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EVADEZ-MOI

18 février 2024

Orange Amère - Ann Patchett - Actes Sud

orange amère

 

 

Je vous avais déjà parlé d’Ann Patchett, il n’y a pas si longtemps, quand je vous ai présenté Anatomie de la stupeur.

Aujourd’hui je souhaitais vous présenter, pour celles et ceux qui ne l’ont pas lu, Orange Amère, une traduction de Hélène Frappat.

Ann Patchett nous fait ici partager la vie de deux familles recomposées qu’un drame va lier à tout jamais : la famille d’Albert Cousins, sa femme Teresa et leurs quatre enfants et la famille de Fix Keating, Beverly et leurs deux filles. Au baptême de Franny, la benjamine de Fix, Albert et Beverly tombent amoureux et se marient quelques temps plus tard. Ils prennent ensuite l’habitude de réunir leurs six enfants, l’été, en Floride.

Les enfants sont épris de liberté et la plupart du temps livrés à eux-mêmes les chauds après-midis d’été. Cal, Caroline et Holly sont les ainés, Albie, Franny et Jeannette les plus jeunes.

Un drame va survenir mettant fin aux étés de liberté des six enfants.

Ils vont grandir, partir, faire leurs vies et Ann Patchett va nous les faire accompagner avec ce drame au fond de chacun d’eux, la nostalgie de leur enfance partagée, la tristesse de voir leurs parents vieillir.

Cela pourrait vous paraître une histoire banale mais c’est sans compter sur le talent de conteuse d’Ann Patchett, sa merveilleuse écriture.

Elle parvient à immerger totalement le lecteur au sein de ces deux familles parce qu’au fond, ce qu’ils vivent, c’est un peu de ce que chacun de nous rencontre comme épreuves au cours de sa vie. La jeunesse, le mariage, les naissances, la maladie, la vieillesse et le deuil. Et peut-être que l’autrice arrive à rendre ces choses plus douces, peut-être qu’elle montre qu’on peut survivre à une perte inacceptable, que le temps n’efface rien mais apprend à supporter l'insupportable, ou peut-être pas. Je vous laisserai juger.

Si on aime Joyce Carol Oates ou Laura Kasischke, alors on ne peut qu’aimer Ann Patchett.

C’est chez Actes Sud en collection poche Babel.

 

Résumé éditeur :

Au baptême de Franny, la fille d’un flic qu’il connaît vaguement, Albert, oubliant femme et enfants, succombe à la beauté renversante de Beverly, la mère du bébé au centre de toutes les attentions en ce jour de 1964.

Albert et Beverly se marient et réunissent, chaque été, leurs six enfants – un petit clan livré à lui-même – en Floride où ils se sont installés. Jusqu’à ce qu’un drame fasse voler en éclats cette fratrie recomposée.

Des années plus tard, alors qu’elle travaille comme serveuse, Franny a l’honneur de faire la rencontre d’un auteur culte qu’elle révère. Devenue sa compagne, elle lui raconte son histoire, dont il s’empare pour revenir sur le devant de la scène littéraire. L’immense succès du roman va faire ressurgir la tragédie familiale et raviver les blessures de cette tribu éparpillée.

 

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13 février 2024

La nuit tremble - Nadia Terranova - La Table Ronde - Quai Voltaire

5 la nuit tremble

 

Dans la collection Quai Voltaire des Editions de la Table Ronde je trouve souvent de vraies pépites.

Ce mois-ci, j’ai été attirée par Tremble la nuit de Nadia Terranova, dans une superbe traduction de Romane Lafore.

Ce roman a pour décor la Sicile et le Sud de l’Italie où un tremblement de terre a ravagé plusieurs villes au début du siècle dernier. Ces endroits et cette catastrophe ont bien eu lieu. Cependant, Nadia Terranova a choisi de nous faire accompagner deux victimes de ce séisme.

Il y a Barbara une jeune femme qui veut fuir sa famille et a rejoint sa grand-mère afin de ne pas épouser l’homme que son père a choisi. Barbara rêve d’opéra et de liberté.

Il y a Nicola, un jeune garçon de 10 ans maltraité que sa mère démente enferme chaque soir dans une cave.

Tous deux sont malheureux mais n’imagine pas ce qui les attend. Se relever des décombre, se rendre compte qu’on n’a plus rien ni personne, subir la faim et la soif. Se reconstruire dans un couvent ou auprès d’étranger.

