal à l'aise face à sa famille dans ce quartier de Brooklyn trop hanté par ses souvenirs. Il prend au contraire une nouvelle fois la fuite pour se réfugier chez des amis, à 80 km de l'Etat de New York, où il se sent plus perdu que jamais. Alors qu'une tempête se prépare, Jimmy appelle sa mère, et Erica n'hésite pas à prendre la route en affrontant les éléments déchaînés pour venir au secours de ce fils devenu sa seule raison de vivre. Et tous deux se retrouvent dans une atmosphère de fin du monde. William Boyle revient ici au décor et aux personnages de Gravesend qu'il évoque avec une mélancolie déchirante, celle-là même que lui inspire Bob Dylan lorsqu'il chante Everything is broken.

 

L’auteur :

WILLIAM BOYLE est né et à grandi à Brooklyn où il a exercé le métier de disquaire spécialisé dans le rock américain indépendant. Il vit aujourd'hui à Oxford dans le Mississippi.

 

Editeur : Editions Gallmeister (7 septembre 2017)

Collection : Americana

Prix : 22.40 euros

ISBN13: 9782351781616

Traduction : Simon Baril

 

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