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EVADEZ-MOI

7 mars 2026

L'Île hallucinée - Julien Freu - Actes Noirs

 

 

Celles et ceux qui me suivent un tant soit peu auront sans doute noté que je ne rate aucun roman de Julien Freu qui fait partie de mes auteurs français contemporains préférés. J'ai parlé de chacun de ses précédents romans donc il est évident que je vous parle du petit bijou que les éditions Actes Sud viennent de publier dans la collection Actes Noirs.

La première chose qu'on pourrait dire de ce roman c'est qu'il a un titre idéal car cette île imaginaire, l'Ile de Hurlin, est belle et bien hallucinée. Disons plutôt que ce sont ses habitants qui sont hallucinés. L'île, elle est hallucinante, tout comme ce roman qui se dévore et est hallucinant de maitrise et de beauté.

Hurlin forme les murs invisibles d'un huis-clos terrifiant. Les lieux sont tout autant hantés que les iliens. Julien Freu amène une aura de mystère et de fantastique qui n'a rien à envier à certains grands noms de la littérature américaine (pas besoin de vous faire un dessin, si ?)

Si l'histoire est effrayante, les lieux anxiogènes, les personnages, eux, sont incroyables et parfois tellement décalés par rapport à la tension du texte qu'on en sourit. J'ai adoré le personnage du Capitaine Dozert et de son co-équipier le lieutenant Cassio. Faites-moi confiance, vous n'en croiserez pas souvent des comme eux.

Ce qu'on appréciera également c'est que si le lieu reste unique, le temps n'est pas figé dans une courte séquence pendant laquelle se déroulerai(en)t une ou des actions. Non, le lecteur suivra pendant quelques temps ces personnages qui ne ressortiront pas tous indemnes de cette île maudite.

Dernier point qui, personnellement, m'a enchantée : le timing. Placer cette histoire dans les années 90 m'a fait rajeunir sérieusement. Bref, encore une fois, je me suis régalée avec cette lecture. Je ne peux que vous conseiller de foncer lire cette petite pépite.

 

A lire aussi : Hors la brume, paru l'an dernier et retrouvez tous les romans de Julien Freu parus chez Actes Sud ici : https://actes-sud.fr/auteurs/julien-freu-013420

Résumé éditeur :

Île d’Hurlin, 1996. En suivant un chien errant dans la lande, Anh et Jonas, onze ans, découvrent le corps sans vie d’un enfant de leur âge. Lorsqu’ils donnent l’alerte, Louen, le chef de la police, blêmit. Le chien que les deux inséparables décrivent n’est autre que le sien… mort vingt ans plus tôt. Sur les lieux, aucune trace du corps. Pas le moindre aboiement. Pourtant un jeune garçon qui correspond au signalement vient d’être porté disparu. Peu après, tous les enfants font le même cauchemar et des meurtres étranges se succèdent. Que se passe-t-il sur l’île d’Hurlin ? Le capitaine Dozert et son coéquipier albinos, le lieutenant Cassio, sont dépêchés sur les lieux pour tenter de tirer au clair cette affaire.

 

2 mars 2026

Une main vers le ciel - Jean-Christophe Boccou - La Manufacture de livres

 

J'ai dans mon entourage une personne qui est arrivée très jeune en France. Ses parents ont fui le Cambodge à l'époque pendant laquelle se passe ce roman.

Je savais très peu de chose car cette personne est toujours restée très discrète concernant son histoire familiale. Bien qu'on apprenne en cours d'Histoire ce qu'il s'est passé, plus ou moins, plutôt moins que plus à l'époque où j'étais au lycée, on est loin d'imaginer, ou peut-être qu'inconsciemment nous sommes tous dans le déni, mais toujours est-il qu'on n'imagine pas ce qu'ont pû subir des populations entières. 

 

Roman historique, Une main vers le ciel est aussi un regard sans filtre sur les crimes contre l'Humanité, un génocide pas si lointain.

Le personnage de Khieu montre bien toute l'ambiguïté d'un monde où la cruauté n'a plus de limite. Victime, il deviendra bourreau. Pour sauver sa peau il tuera.  Puis il deviendra juge et la notion de "juge et bourreau" devient alors très factuelle. 