Deux vies en parallèle, sur deux rivages l’un en face de l’autre.

Le texte, les personnages, l’écriture, tout est subjuguant. Ce roman se lit comme un conte cruel mêlant Histoire véridique, arts divinatoires, destinée et rédemption. Le style est magnifique et c’est là qu’il faut encore saluer la traductrice pour avoir su restituer une musicalité à ce texte.

A découvrir absolument.

Quai Voltaire – février 2024

Traduction Romane Lafore

 

Résumé éditeur :

Le 28 décembre 1908, un tremblement de terre détruit une partie de la Sicile et du Sud de l'Italie, causant la mort de milliers de personnes. Au milieu des gravats, deux jeunes gens, Barbara et Nicola, tentent de survivre. À Messine, Barbara, qui rêvait d'étudier à l'université et d'écrire un roman, y voit presque une chance d'échapper au mariage que voulait lui imposer son père. Renonçant à partir à sa recherche, elle s'aventure seule dans la ville en ruine. De l'autre côté du détroit, à Reggio de Calabre, Nicola, fils du parfumeur Fera dont l'eau de bergamote embaume toute l'Italie, étouffait sous l'emprise d'une mère au bord de la folie, obsédée par le diable. Deux héros aux destins liés entre autres par une mystérieuse voyante à l'accent français... C'est une Italie tiraillée entre deux époques que vient ébranler le séisme, dont Messine renaîtra grandie, tournant définitivement la page du XIXᵉ siècle.

7 février 2024

Châtiment - Percival Everett - Actes Noirs

1 Châtiment

 

 

Voici un roman construit d’une manière telle qu’on en oublierait que le fond est si tragique.

Percival Everett, avec Châtiment, est parti d’un fait malheureusement authentique, le lynchage d’Emmett Till, 14 ans, en 1955, dans la ville de Money dans le Mississippi.

Cet état, comme beaucoup d’autres et particulièrement dans le Sud, a très longtemps pratiqué la ségrégation (est-ce vraiment terminé ?) et a été le berceau du KKK (mais doit-on en parler au passé ?).

Sans même changer les noms des protagonistes de ce drame, l’auteur imagine une vengeance à hauteur du crime avec les meurtres des descendants pas si innocents que ça des assassins du jeune Emmett, accusé à tort par une « blanche » de l’avoir sifflée dans la rue…..

Bien sûr, les histoires de vengeances sont habituelles dans les romans noirs.

Mais ici, rien n’est habituel.

C’est une fiction mais partant de faits réels, reprenant les noms des acteurs de ces faits et ça c’est très rare, même dans les « docu-fiction » les noms et lieux sont changés.

La ville est majoritairement « blanche » et ce sont deux flics noirs de l’antenne du FBI dans le Mississippi qui viennent mener une enquête qui dépasse le shérif « blanc », le tout dans cette ville de Money dont on voit qu’elle n’a pas évolué d’un iota depuis les années 50.

Mais ce n’est pas tout, Percival Everett y ajoute une sacrée dose d’humour à la façon de Joe Lansdale et ses deux personnages de Hap et Leonard avec ses deux agents spéciaux noirs qui doivent, en plus d’enquêter, subir les habitants de ce patelin qui ont bien du mal à surveiller leur langage et éviter certains quolibets.

Il en ressort un roman souvent très drôle avec un enquête originale, teintée de mystique. L’auteur ne réussit pas moins à faire passer son message et à rappeler à la mémoire de tous la mort d’Emmett tué pour un mensonge, à cause de la couleur de sa peau, par des imbéciles ignares, des bouseux dont même le meneur religieux faisant office de médecin légiste n’est autre que le grand chef des cagoulés à croix de feu.

Percival, en faisant s’exprimer ces personnages, en créant des situations parfois très drôles, prouve aussi que oui, on peut encore rire de (presque) tout sans pour autant salir la mémoire de qui que ce soit.

Un roman à ne pas rater chez Actes Noirs.

Traduction de Anne-Laure Tissut.

 

Résumé éditeur :

Une série de meurtres brutaux secoue la petite ville de Money, Mississippi : des hommes blancs sont retrouvés atrocement mutilés. Mais ces meurtres recèlent un mystère, car sur chaque scène de crime on retrouve un second cadavre qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Emmett Till, un garçon noir lynché dans la même ville en 1955.

