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La Rouille est certainement le livre le plus étrange et peut-être le plus dérangeant que j’ai lu ces dernières semaines.

Eric Richer nous emmène dans un lieu, quelque part à l’Est. Un monde quasiment dénuée de présence féminine. Un environnement quasi psychédélique.

Les hommes et les enfants qu’on y rencontre sont des personnages très sombres.

Nói est un ado qui vit avec son père dans une casse auto. Il vit dans son monde fait de carcasses de voitures et part dans des rêves en sniffant des solvants et autre détergents. Son seul ami est son chien. Dès le premier chapitre de ce roman, on assiste à un moment violent quand le grand-père de Nói abat son chien. Nói va alors s’enfoncer encore plus dans son monde et ses délires lui feront apparaître un requin immatériel.

On ressent la solitude et le désœuvrement de Nói, la tristesse mais aussi la peur. Car dans cette communauté si fermée que l’on a tendance à croire que rien n’existe hors de ses limites, existe un rite de passage dans l’âge adulte. Une cérémonie barbare pour des enfants.

Je disais que ce roman est étrange… l’écriture est telle que vous êtes totalement transporté dans ce décor et cette ambiance, entouré des images déformées par les vapeurs que respire Nói pour s’évader de cette vie si dure et le tout sur fond de musique métal.

Je disais dérangeant… ce roman est vraiment très sombre, parfois flirtant avec le glauque ou le malsain. Il dérange mais ne choquera pas. Bien-sûr on va suivre Nói dans ses « bêtise » de jeune ado, bien-sûr on va l’excuser et presque se prendre d’affection pour lui. Parce que c’est un personnage d’une réelle portée dramatique.

C’est un roman sur le parfois difficile apprentissage de la maturité, sur le refus des conventions.

Quant à l’écriture, elle est changeante au fil du roman. Voulu ou pas, cela déséquilibre le texte. Passant d’un style assez brut mais de construction classique à des séquences très saccadées, phrases ultra courtes, parfois juste un ou deux mots, ce texte déconcerte. Il est de ceux qu’on aime ou qu’on déteste.

Pour ma part, je n’ai pas été séduite même si le personnage de Nói et le thème m’ont plu, l’ambiance générale du roman et le style m’ont vite lassée.

 

4ème de couverture :

Nói vit dans une casse automobile avec son père, quelque part dans un pays postsoviétique cerné de misère ordinaire. Bientôt, il devra passer le « Kännöst », un rite initiatique brutal, mystérieux et inquiétant imposé par les hommes de sa communauté. Entre soirées MMA, concerts de Métal et défonce aux détergents, Nói grandit comme il peut, chahuté par ses émotions, à l’ombre du grand père clanique et tyrannique. Sans jamais cesser de rêver de partir loin, très loin… 

 

L’auteur :

Éric Richer est né à Avignon en 1971. Grandit avec 7 chiens, lit beaucoup, étudie le cinéma, filme, projette, et part au Japon. Il y réalise un documentaire, revient, et retourne dans le Nóir des cabines de projection. La Rouille est son premier roman.

 

 

Editions de l'Ogre

Entre Sweet Sixteen de Ken Loach et Kids de Larry Clark , La Rouille vous attrape et ne vous lâche pas. La rouille, c'est la gangrène qui gagne le corps et l'âme de chacun, qui ronge et rend tout espoir de salut impossible.

http://www.editionsdelogre.fr



 

Editeur : Editions de l’Ogre (23/08/2018)

ISBN : 978-2377560141