La question reste de savoir où est la justice quand la vengeance et la culpabilité se partagent le terrain? Est-ce que sauver une vie absout de toutes celles qu'on a prises ?

 

Le roman est découpé en deux parties, à l'images des deux personnes qui sont en Khieu.

La première est très violente et dépeint une partie de ce qu'a été la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, qui ils étaient, à quoi et à qui ils obéissaient. 

Khieu est enfermé dans un camp dit de rééducation, dans des conditions inhumaines, côtoyant la mort chaque jour jusqu'à celui où Vorn, un des officiers Khmers, décide de faire de lui un bourreau et ce qui n'est au départ qu'un sévice supplémentaire devient un travail. 

 

Des années plus tard, Khieu retrouve sa fille adoptive, une enfant qu'il a sauvée avant de fuir. Quand il retrouve ensuite son ancien tortionnaire, lui, celui qui doit juger des coupables de crimes contre l'humanité, celui qui s'en est rendu coupable, il va devoir choisir entre justice et vengeance.

 

L'auteur nous offre dans ce troisième roman après La vierge jurée et La somme de toutes nos larmes, un roman poignant sur un pan de l'Histoire de ce pays, démontrant jusqu'où peut conduire l'endoctrinement et une idée de la faculté qu'on les hommes de se pardonner les atrocités qu'ils ont pu commettre. Malheureusement, l'Homme ne retient jamais les leçons de l'Histoire.

Un texte dur mais indubitablement à lire.

 

Résumé éditeur :

Khieu Saran a 17 ans le jour où les Khmers rouges déferlent sur Phnom Penh pour « libérer » le peuple cambodgien. La joie de courte durée va basculer dans l’horreur. Khieu découvre les camps de rééducation, la torture et l’extermination avant d’être forcé de devenir à son tour un bourreau du régime de Pol Pot.
Après avoir échappé à l’enfer, Khieu est aujourd’hui juge d’instruction auprès d’un tribunal pénal international dont la mission est de traquer les anciens cadres du régime. Jusqu’au jour où il retrouve la trace de Vorn, son ancien tortionnaire. Accompagné de Sokha, sa fille adoptive, Khieu s’envole pour la France afin d’en finir avec les spectres du passé.

 

 

 

22 février 2026

Loft - Magda Stachula - Mera

 

Loft est un roman d'un genre qui a le vent en poupe pour le grand public, à savoir, le "thriller domestique".

Thriller psychologique, ce roman ressemble à d'autres romans à huis clos dans un lieu, immeuble, hôtel, île.

Tel une île au milieu de l'océan, ce loft semble seul au monde, mis à part l'immeuble d'en face qui fait office de second rôle.

Nous avons là un roman choral dans lequel chaque narrateur semble avoir des secrets une une part d'ombre plus ou moins importante.

Chacun de ces personnages sent comme un piège se refermer sur lui (ou elle) et l'auteure parvient à faire montée la tension et à brouiller les piste tout au long du roman.

Comme dans tout immeuble, les voisins ne se connaissent pas vraiment mais s'observent parfois malgré eux. 

Méfiance, défiance, hypocrisie, mensonges, trahisons, tous les travers habituels sont ainsi exposés. Les vraies personnalités se révèlent ou se dissimulent.

 

Et ce jeune couple qui emménage dans ce loft, plein d'espoir dans une vie qui commence va vite déchanter.

On peut être dans son chez-soi, censé être un Eden, un cocon chaleureux et intime

 

On pensera à l'émission télévisée d'il y a une vingtaine d'année qui portait le même nom. C'est un peu ça, en plus "dangereux".

 

Ce dont il est certain c'est que ce thriller plaira au fans du genre thriller domestique. L'écriture est sans fioritures, sans temps morts ou longues descriptions. La profondeur des personnages ou le positionnement tant géographique que temporel ne sont pas travaillés plus que ça mais le but recherché semble être le divertissement .

 

Rien de nouveau ni d'original mais ça fait le job. On ne s'ennuie pas.

