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Il y a trois ans (déjà) sortait, à La Manufacture de Livres, 115. Un roman où Benoît nous parlait de sa ville, de ma ville, Toulouse, et du travail sans fin des services sociaux. C’était un roman noir et social.

Cette année parait, chez le même éditeur, Tuer le fils.

On reste dans le Noir.

Mais quel changement dans l’écriture ! Et pour mon plus grand plaisir. Même si j’aimais déjà le style de l’auteur, j’ai lu ici un roman que j’ai ressenti comme plus personnel.

Benoît Séverac, par le biais de l’enquête menée sur un meurtre déguisé en suicide par l’inspecteur Cérisol, nous parle de l'amour d'un fils pour son père et d'un père qui n'a pas su aimer son fils. Le roman commence par l’incarcération du fils de la victime, Matthieu Fabas, accusé du meurtre de son père. Matthieu raconte son histoire à un auteur venant au centre pénitentiaire afin d’animer un atelier d’écriture qui la lui fait mettre en mots.

Ce roman parle de l’amour de ce fils pour son père, de rejet. On parle de violence plus morale que physique, celle qui blesse, détruit et déconstruit un enfant.

C’est un texte qu’on pourrait croire conciliant mais peu à peu, on se rend bien compte qu’il n’en est rien et au fur et à mesure, on devient un peu voyeur, voir intrusif dans la vie de Matthieu, un peu comme cet auteur qui montre un intérêt particulier à ce garçon.

Benoît Séverac a lui-même animé des ateliers d’écriture en milieu carcéral. Comment ne pas l’imaginer dans le rôle de cet auteur, un peu psy, un peu protecteur, un peu…

Etant de la même région que l’auteur, j’ai été un peu perturbée par les noms de personnages, puis ça m’a fait sourire, car ils sont presque tous des noms de petites villes et villages que je connais très bien, sans compter les clins d’œil à quelques copains. Le roman ne se passe pas dans le Sud, mais on y est quand même.

Benoît Séverac change de style, change de thème, et ça lui va très bien. Il sait toujours garder une sorte de distance et de neutralité envers ses personnages que peu d’auteurs savent mettre.

C’est bon et même très bon.

 

4ème de couverture :

Matthieu Fabas a tué parce qu’il voulait prouver qu’il était un homme. Un meurtre inutile, juste pour que son père arrête de le traiter comme un moins que rien. Verdict, 15 ans de prison. Le lendemain de sa libération, c’est le père de Matthieu qui est assassiné et le coupable semble tout désigné. Mais pourquoi Matthieu sacrifierait-il une nouvelle fois sa vie ? Pour l’inspecteur Cérisol chargé de l’enquête et pour ses hommes, cela ne colle pas. Reste à plonger dans l’histoire de ces deux hommes, père et fils, pour comprendre leur terrible relation.

 

L’auteur :

Benoît Séverac est auteur de romans et de nouvelles en littérature noire et policière adulte et jeunesse. Ses romans ont remporté de nombreux prix, certains ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre.

Ils font la part belle à un réalisme psychologique et une observation sensible du genre humain. Chez Benoît Séverac, ni bains de sang ni situations malsaines. L’enquête policière n’est souvent qu’un prétexte à une littérature traversée par des thèmes profonds et touchants, et une étude quasi naturaliste de notre société.

 

 

Tuer le fils

Benoît SÉVERAC Matthieu Fabas a tué parce qu'il voulait prouver qu'il était un homme. Un meurtre inutile, juste pour que son père arrête de le traiter comme un moins que rien. Verdict, 15 ans de prison. Le lendemain de sa libération, c'est le père de Matthieu qui est assassiné et le coupable semble tout désigné.

https://www.lamanufacturedelivres.com



 

Editeur : La Manufacture de livres (Février 2020)

ISBN : 978-2358876070