Lorsqu’un duo d’enquêteurs tout en second degré est dépêché sur les lieux, il se heurte à la résistance attendue du shérif, de ses adjoints, du légiste et d’une cohorte de Blancs tous plus racistes les uns que les autres. Les deux agents spéciaux pensent avoir affaire à des crimes punitifs…

Dans cette comédie noire audacieuse et provocatrice, Everett a le racisme et les violences policières dans le collimateur et déploie son intrigue à un rythme effréné, ne laissant aucune chance au lecteur de détourner le regard.

3 février 2024

Quelquefois, ils leur pardonnent - Carl Nixon - Editions de l'Aube

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Quelquefois, ils leur pardonnent.

Mais qui Ils ?

Les relations familiales sont souvent difficiles entre parents et enfants. Souvent conflictuelles. Choc générationnel ?  Ignorance de la jeunesse ? Manque de maturité ? Incompréhension, mauvaises interprétations, susceptibilités, jalousies aussi.

Ce sont tous ces sentiments que Carl Nixon nous expose dans son nouveau roman.

Il nous immerge dans la vie des Waters. Le père a élevé ses trois enfants comme il a pu. Il a fait de mauvais choix et a fini par perdre ses enfants après avoir perdu sa femme. Davey, le beau gosse a sombré, Sam, la benjamine, s’est mariée et a des enfants, Mark, lui, essaie de recoller tous les morceaux.

L’auteur donne la parole à chacun d’eux et leur laisse le temps de donner leur version, la façon dont ils ont vécu leur enfance, leur adolescence et comment ils abordent leur vie adulte.

Les amis qu’ils ont eus et qu’ils n’ont plus, les amours qu’ils ont vécus, des instants gâchés, des moments envolés à jamais.

 Carl Nixon démontre comment les décisions, les choix, les paroles des parents, influent fortement mais différemment sur chacun de leurs enfants. Ils forgent leurs caractères et orientent leurs choix de vie aussi.

Les enfants finissent-ils par toujours pardonner leurs parents ?

C’est un superbe roman, pas vraiment noir, mais dans tous les cas très bien écrits. Bien que parfois on peut avoir l’impression que le texte part dans tous les sens, il n’en est rien. Au contraire, Carl Nixon arrive à trouver le bon ton pour chaque voix dans ce texte, des tons aussi différents que les personnages de ce roman.

Quelquefois, ils leur pardonnent. Mais pas toujours.

 

A lire aux Editions de L’Aube – février 2024

 

Traduction Benoîte Dauvergne

 

Résumé éditeur :

Été 1979. Pat Waters décide de vendre la ferme familiale située sur la péninsule de Banks, au sud de Christchurch. Instantanément, la vie de sa famille bascule. À New Brighton, Pat investit tout son argent dans une affaire immobilière hasardeuse et tombe dans l’alcoolisme. Marika, sa femme, s’enfonce peu à peu dans la dépression et se suicide. Devenu violent, Pat perd rapidement la garde de leurs trois enfants : Mark, le sportif accompli ; Davey, le beau rêveur ; et Samantha, la plus jeune de la fratrie.

1 février 2024

Blanches - Claire Vesin - La Manufacture de Livres

3 blanches

 

 

Bonjour,

 

Aujourd’hui pas de polar ou de roman noir mais un roman empreint de tragédies, de triste réalité, de déceptions, de désespoirs, de mauvais choix, d’erreurs humaines et de conséquences parfois fatales.

Dans son poignant roman Blanches, Claire Vesin nous parle de ces hommes et ces femmes que souvent on ne devine que derrière un masque. Quand on est obligé de se rendre aux urgences on est angoissé, impatient. On a l’impression que personne ne prend en compte notre souffrance ou notre inquiétude. On peste après les médecins et infirmières parce qu’on attend plusieurs heures d’être vus tout en redoutant le diagnostique qui va être fait.

Mais nous est qu’il nous arrive de nous demander qui est la personne en blouse blanche qui nous reçoit à l’accueil ? Qui est ce médecin qui a l’air si jeune et si fatigué ? Qui est cet autre médecin, plus âgé, moins avenant, plus sec comme insensibilisé ?