 

Traduit par Anastazja Deresz

 

Résumé éditeur :

 

On ne peut pas changer le passé, tout comme on ne peut pas oublier qu’on a tué quelqu’un.
Dans un immeuble de Gdańsk vivent plusieurs amis. Dominika et Piotr, tout juste en couple, apprennent à se découvrir. Karolina et Adrian, mariés depuis des années, voient leur relation s’effriter. Mais derrière les portes closes, chacun cache des secrets. Et chacun est prêt à tout pour les protéger. Un soir, ils remarquent qu’une femme les observe depuis le loft d’en face. Qui est-elle ? Que sait-elle ? Lorsque celle-ci est retrouvée assassinée, la peur s’installe, la méfiance grandit. Dans cet immeuble où tout le monde se connaît, il devient de plus en plus difficile de distinguer l’ami de l’ennemi… Chacun devient étranger à l’autre, et parfois à soi-même. L’enquête piétine, et les soupçons se multiplient.
Qui dit la vérité ? Qui ment ? Et surtout, qui est capable de tue

#LOFT #NetGalleyFrance

14 février 2026

Les fantômes de Shearwater

 

Voici un roman dont le synopsis m'avait interpelée :

"Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de Shearwater, une île perdue au milieu de l’océan Austral. Site de la plus grande banque de graines du monde, Shearwater abritait jusqu’il y a peu de nombreux chercheurs, mais la montée des eaux a précipité leur départ. Les Salt sont désormais les derniers habitants. Mais voilà qu’un soir, durant la pire tempête que l'île ait jamais connue, une femme s'échoue mystérieusement sur le rivage. Qui est-elle ? Est-elle vraiment venue ici par hasard, comme elle le prétend ?"

Cette histoire, c'est tout d'abord cette île. Hostile pour l'humain, elle est un vrai paradis pour des espèces tant animales que florales. Elle est surtout le théâtre d'un huis-clos anxiogène où se démènent Dominic et ses trois enfants. L'île est un Eden, un refuge, une chambre forte pour des millions de graines qui sont farouchement conservées et protégées en vue de l'extinction imminente de toute forme de vie sur terre.

"Tout va brûler, couler ou mourir de faim, y compris nous."

Mais cette noirceur, cette impression d'isolement ne s'applique pas seulement au lieu. Dominic, ses enfants et la femme qu'ils retrouvent échouée entre les rochers et à qui ils portent secours, sont eux aussi emplis de noirceur et totalement isolés du reste du monde s'il en reste. Impossible d'accéder à l'île protégée par des courants meurtriers, plus aucune communication avec une radio HS depuis longtemps, plus d'électricité pour recharger les téléphones et à peine assez d'énergie pour chauffer l'eau de la douche.

Abandonnés par les scientifiques qui peuplaient l'île, Dominic est depuis des semaines seul avec ses trois enfants. Sa solitude le pousse à parler au fantôme de son épouse décédée, cherchant du réconfort dans des mots et des images qui ne sont que dans sa tête. Ou peut-être que les fantômes de Shearwater sont bien réels. Ce qui est certain c'est que les fantômes du passé hantent autant la terre, témoin de massacre de phoques, d'otaries ou de petits manchots dans le passé, que les hommes. Dominic, ses enfants et même cette étrangère, ils ont tous un passé qui peu à peu refait surface prêt à les engloutir tout comme l'océan est en train d'engloutir l'île.

Dominic n'a que deux buts, protéger coute que coute ses enfants qui n'ont presque jamais connu que cette île, choisir puis empaqueter les graines sensées redonner vie et espoir à l'humanité ou ce qu'il en reste.

Cette femme, elle, n'en a qu'un seul. Trouver ce qu'elle est venue chercher.

Mélange de genres, pouvant passer du roman horrifique fleurant parfois avec un thriller, ce texte reste avant tout une fable écologique qui cherche à culpabiliser le lecteur de la même manière que l'auteure culpabilise à l'extrême les protagonistes de son roman.

Les passages sur les graines en tout genre sont souvent trop longs et conduisant parfois à l'ennui. Mais le chapitre suivant relance l'intérêt dès qu'il replonge le lecteur dans l'intrigue et le pousse à tenter de deviner les secrets et motivations de chaque personnage.

 

 

Ce qu'on pourrait retenir ? La morale de cette histoire ? On ne peut pas revenir sur le passé, gommer ce qu'on a fait de mal et réécrire l'histoire. Il faut accepter et assumer...si on le peut.

