A la chaîne - Eli Cranor - Sonatine
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Il y a un an, je lisais pour la première fois Eli Cranor. Son roman Chiens des Ozarks m'avait subjuguée et l'écriture de l'auteur m'avait conquise.
Comme dans son précédent roman, Eli Cranor s'attache à montrer la réalité de cette Amérique rurale qui tente de survivre. Et quand on vit au fin fond de l'Arkansas et qu'en plus on est d'origine mexicaine, survivre est parfois ce dont on peut rêver de mieux.
Gabriela et Edwin en savent quelque chose. Forcés d'arrêter après le lycée, envolés les espoirs de grandes études à l'université, leur seul avenir ce sont les chaînes d'abattage de l'usine de poulets. Edwin n'a rien, même plus d'espoir, pas d'enfant, pas d'avenir et un chef bien blanc qui finira par prendre le premier prétexte venu pour le virer. Gabriela, elle, ne renonce pas et s'accroche pour gagner assez de fric pour pouvoir partir loin d'ici. Peu lui importe de ne pas être comme l'épouse de leur responsable, toujours bien habillée, impeccablement coiffée et passant son temps avec ses amies à se plaindre de la difficulté d'avoir un bébé à s'occuper. Alors Edwin va prendre une décision, une des nombreuses mauvaises décisions qu'il a prises et qu'il prendra encore.
Eli Cranor sait faire monter la tension tout au long de ce roman, tout aussi magnifique que Chiens des Ozarks. Il n'y a pas vraiment de bons et de méchants dans ses romans, juste des humains avec leurs qualités et leurs défauts. Les uns sont courageux mais ne réfléchissent qu'après avoir agi, les autres sont prétentieux et autoritaires mais démunis quand ils sont acculés.
C'est un texte poignant et qui, peut-être, vous fera réfléchir la prochaine fois que vous voudrez manger des nuggets...
Traduit cette fois encore par Emmanuelle Heurtebize.
Résumé éditeur :
Springdale, Arkansas. Gabriela et Edwin, tous deux d'origine mexicaine, travaillent depuis sept ans à la chaîne dans une usine de poulets, à quelques kilomètres du parc de caravanes où ils vivent. Espérant mettre assez d'argent de côté pour un jour partir ailleurs, ils supportent tant bien que mal leurs conditions de travail inhumaines et leurs salaires de misère. Le jour où le directeur de leur usine, Luke Jackson, renvoie Edwin sans ménagement ni réel motif, ce dernier est bien décidé à ne pas se laisser faire. Quitte à s'en prendre à Luke et à sa femme, Mimi, jeune mère au foyer. S'il veut seulement obtenir réparation et que justice lui soit rendue, les événements vont cependant très vite lui échapper. C'est le début d'une spirale infernale pour les deux couples, qui, de façon impitoyable, vont être mis face à leurs responsabilités.