Claire Vesin va donc faire vivre le lecteur pendant quelques heures auprès de Laetitia, infirmière d’accueil des urgences d’un hôpital en zone défavorisée. Elle est en première ligne, elle évalue et « trie » les degrés d’urgence. Elle vit avec Kamel qui a grandi en ZUP et qui malgré son diplôme d’ingénieur ne trouve pas de boulot.

Il y a aussi Aimée, jeune interne, dont le compagnon s’est volatilisé sans un mot. Aimée enchaîne les gardes dans un service des urgences qui ne désemplit pas. Elle est chapeautée par un « sénior ». En principe. C’est la loi. Mais des médecins, il n’y en a pas assez, personne ne veut venir travailler en zone défavorisée. Alors tout se met en place pour une erreur : manque d’expérience, fatigue.

Jean-Claude est chirurgien, lui aussi enchaine les opérations au bloc. Lui aussi a des problèmes privés qui peuvent entacher le professionnel. Lui aussi tire sur la corde mais doit avant tout protéger l’hôpital.

Et enfin, Fabrice, médecin du SAMU. Fabrice, marié et qui pourtant ne voit qu’Aimée.

Toutes ces tranches de vies, Claire Vésin nous les partage pour montrer où le système de soins en est, en France, depuis trop longtemps. Pour qu’on réalise que ce ne sont aussi que des humains derrière les masques chirurgicaux, des humains qui ont souvent la vie d’autres personnes entre leurs mains, que si l’erreur est humaine, dans leur métier, elle peut être fatale.

Après avoir lu ce texte poignant, peut-être râlerez-vous un peu moins fort la prochaine fois que vous devrez aller consulter aux urgences…

Super texte pour un thème nécessaire à aborder enfin.

C’est à La Manufacture de Livres – février 2024

 

Résumé éditeur :

Villedeuil, aux portes de Paris. Ses tours, ses habitants, et son hôpital. Jean-Claude y a passé toute sa carrière - jours comme nuits - au sein du service de chirurgie. Mélancolique et désormais solitaire, il reste passionné, par cette ville comme par son métier. Laetitia y est née et y travaille, infirmière trop tendre pour l’âpreté de son poste à l’accueil des urgences. Aimée, jeune femme brillante autant que perdue, débute l’internat et décide d’effectuer son premier stage à Villedeuil, mue par des loyautés invisibles. Fabrice, médecin au SAMU, sera bientôt père mais fuit sa vie personnelle. Lors de ces mois vécus ensemble, leurs destins vont s’entremêler. Au sein d’un hôpital qui se fissure de toute part, ils partageront joies et échecs, détresse et amour du métier. Malgré les difficultés, ils tiennent, jusqu’à ce qu’une nuit, cet équilibre soit remis en question, bouleversant leurs vies à jamais.

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28 janvier 2024

De Bram Stoker à Fred Vargas

de bram stoker a fred vargas

 

Bonjour,

 

Ce fut un peu par hasard si j’ai lu Dracula et Un lieu incertain en suivant. Mais quel heureux hasard !

Tout le monde connait Dracula, le mythe, la légende en partie véridique.

Mais qui a vraiment lu Dracula de Bram Stoker ? Attention, je ne parle pas des mille et une adaptations en films souvent mauvais d’ailleurs. En passant, évitez celui qui passe sur Netflix en ce moment, c’est un vrai massacre.

dracula

Dracula de Bram Stoker c’est d’abord un style d’écriture. Ce roman est fait d’extrait de journaux écrits par plusieurs personnages et nous fait voyager des célèbres Carpates au Londres Victorien. C’est LE roman à l’origine des croyances dans le pouvoir de l’Ail, les méfaits du soleil et du pieu dans le cœur.

Bram Stoker réécrit l’histoire de Vlad l’empaleur qui, lui, a bel et bien existé.

Fred Vargas, elle, fait parcourir en quelque sorte le chemin en sens inverse à son célèbre policier Adamsberg dans le sixième opus de la série qui lui est consacrée : Un lieu incertain.

un lieu incertain

Tout commence dans le cimetière où le roman de Bram Stoker s’achève, en Angleterre donc, avec une découverte des plus macabres. Un meurtre particulièrement sanglant à Paris met Adamsberg sur la piste d’un assassin jusqu’à l’envoyer en Serbie, au pied des Carpates, dans un village où tous les habitants sont encore terrorisés et persuadés que les vampires sont encore là.

