inuit

 

J’ai découvert l’écriture de Lilian Bathelot avec son magnifique « Simple mortelle » paru à La Manufacture de Livres, une écriture très mature, un roman ancré dans le genre qu’on appelle « rural noir » et qui a vu émerger des Franck Bouysse, pour n’en citer qu’un seul.

Quand j’ai vu que sortait en poche C’est l’inuit qui gardera le souvenir du Blanc, paru en grand format il y a près de quinze ans, je me suis dit que j’allais le lire, ne serait-ce que pour voir l’évolution.

Depuis quelques mois et encore en cette rentrée littéraire, et comme chaque année, on se demande si auteurs et éditeurs se « passent » le mot pour sortir des romans tournant tous autour du même thème ou se déroulant dans le même décor.

C’est affreusement lassant pour les lecteurs boulimiques comme moi.

Depuis quelques mois, donc, nous avons droit à pléthore de romans se passant dans le grand Nord et d’autres sont encore prévus, autant vous prévenir, et pas forcément, et même rarement, écrits par des auteurs nordiques ce qui n’arrange rien. Je ne citerai aucun roman, ceux qui suivent l’actu littéraire verront de quoi je parle.

Je vais présumer que le fait que ce roman soit réédité en poche ces temps-ci et se passe au Groenland est une simple coïncidence.

Mais, dans le cas contraire, je vais l’excuser car ce petit roman sans prétention est un véritable souffle de fraicheur. Certains le diront « puéril » et je leur répondrai que non. A la différence d’autres romans, celui-ci n’a pas la prétention de s’auto-proclamer thriller nordique de l’année et je suis persuadée que l’auteur n’y a même jamais songé.

Bien moins léger qu’on pourrait le croire, ce roman a un fond politique, géopolitique, écologique très affirmé. Même si elle est censée se passer dans quelques années, beaucoup des aspects de cette histoire sont plus proches qu’on ne le croit.

En rajoutant une touche de romance contenue, Lilian Bathelot touche là un public plus vaste que ses confrères et offre un roman accessible à tous, y compris aux ados.

L'écriture reste cependant très différente de Simple mortelle qui gardera ma préférence.

Un roman donc rafraichissant qui fait du bien, qui détend et on ne peut pas dire qu’on n’en a pas besoin en ce moment.

 

4ème de couverture :

Dans une société hyper technologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires Inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l'on peut échapper au reste du monde, soit pour le plaisir de retrouver la nature et des gestes ataviques, soit pour des raisons plus complexes et plus secrètes. Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cette indépendance, et d'en comprendre le pourquoi et le comment. Cela a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, ces mammifères marins à longue dent de licorne, et avec leur sonar si particulier.

 

L’auteur :

Auteur inclassable, réalisateur, il a été prof de philo, champion de tir, spécialiste d'escalade et de golf, Lilian Bathelot est l'auteur d'une quinzaine de romans qui naviguent entre littérature (éditions J'ai lu, Métailié, Albin Michel, Climats, La Manufacture de livres) et littérature jeunesse (Gulf Stream, Le Navire en peine ville). Réalisateur de documentaires, il écrit aussi pour le cinéma, la radio (Radio France production) et le théâtre.

 

 

C'est l'Inuit qui gardera le souvenir du blanc | Lisez!

" Un livre aussi vieux que la sagesse du monde et aussi futuriste que ce qui nous pend au nez... Des frissons, de grands calmes blancs, du courage, de l'héroïsme. La confrontation de deux manière de considérer la vie. Une belle écriture comme on en connaît peu, des personnages attachants ou détestables, et un final terrible, qui m'a rendue triste.

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Éditeur : Pocket (novembre 2020)

ISBN : 978-2266307451