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Je ne suis pas une adepte des romans historiques, qu’ils soient polars ou d’un autre genre littéraire. C’est donc avec le tout dernier paru chez Sonatine que je découvre Tim Willocks.

L’auteur nous entraine dans un polar caniculaire au cœur d’une Afrique du Sud où, même si l’Apartheid a officiellement été aboli, le fossé entre riches blancs et pauvres noirs relève plus, encore de nos jours, d’une faille terrestre sans fond que d’une chicane à traverser. Mais Tim Willocks tente de combler un peu de ce trou béant en montrant que même si tout n’est pas parfait, les mentalités tendent à évoluer.

Il faisait partie de la génération qui avait vécu les glorieux jours de la lutte anti-apartheid, mais il n’y avait pas pris part. Il n’était pas raciste, pourtant. Il était évident pour lui que Dieu avait distribué au sein de la race humaine toutes les qualités et les faiblesses avec une égalité parfaite. La haine, une autre évidence, n’avait pas besoin de disparités raciales pour prospérer. Si l’espèce humaine tout entière avait été d’une seule couleur, il y aurait toujours eu les innombrables et microscopiques différences de religion, politique, langage, classe et parenté pour justifier la répugnance mutuelle. Le mal et la stupidité de l’apartheid s’étaient clairement révélés, même aux intelligences les plus moyennes.

Le roman s’ouvre sur une soirée au Cap. Dirk, le fils d’une riche propriétaire Afrikaner, fête sa prochaine nomination au barreau avec des amis. Ivre mort, il renverse et tue une jeune fille noire sans logis. Ses amis décident de la laisser là et de prendre la fuite.

Entre alors en piste Turner, un flic noir qui travaille aux homicides et qui décide de mener une traque contre ce groupe de blancs.

Vous avez de l’or jusqu’à la gueule. Mais vous allez vous étouffer avec.

Parce que cette affaire est encore la mienne.

Elle a toujours été mienne.

Et je vais vous briser avec.

Bien à vous, etc.

Adjudant Turner.

On est là, au-delà du polar assassins-flics, sur un vrai combat d’identité ethnique, dans un pays où l’argent et le pouvoir reste encore aux mains des anciens colons. La corruption domine au vu et au su de tous, tous les coups sont permis sans criante de représailles.

On découvre aussi, et peut-être surtout, deux personnages très forts dans ce roman.

Turner, tout d’abord. C’est un flic solitaire qui enferme en lui une violence et une noirceur qu’on va découvrir tout au long de ce roman. Sa ténacité, son courage, son abnégation aussi vont le conduire toujours plus loin dans une escalade de violence jonchée de cadavres. Ce qui n’aurait pu être au départ qu’un accident dû à un abus d’alcool se transforme pour lui en une véritable guerre.

Ensuite, il y a le personnage de Margot, la mère de Dirk. C’est, outre une femme forte qui dirige son entreprise d’une poigne de fer, une mère. Une mère qui serait prête à tout pour protéger son fils, jusqu’à lui cacher ce dont il est responsable et dont il n’a aucun souvenir.

Deux personnages forts vont s’affronter dans ce roman, un choc des titans dans un désert assommé par la chaleur et la poussière. Mais, surtout, un très bon roman noir à l’atmosphère étouffante où sang et poussière se disputent le décor.

 

4ème de couverture :

Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s'annonce brillante à cause d'une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s'en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu'il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix. 

 

L’auteur :

Tim Willocks est né en 1957 en Angleterre. Grand maître d'arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. La Mort selon Turner est son quatrième roman chez Sonatine Éditions.

 

  • Editeur : Sonatine (11 octobre 2018)
  • Traduction : Benjamin Legrand (Anglais UK)
  • ISBN: 978-2355846724

 

 

La Mort selon Turner | Lisez!

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