Une belle histoire même si un peu longuette parfois.

Traduction de Marie Chabin.

 

10 février 2026

Aurore - Nicolas Leclerc - Seuil

 

Ce roman est arrivé dans ma boite aux lettres très gentiment dédicacé par l'auteur que je remercie.

J'aurais pu passer à côté et ça aurait été dommage car j'ai beaucoup aimé ce thriller sauf à un moment (Monsieur Leclerc, vous pouvez tuer tous les personnages que vous voulez mais pas les animaux, merci d'avance).

 

Dans ce roman, une mère et sa fille ont une relation pour le moins destructrice. On dit souvent que l'amour est proche de la haine et c'est cruellement le cas dans cette histoire. Beaucoup de ressentiments, d'un côté comme de l'autre, mais quand nos parents vieillissent, on n'a souvent pas d'autre choix que de s'en occuper à défaut de pouvoir les placer. Alors quand sa mère se retrouve partiellement paralysée suite à un AVC, Mélanie pense agir au mieux pour Astrid en engageant une jeune femme à qui on "donnerait le Bon Dieu sans confession" comme on dit. 

A partir de là, le piège se referme et la tension monte au fur et à mesure que nous tournons les pages avec des rebondissements auxquels on ne s'attend pas forcément.

 

La trame de ce roman est parfaitement maitrisée et le dosage de suspense et de violence est calculé à la perfection.

La lecture est addictive et il est bien difficile de lâcher le roman en cours de lecture. Ses 400 et quelques pages défilent à une allure folle.

 

L'auteur explore les relations mère fille mais aussi celle qu'une mère peut avoir avec un adolescent. Il aborde également le deuil et la difficulté pour un enfant de comprendre et d'accepter la perte d'un parent. Les enfants ont toujours tendance à croire leurs parents immortels, qu'ils seront toujours là, quoi qu'il arrive. Perdre un parent c'est perdre une part de soi et, si c'est difficile à l'âge adulte, c'est encore plus compliqué quand cela survient sous les yeux d'un enfant en pleine construction de soi.

 

Nicolas Leclerc réussit quand même le tour de force, et c'est à signaler, de rendre antipathique une des victimes de ce polar où les femmes sont les personnages centraux. Astrid est détestable du début à la fin et on arrive difficilement à compatir avec elle. Enfin, je vous laisse voir par vous-même...

C'est à lire absolument.

 

Résumé éditeur :

« Elle veillera toujours sur vous. »

À la suite d’un AVC qui la laisse paralysée du côté droit, Astrid, 75 ans, n’est plus capable de vivre seule dans sa maison isolée en pleine forêt jurassienne. Elle refuse de quitter son havre de paix malgré l’insistance de sa fille Mélanie, vétérinaire rurale au bord du burn out. Elles parviennent à un compromis en embauchant Aurore, une jeune aide à domicile timide et dévouée. Mélanie est vraiment soulagée. Mais très vite quelque chose cloche sérieusement. Qui est Aurore ?

 

6 février 2026

A la chaîne - Eli Cranor - Sonatine

 

Il y a un an, je lisais pour la première fois Eli Cranor. Son roman Chiens des Ozarks m'avait subjuguée et l'écriture de l'auteur m'avait conquise.

 

Comme dans son précédent roman, Eli Cranor s'attache à montrer la réalité de cette Amérique rurale qui tente de survivre. Et quand on vit au fin fond de l'Arkansas et qu'en plus on est d'origine mexicaine, survivre est parfois ce dont on peut rêver de mieux.

 

Gabriela et Edwin en savent quelque chose. Forcés d'arrêter après le lycée, envolés les espoirs de grandes études à l'université, leur seul avenir ce sont les chaînes d'abattage de l'usine de poulets. Edwin n'a rien, même plus d'espoir, pas d'enfant, pas d'avenir et un chef bien blanc qui finira par prendre le premier prétexte venu pour le virer. Gabriela, elle, ne renonce pas et s'accroche pour gagner assez de fric pour pouvoir partir loin d'ici. Peu lui importe de ne pas être comme l'épouse de leur responsable, toujours bien habillée, impeccablement coiffée et passant son temps avec ses amies à se plaindre de la difficulté d'avoir un bébé à s'occuper. Alors Edwin va prendre une décision, une des nombreuses mauvaises décisions qu'il a prises et qu'il prendra encore.

