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 Traduit de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu.

 

Une fois n’est pas coutume je suis « tombée » sur ce roman sur une publication d’un autre éditeur sur Facebook.

Je suis alors allée fouiner sur le site des éditions Do et ce roman m’a interpelée.

Je ne suis habituellement pas une amatrice de nouvelles ou de romans très courts, plus habituée aux romans plus consistants, je reste souvent sur ma faim.

Avec La nuit féroce, ça n’a pas été le cas. En guère plus de cent pages, tout est dit et non-dit, pour qui sait lire entre les lignes.

Le contexte : 1936, c’est le début de la Guerre d’Espagne qui a opposé pendant 3 ans, en résumant, les gens d’extrême droite dirigée par le tristement connu Franco et la gauche communiste. Les rivalités, les soupçons, la défiance entre villageois et par-dessus tout envers les étrangers au sens large du terme, à savoir quiconque n’est pas natif dudit village sont à leur paroxysme.

Un crime commis et les deux premiers « étrangers » qui passent par là sont traqués par les hommes du village.

Les personnages de ce roman sont divisés en trois : Les « hôtes », des villageois un peu moins bourrus, un instituteur qui n’est pas d’ici ; les « chasseurs » qui pourchassent les « innocents » pour faire justice eux-mêmes.

Dès le départ, un personnage diffère des autres mais trop en dire serait gâcher le plaisir et la sorte de sueur glacée qui vous viendra en lisant les dernières lignes.

C’est un petit roman noir à l’extrême, avec des personnages fort peu sympathiques mais une belle découverte alors je vous le recommande.

Sans parler de la superbe écriture, sombre mais poétique de Ricardo Menéndez Salmon.

 

Un extrait :

De tous les plaisirs que connaît l’homme, aucun n’est plus grand que celui de causer de la douleur. La contemplation de la beauté ou la transe de l’amour physique ne peuvent se comparer avec la jouissance de briser un os. Et le fait que les philosophes n’aient pas encore trouvé de raison convaincante, décisive, irréfutable, pour justifier cette caractéristique de la nature humaine, est un des plus profonds mystères qui soient. Car l’homme lance des ponts, domestique des forêts ou résout des problèmes mathématiques posés voilà des centaines d’années, mais tout son génie, toute sa patience et toute sa ferveur pâlissent devant l’énigme de sa méchanceté. S’ériger en justice, en seigneur, en oracle, tel est le rêve cultivé depuis des années par le père Aguirre.

 

4ème de couverture :

1936. Sur fond de guerre fratricide, dans un petit village au nom étrange entouré de montagnes, le maître d’école est invité à partager une table dans une des maisons du lieu. Mais le terrible meurtre d’une jeune fille fige cette scène et libère la brutalité qui sous-tend ce village isolé lorsqu’un groupe d’hommes part à la chasse au meurtrier. Deux innocents fuient, persécutés par la colère aveugle des hommes, tandis qu’une terrible suspicion prend forme.

 

L’auteur :

Ricardo Menéndez Salmón est né à Gijón en 1971, où il vit. Il est licencié de philosophie, directeur de collection, critique littéraire, auteur de livres de voyage, de nouvelles et de romans. La Philosophie en hiver est le dernier volet de La Trilogie du mal, après L’Offense, dédiée à la guerre (Actes Sud, 2009) et Le Correcteur, dédié à la peur (Éditions Jacqueline Chambon, 2011).

 

 



 

Editeur : Do Editions (juin 2020)

ISBN : 9791095434252