Ici aussi, Fred Vargas glisse dans son roman des personnages ayant réellement existé comme Peter Plogojowitz et Arnold Paole, quant à affirmer qu’ils étaient des vampires…

Je dois avouer que j’ai aimé ces deux romans et autant l’un que l’autre. J’ai aimé les écritures, les personnages mêmes si le fil conducteur chez Vargas est un peu trop ténu à mon goût.

Alors bien sûr il existe beaucoup d’autres romans sur les vampires, des romans pour adultes, pas ceux qui ont inspiré des vampires qui brillent au soleil et jouent au baseball les jours d’orage ou ceux qui ont une bague magique et ne savent plus qui est qui avec tous ces doubles Petrova (voyez de qui je parle ?)

Bref, de la vraie littérature façon Anne Rice, Stephen King avec son Salem, Thierry Jonquet et son roman inachevé, Alexandre Dumas avec sa Dame pale, etc…

dumas

rice

salem

vampires

J’y pense, si Bram Stoker vous intéresse, je vous conseille le superbe roman de Joseph O’Connor : Le bal des ombres, paru chez Rivages.

 

 

Résumé éditeur de Dracula :

Le jeune Jonathan Harker rend visite au comte Dracula dans son château des Carpates afin de l’informer du domaine qu’il vient d’acheter pour lui en Angleterre. Au cours de son voyage, les autochtones qu’il rencontre tentent de le dissuader d’atteindre son but et manifestent une inquiétude véhémente où il ne voit d’abord que l’expression d’une superstition locale ridicule. Dès son arrivée chez le comte, l’inquiétude gagne pourtant Jonathan Harker, jusqu’au jour où trois jeunes femmes pénètrent dans sa chambre pour lui prodiguer des baisers qui sont autant de morsures. Alors qu’il entreprend une exploration du château, il découvre, gisant dans une caisse, le comte Dracula…

 

A Whitby, en Angleterre, où l’histoire se déplace, Lucy, l’amie de Mina, la fiancée de Jonathan, sera la première victime du vampire.

Actes Sud – traduction de Lucienne Molitor

 

Résumé éditeur poche de Un lieu Incertain :

Le commissaire Adamsberg pensait que ces trois jours à Londres se résumeraient à ce colloque de flics auquel on l'avait convié. Il se trompait. Dix-huit chaussures sont retrouvées soigneusement alignées en face des portes du cimetière de Highgate. À l'intérieur, dix-huit pieds coupés. Une question demeure : à qui appartiennent-ils ? À son retour en France, un terrible massacre ébranle la banlieue parisienne et ne laisse pas de répit à Adamsberg. Il ne se doutait pas que ces deux affaires l'emmèneraient si loin...

J’ai Lu.

 

24 janvier 2024

Carthage - Joyce Carol Oates - Philippe Rey Editions

carthage

 

 

Bonjour,

 

Bon, je ne vais pas vous le redire, vous avez certainement compris, si vous me suivez, que j’ai des auteur(e)s fétiches.

Après le passionnant « Petite sœur mon amour » j’ai choisi de m’attaquer à un autre « pavé » de cette immense écrivaine, Carthage.

Carthage est proprement un roman phénoménal tant les messages que Oates veut y faire passer sont forts.

Le roman s’articule en trois parties et finalement en trois thèmes que l’auteure lie ici en parlant d’une famille, les Mayfield. Les parents et leurs deux filles.

Juliet, la plus jolie, fiancée à un soldat, le caporal Kincaid.

Cressida, la plus intelligente, la plus jeune aussi.

A travers ce roman noir les thèmes abordés sont, dans un premier temps, le syndrome post traumatique ainsi que le retour à la vie « d’avant » des blessés de guerre. Leurs souffrances, l’incompréhension de ceux qui n’ont pas vécues les horreurs qu’ils ont vécues, les secrets qui ne doivent jamais être révélés, les crimes de guerres camouflés et le regard de ceux qui ne sont jamais partis devant un jeune qui revient mutilé ou cloué dans un fauteuil roulant.

Le second thème est celui de la peine de mort, ce que peuvent vivre les condamnés dans le couloir de la mort, attendant pendant des années l’application de la sentence. Les exécutions, le dernier repas, rien n’est épargné au lecteur.