 

Eli Cranor sait faire monter la tension tout au long de ce roman, tout aussi magnifique que Chiens des Ozarks. Il n'y a pas vraiment de bons et de méchants dans ses romans, juste des humains avec leurs qualités et leurs défauts. Les uns sont courageux mais ne réfléchissent qu'après avoir agi, les autres sont prétentieux et autoritaires mais démunis quand ils sont acculés.

 

C'est un texte poignant et qui, peut-être, vous fera réfléchir la prochaine fois que vous voudrez manger des nuggets...

 

Traduit cette fois encore par Emmanuelle Heurtebize.

 

Résumé éditeur :

Springdale, Arkansas. Gabriela et Edwin, tous deux d'origine mexicaine, travaillent depuis sept ans à la chaîne dans une usine de poulets, à quelques kilomètres du parc de caravanes où ils vivent. Espérant mettre assez d'argent de côté pour un jour partir ailleurs, ils supportent tant bien que mal leurs conditions de travail inhumaines et leurs salaires de misère. Le jour où le directeur de leur usine, Luke Jackson, renvoie Edwin sans ménagement ni réel motif, ce dernier est bien décidé à ne pas se laisser faire. Quitte à s'en prendre à Luke et à sa femme, Mimi, jeune mère au foyer. S'il veut seulement obtenir réparation et que justice lui soit rendue, les événements vont cependant très vite lui échapper. C'est le début d'une spirale infernale pour les deux couples, qui, de façon impitoyable, vont être mis face à leurs responsabilités.

 

18 janvier 2026

Fauves - Mélissa Da Costa - Albin Michel

 

Ahhhh Mélissa Da Costa ! Depuis que j'ai lu Tout le bleu du ciel, puis La doublure, j'adore chacun de ses romans.

C'est un peu la Jodi Picoult française. Chacun de ses romans nous entraine dans un univers différent avec chaque fois un thème qui semble maîtrisé à la perfection.

 

Dans Fauves, l'auteure nous plonge au coeur d'un cirque et nous fait vivre quelques mois dans ce clan gitan, parmi ces gens du voyage un peu différents, aux côtés de Tony.

 

Tony est un gadjo mais quand il fuit le domicile familial après une dernière altercation avec son père, c'est avec toute une famille du cirque qu'il prend la route. Très vite il est fasciné par les fauves du dompteur et par sa femme...

 

Fauves c'est l'histoire des ces animaux qui, fort heureusement, sont maintenant interdits, en principe, dans les cirques. Des animaux sauvages qui passent leur vie en cage, subissant entrainements intensifs et brimades parfois musclées.

 

C'est l'histoire de ces hommes et ces femmes qui sillonnent les routes d'Europe et dressent leur chapiteau le temps de quelques représentations dans des villes qui se suivent et se ressemblent et qui gardent parfois un peu d'eux dans leur terre.

 

C'est l'histoire de ces hommes qui affrontent le dangers chaque jour pour divertir des enfants et leurs parents pendant une heure ou deux, des spectateurs qui ignorent tout des blessures, des heures de travail, de la souffrance des animaux aussi parfois.

 

C'est l'histoire d'un gamin qui a des étoiles dans les yeux, qui a un coeur qui bat pour la première fois, mais qui n'a jamais connu que l'abandon et les poings.

 

C'est une belle histoire avec des passages saisissants, une histoire qui se dévore. Le lecteur sera un peu voyeur, un peu spectateur, témoin involontaire d'une chute inévitable.

C'est superbe, j'ai encore une fois adoré.

 

 

Résumé éditeur :

« Je veux jouer avec le feu, trembler, sentir la morsure de la mort. Défier les instincts les plus brutaux, les plus sauvages, et les dépasser. » 

Comment s’échapper de sa cage ? C’est l’obsession des fauves mais aussi celle de Tony, dix-sept ans, lorsqu’il rejoint un cirque itinérant après avoir fui la violence de son père. Faire face aux bêtes, affronter ses propres démons...

