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On vient parfois par des moyens détournés à découvrir un roman mais aussi une maison d’édition qui n’est pourtant pas nouvelle.

C’est une personne d’une autre maison d’édition (merci Julien) qui m’a conduite vers L’Arbre Vengeur. Je suis allée feuilleter leur catalogue par curiosité et la couverture de Les Tortues, qui n’était pas encore paru à ce moment-là, m’a interpelée et la quatrième de couverture a fini de me convaincre.

Les Tortues a été écrit en 1956 par Loys Masson, aujourd’hui décédé, et pourtant il est on ne peut plus d’actualité puisqu’une épidémie y sévit tout au long du roman.

Pourtant ça aurait pu être un roman d’évasion cette histoire qui se déroule aux Seychelles.

Ce roman parle de piraterie, d’un trésor caché quelque part et le capitaine de la Rose de Mahé est prêt à tout pour convaincre son équipage de repartir en mer avec une cargaison puante de tortues. Pour certains elles sentent juste très mauvais, pour d’autres elles stimulent leur curiosité alors qu’elles en terrifient d’autres. C’est le cas du narrateur, traumatisé dans son enfance et matelot sur le bateau. Pour lui, il n’y a pas pire cargaison, même pas la variole qui s’est invitée à bord.

Quand les premiers signes de la maladie se manifestent, un vent de mutinerie se lève et souffle dans les voiles.

Ils ne seront que deux survivants mais qu’est-ce qui a conduit les autres à la mort ? La maladie ? Les tortues ? ou le trésor ?

Dans une langue d’un autre temps, très poétique, Loys Masson nous parle de la peur de la maladie, celle de la mort, de toutes sortes de phobies qui peuvent nous habiter.

Il nous montre aussi, au travers du narrateur, qu’il est possible d’affronter ses peurs et de survivre à ce que l’on pense fatal même si des séquelles persisteront, que l’espoir doit être conservé coûte que coûte.

A bord de la Rose de Mahé, comme depuis quelques mois à notre époque, vous découvrirez la peur de mourir d’une épidémie contre laquelle aucune solution n’existe vraiment, vous entendrez des hommes qui préfèrent nier la réalité, d’autres qui sont terrorisés, les uns se montant contre les autres à tel point qu’il se pourrait que la maladie, finalement, ne soit plus qu’accessoire ou, peut-être, serve d’excuse à certains.

Pour résumer, c’est un superbe texte d’une écriture certes désuète mais tellement belle !

Je vous encourage à aller fureter dans leur catalogue on ne peut plus éclectique, vous trouverez sans aucun doute votre prochaine lecture.

A découvrir ici : https://www.arbre-vengeur.fr/

 

Les tortues - Éditions de l'Arbre vengeur

Les Tortues est considéré par ses trop rares lecteurs comme le Au-dessous du volcan français, c'est dire son importance. On prendra un jour le temps de s'immerger dans ce roman qui a vu son auteur se transcender pour parvenir à cette perfection inquiétante.C'est un livre profondément romanesque en même temps que viscéralement tourmenté.Il s'agit du récit d'un ...

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 4ème de couverture :

Quittant les Seychelles ravagées par une épidémie de variole, la Rose de Mahé s'éloigne avec une cargaison étrange : des tortues géantes, dont on entend les inquiétants déplacements dans la cale. L'équipage du navire rêve de fortune depuis que la capitaine a annoncé qu'il y aurait de l'or au bout du voyage, mais c'est un prisonnier, silencieux, qui détient la clef de ce trésor. Tous ignorent que le germe de la mort a embarqué avec eux… Cette aventure, aussi belle que terrifiante, racontée des décennies plus tard par le dernier survivant, n'est cependant pas que celle de marins de fortune.

 

L’auteur :

Loys Masson (1915-1968) est originaire de l’Ile Maurice. Débarqué à Paris au tout début de la guerre, il entre dans la Résistance dont il deviendra un des plus grands poètes. Chrétien et communiste, Secrétaire du Comité National de la Résistance puis rédacteur en chef des Lettres Françaises, il se consacrera ensuite exclusivement à l’écriture : poésie, roman, théâtre, pièces radiophoniques. On lui doit notamment Les Tortues (1956), chef-d’œuvre méconnu et Le notaire des Noirs (1962), tous les deux parus chez Robert Laffont son fidèle éditeur. De son recueil posthume, nous avons exhumé quelques nouvelles sous le titre Saint Alias, cette dernière étant parue la première fois en 1946.