Enfin, il sera question de rédemption, de pardon ou pas, de résilience, pour finalement réaliser que ce qui a été fait ne peut jamais être totalement défait. Que de l’inconscience, de l’égoïsme, de la jalousie, peuvent découler des cataclysmes, des vies foutues en l’air, des amours torpillés, des âmes sœurs séparées à jamais.

Comme tous les romans de Joyce Carol Oates, le texte est très puissant, elle sait exactement appuyer là où ça fait mal, où ça touchera le plus et amènera les lecteurs à s’interroger, à se faire leur propre opinion. Elle joue avec nos émotions.

Trad de Claude Seban pour les éditions Philippe Rey.

 

Résumé éditeur :

Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère.

21 janvier 2024

Dolorès ou Le ventre des chiens - Alexandre Civico - Actes Sud

dolores ou le ventre des chiens

 

 

Alexandre Civico, je le croise sur les réseaux sociaux depuis quelques années maintenant. J’ai fait connaissance avec sa plume en lisant Atmore, Alabama paru en 2019 chez Actes Sud dans leur collection Actes Noirs. Il a fallu attendre 5 ans avant de le relire, c’est long mais ça en valait le coup parce que Dolorès n’est pas une femme comme les autres.

Dolorès c’est une icone malgré elle, un modèle qu’il ne faudrait pas suivre et pourtant…

Dolorès c’est une fille très seule, remplie à ras bord de haine et de colère contre les hommes, en particulier ceux qui suent le fric.

Dolorès c’est une détenue discrète et pourtant…

Dolorès c’est une figure de proue mais elle ne comprend pas pourquoi.

Un psy cocaïnomane va tenter de la cerner et tout deux vont jouer au chat et à la souris.

Dolorès c’est un excellent roman noir avec deux personnages qui offrent un roman choral original, intrigant.

Dolorès c’est la plume d’Alexandre Civico, celle que j’avais aimé dans le précédent. Un texte au bout duquel vous aurez bien du mal, finalement, à vous faire une opinion tranchée sur Dolorès.

Les hommes ne méritent pas leur sort mais ce qu’ils représentent, le capitalisme, le fossé qui séparent les classes, l’utilisation des femmes comme seul objet sexuel, l’argent qui achète tout sauf la vie, tout ce qui fait ce qu’ils sont le mérite.

Un court roman, une novella, à découvrir chez Actes Sud au rayon Littérature générale.

 

Actes Sud – janvier 2024

 

Résumé éditeur :

C’est la fin d’une traque. Dolorès Leal Mayor vient d’être appréhendée. Elle est accusée d’avoir assassiné une dizaine d’hommes après les avoir séduits. D’avoir ouvert partout dans le pays une brèche, déclenché une vague de fureur chez les femmes, victimes du capitalisme et de son patriarcat.

Pour tenter de juguler l’épidémie de meurtres, Antoine Petit, jeune psychiatre rongé par une désespérance sourde et aux prises avec l’addiction, est sommé de déclarer Dolorès irresponsable de ses actes. On veut éviter le procès qui entérinerait son statut d’icône. Au fil des entretiens qu’il mène dans un centre pénitentiaire niché au cœur des Alpes, Antoine se confronte alors à Dolorès. Et entre ces deux êtres en déshérence, abîmés chacun à sa manière, se met en place un jeu de dupes aux étranges échos, tissé de colère, d’accablement, de certitudes et de doutes. Jusqu’à la vérité.

 

A lire aussi :

 

Atmore, Alabama d'Alexandre Civico - EVADEZ-MOI

Un roman français chez Actes Sud est assez rare, c'est en partie ce qui a attiré mon attention surtout dans la...

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18 janvier 2024

Il s'appelait Doll - Jonathan Ames - Editions Joelle Losfeld

6 il s'appelait doll

 

 

Si vous souhaitez lire un excellent polar qui a un goût de Marlow mais qui m’a également fait penser à la série des années 80 « Clair de Lune ». Si vous voulez de l’action et un anti-héros. Si vous voulez vendre un rein ou bien refourguer un diamant.