 

 

2 janvier 2026

ALCHEMISED - SenLinYu - Yra

 

Voici le premier roman dont je vous parlerai cette année.

Tout d'abord je tiens à remercier ma belle-fille Sharon pour m'avoir offert ce livre et ce pour plusieurs raisons.

Premièrement, personne n'a jamais osé m'offrir de livre pour mon anniversaire ou pour Noël depuis que je tiens ce blog, pensant surement que j'avais déjà tout lu...

Ensuite parce que ce n'est pas forcément un livre que j'aurais choisi et j'aurais eu tort car je me suis régalée. Pour preuve, j'ai lu les 1000 pages de ce gros pavé en moins de 5 jours.

 

Le rayon fantasy ou romantasy des librairies regorgent de mauvais romans ou le porno prédomine... Ici, rien de ça, on en est très loin. Ce roman est impressionnant de densité et de maitrise et d'autant plus quand on sait qu'il s'agit d'un premier roman d'une jeune autrice.

 

Ici on va assister à une guerre entre immortels et alchimistes (en résumant beaucoup). Ce récit est peuplé de personnages avec des dons variés allant de la guérison à la pyromantie, de morts vivants, d'immortels sanguinaires, de chimères. En cherchant à analyser le texte on peut y voir de nombreuses métaphores. Le fanatisme religieux incarné par les habitants de Paladia et leur rejet de toute forme de dons mystiques et qui impose des lois très réductrices à ses fidèles comme la stérilisation et la supériorité masculiniste. C'est aussi la métaphore de ces dirigeants dictatoriaux qu'on rencontre de nos jours qui soumettent leur peuple et n'hésitent pas à l'envoyer comme cher à canon pour un intérêt personnel. 

 

On verra aussi dans cette histoire du courage, de la loyauté, de l'amour aussi. Sans oublier la violence, omniprésente. C'est parfois assez gore, ça éclabousse... On assistera à des expériences médicales, des manipulations génétiques, mais on découvrira aussi ce que la nature peut apporter de bon et de mauvais.

 

On aura une démonstration de ce que les dirigeants, assistés des médias, peuvent faire croire à ceux qui les écoutent, incapables de raisonner par eux-même.

 

Une citation revient deux fois dans ce texte et que j'ai trouvé tout à fait judicieuse :

"Tous ceux qui triomphent prétendent avoir agi dans l’intérêt du bien, mais ce sont eux qui racontent l’histoire. Ils choisissent comment nous nous en souvenons."

 

Ce roman n'a aucun temps mort, c'est bourré d'adrénaline, un vrai régal.

 

Traduit de l'anglais par Axelle Demoulin et Nicolas Ancion pour les éditions Yra.

 

Résumé éditeur :

« La guerre est finie. Que croyez-vous protéger dans votre cerveau ? Holdfast est mort. La Flamme éternelle s'est éteinte. Il ne vous reste plus personne à sauver... »
Helena Marino était une alchimiste prometteuse. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une prisonnière, captive de la guerre qui a ravagé Paladia et de sa propre mémoire défaillante. Ses amis et alliés de la résistance ont été massacrés, ses pouvoirs neutralisés, et le monde qu'elle connaissait n'est plus qu'un champ de ruines.
Dans l'après-guerre, Paladia est tombée sous le contrôle de guildes corrompues et de nécromanciens dépravés, dont les créatures mortes-vivantes ont assuré le triomphe. Helena est désormais entre leurs mains.
Officiellement, elle n'était qu'une guérisseuse sans importance. Pourtant, les mois qui ont précédé sa capture se sont effacés de sa mémoire, et cette zone d'ombre intrigue. Est-elle vraiment aussi insignifiante qu'on le prétend, ou détient-elle, sans le savoir, la clé du dernier espoir de la résistance?
Pour découvrir la vérité, elle est confiée au Haut Préfet, l'un des nécromanciens les plus redoutés du nouveau régime. Cloîtrée dans son domaine, Helena doit se battre pour préserver les bribes de son identité et raviver la mémoire de celle qu'elle était. Mais son geôlier, comme le lieu qui l'entoure, dissimule des secrets bien plus sombres encore... que Helena devra percer, quel qu'en soit le prix.

