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EVADEZ-MOI
14 février 2026

Les fantômes de Shearwater

 

Voici un roman dont le synopsis m'avait interpelée :

"Dominic Salt et ses trois enfants sont les gardiens de Shearwater, une île perdue au milieu de l’océan Austral. Site de la plus grande banque de graines du monde, Shearwater abritait jusqu’il y a peu de nombreux chercheurs, mais la montée des eaux a précipité leur départ. Les Salt sont désormais les derniers habitants. Mais voilà qu’un soir, durant la pire tempête que l'île ait jamais connue, une femme s'échoue mystérieusement sur le rivage. Qui est-elle ? Est-elle vraiment venue ici par hasard, comme elle le prétend ?"

Cette histoire, c'est tout d'abord cette île. Hostile pour l'humain, elle est un vrai paradis pour des espèces tant animales que florales. Elle est surtout le théâtre d'un huis-clos anxiogène où se démènent Dominic et ses trois enfants. L'île est un Eden, un refuge, une chambre forte pour des millions de graines qui sont farouchement conservées et protégées en vue de l'extinction imminente de toute forme de vie sur terre.

"Tout va brûler, couler ou mourir de faim, y compris nous."

Mais cette noirceur, cette impression d'isolement ne s'applique pas seulement au lieu. Dominic, ses enfants et la femme qu'ils retrouvent échouée entre les rochers et à qui ils portent secours, sont eux aussi emplis de noirceur et totalement isolés du reste du monde s'il en reste. Impossible d'accéder à l'île protégée par des courants meurtriers, plus aucune communication avec une radio HS depuis longtemps, plus d'électricité pour recharger les téléphones et à peine assez d'énergie pour chauffer l'eau de la douche.

Abandonnés par les scientifiques qui peuplaient l'île, Dominic est depuis des semaines seul avec ses trois enfants. Sa solitude le pousse à parler au fantôme de son épouse décédée, cherchant du réconfort dans des mots et des images qui ne sont que dans sa tête. Ou peut-être que les fantômes de Shearwater sont bien réels. Ce qui est certain c'est que les fantômes du passé hantent autant la terre, témoin de massacre de phoques, d'otaries ou de petits manchots dans le passé, que les hommes. Dominic, ses enfants et même cette étrangère, ils ont tous un passé qui peu à peu refait surface prêt à les engloutir tout comme l'océan est en train d'engloutir l'île.

Dominic n'a que deux buts, protéger coute que coute ses enfants qui n'ont presque jamais connu que cette île, choisir puis empaqueter les graines sensées redonner vie et espoir à l'humanité ou ce qu'il en reste.

Cette femme, elle, n'en a qu'un seul. Trouver ce qu'elle est venue chercher.

Mélange de genres, pouvant passer du roman horrifique fleurant parfois avec un thriller, ce texte reste avant tout une fable écologique qui cherche à culpabiliser le lecteur de la même manière que l'auteure culpabilise à l'extrême les protagonistes de son roman.

Les passages sur les graines en tout genre sont souvent trop longs et conduisant parfois à l'ennui. Mais le chapitre suivant relance l'intérêt dès qu'il replonge le lecteur dans l'intrigue et le pousse à tenter de deviner les secrets et motivations de chaque personnage.

 

 

Ce qu'on pourrait retenir ? La morale de cette histoire ? On ne peut pas revenir sur le passé, gommer ce qu'on a fait de mal et réécrire l'histoire. Il faut accepter et assumer...si on le peut.

Une belle histoire même si un peu longuette parfois.

Traduction de Marie Chabin.

 

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