Happy Doll est le personnage qu’il vous faut. Il est détective privé sans clients, il n’a plus une tune et il est prêt à donner un rein pour sauver son vieil ami Lou. Mais à force de réfléchir, on risque de se décider trop tard et de s’enliser dans les problèmes. Il faut dire que Hap n’est pas vraiment un chanceux. Happy, c’est un peu l’incarnation de la Loi de Murphy…

Je me suis franchement régalée à lire ce polar un peu déjanté sur les bords. Le personnage de Happy est drôle et les situations dans lesquelles il se fourre sont rocambolesques à souhait.

Happy Doll est la caricature de tout ce qui s’est fait en matière de détective privé au bout du rouleau, sur la paille mais qui garde au fond de lui l’altruisme qui fait qu’il se jettera à corps perdu dans une enquête pour savoir qui a tué son ami et pourquoi. Sans compter qu’il a un diamant à remettre à une jeune femme de la part de son défunt papa.

Bref, c’est rythmé, bien écrit et respectant tous les codes du genre. On se croirait dans les années 50.

Un polar que je vous conseille sans l’ombre d’un doute.

 

Editions Joëlle Losfeld – janvier 2024

Traduction de Lazare Bitoun

 

Résumé éditeur :

Happy Doll, alias Hank Doll, une cinquantaine d'années, habite Los Angeles. Il est détective privé le jour et vigile dans un salon de massage la nuit, après une carrière dans la Navy et dans la police. Lorsque son ami Lou Shelton vient lui demander de lui donner un rein qui lui sauvera la vie, il hésite pendant une nuit. Cependant, le lendemain matin, les choses se compliquent alors que Lou vient s'écrouler, mortellement blessé par balle, dans ses bras et lui confie, avant d'expirer, un gros diamant. Commence alors pour Hank toute une série de péripéties rarement agréables, sur les traces des assassins de Shelton dans les bas-fonds de L.A. Il s'appelait Doll est un livre plein de rebondissements, noir, certes, mais sauvé par l'humour distancié de l'auteur qui met en scène des relations plus fines qu'il n'y paraît.

13 janvier 2024

Petite sœur, mon amour - Joyce Carol Oates

jco petite soeur

 

 

Bonjour,

 Ceux qui me connaissent ou me suivent un minimum connaissent mon affection pour les romans de Joyce Carol Oates. J’ai peu d’auteurs « favoris », trois, et elle est une des trois.

En presque 800 pages JCO réécrit une affaire qui a secoué l’Amérique dans les années 90, celle du meurtre d’une « mini Miss » de 6 ans, jamais résolu d’ailleurs.

Bliss, dans le roman, n’est pas qu’une mini Miss, non, elle est aussi une championne, dans sa catégorie, de patinage artistique.

L’auteure ne va pas s’attacher à décrire le meurtre, ça n’aurait aucun intérêt, surtout quand on connait cette formidable écrivaine. Non, elle se contente de laisser parler Skyler, 19 ans, le frère ainé de Bliss, qui avait 9 ans au moment du décès de sa petite sœur.

Il nous parle de la folie de sa mère à vouloir avec acharnement vivre ce qu’elle n’a pas vécu au travers de sa toute petite fille. Il raconte comment il a été délaissé pendant que sa sœur était bourrée de médicaments et subissait des injections, le tout prescrit à la demande de la mère auprès de plusieurs médecins. Il dit aussi comment il a été comme sédaté afin de ne pas les gêner, comment le père, trop absent, n’a pas su voir ou l’a vu trop tard.

Skyler, un temps rendu responsable de la mort de sa sœur, tenu éloigné des obsèques puis tenu éloigné finalement de sa vie, de sa famille.

C’est un roman poignant, parce que c’est un ado en souffrance qui raconte, parce qu’une petite fille est morte et parce que sa mère est un monstre qui n’assumera à aucun moment le mal qu’elle fait à ses enfants.

Encore un réel chef d’œuvre de Joyce Carol Oates, 800 pages qui se dévorent et vous laisseront un gout sacrément amer dans la bouche.

Traduction Claude Seban

 

Résumé éditeur :

Bliss, princesse des glaces qui a remporté tous les prix de patinage, a été assassinée. Pourtant, tout le monde l’aimait. Son frère Skyler, psychotique, un peu jaloux de son succès. Sa mère, prête à tout pour faire de Bliss une star : maquillage outrancier, tenues sexy et produits dopants. Ses fans qui l’adulent jusqu’à l’obsession. Oui, tout le monde aime Bliss, mais trop d’amour peut tuer…

 

 

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