14 octobre 2025

J'aimerais te dire - Christian Pernoud - Taurnada

 

Je ne vous redirai pas que je suis de près Christian Pernoud depuis plusieurs années. Ah ben si, je vous le redis mais c'est pour votre bien.

 

Christian Pernoud a un talent rare pour créer des histoires qui auraient pu être banales sous la plume d'un autre auteur mais qui touchent, qui vous emprisonnent le temps d'un roman.

Encore une fois, j'ai dévoré celui-ci en une après-midi où rien ni personne ne s'est avisé de me déranger dans ma lecture.

 

Thomas "enlève" sa fille pour une semaine de vacances avant qu'elle ne doive subir une opération. Malade du coeur, c'est une de ses dernières chances de survie. Il décide donc de l'emmener avec lui pour un road-trip.

Il profite de ce temps à eux seuls pour lui raconter comment il a rencontré la maman de la petite au cours d'un camp de vacances. Une histoire d'amour d'adolescents avec ce que la implique de coeurs brisés, de jalousie, de vengeance aussi.

Il lui raconte tout et lui révèle un secret enfoui depuis cette rencontre avec celle qui deviendra sa femme et la mère de sa fille April.

 

Le lecteur alors écoute aussi cette histoire et même si au bout d'un moment on devine une partie de ce que Thomas veut expliquer à April, on est loin de voir venir ce final incroyablement déchirant qui a usé quelques mouchoirs en papier chez moi.

Je me suis laissée portée et j'ai encore une fois adoré cette histoire, cette écriture. Vivement le prochain Chris !

 

Résumé éditeur :

Il y a toi… il y a elle… il y a nous…
Quand Thomas emmène sa fille, April, camper au lac Sebago, Angela, son ex-femme, pense qu'il veut simplement lui offrir un dernier moment d'insouciance avant son hospitalisation. Elle regarde son enfant partir sans imaginer une seule seconde que ce voyage va tout changer… et la hantera à jamais.
Faux-semblants, secrets de famille… l'histoire n'est pas toujours celle que l'on croit.

10 octobre 2025

La Station - Jakub Szamalek - Métailié

 

Un peu à l'image des astronautes, j'ai voulu partir à la découverte d'un monde inconnu pour moi.

S'il m'est arrivé de regarder des films de science fiction qui m'ont plus ou moins plu, plutôt moins pour être franche, je n'avais jamais encore exploré l'espace via un polar. C'est chose fait avec La station de Jakub Szamalek publié aux éditions Métailié.

 

Lucy est la commandante d'une équipe d'astronaute qui ont pour mission de rejoindre la station orbitale internationale. Elle laisse sur terre mari et enfant pour retrouver la-haut un équipage russe.

Les tensions terrestres ne manquent pas du suinter même en apesanteur. Alors quand une avarie survient sans raison évidente les esprits s'échauffent et la méfiance, le soupçon, s'installent.

Le scénario est parfaitement construit et certaines scènes sont si bien décrites qu'on se croirait un instant en face d'un grand écran en train de regarder Gravity (film de 2013 avec Sandra Bullock) car, il faut le dire, la source d'inspiration ne laisse aucun doute, vraiment aucun.

Et comme pour Gravity, les longueurs prennent parfois des proportions stratosphériques. J'avoue avoir parfois sauté un chapitre entier...

 

Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. C'est très très bien pensé et écrit. L'histoire est bien déroulée même si le face à face américains versus russes et beaucoup trop convenu.

En bref, j'ai aimé cette histoire mais je me suis parfois ennuyée.

 

Une traduction de Kamil Barbarski.

 

Résumé éditeur :

Après des décennies d’une trêve fragile, le conflit latent entre les États-Unis et la Russie a repris de plus belle, sans qu’une issue soit en vue. Mais cette fois-ci, le théâtre de cette rivalité sera la Station spatiale internationale, avec pour toile de fond le décor spectaculaire de l’espace.

La commandante Lucy Poplaski, à la tête de l’équipage international, est chargée de déterminer la source d’une fuite d’ammoniac qui met toute la station en danger. Cependant, son enquête bouleverse la fragile confiance entre les équipages russes et occidentaux, et révèle de profondes fissures au sein même de l’équipe américaine.

 

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