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Danses du destin, paru en Octobre chez Quidam Editeur, est passé un peu trop inaperçu à mon avis.

Michel Vittoz a mis de nombreuses années à écrire ce roman, suite de Œdipe à Paname, mais nous livre là un vrai bon roman noir.

Peu importe que vous ayez lu le premier ou pas, vous ne pourrez qu’apprécier ce texte.

Les chapitres commencent toujours par un pronom en gros et en gras.

JE c’est Nathan, l’élément central de cette histoire. Nathan est un orphelin de la seconde guerre mondiale, d’origine juive, recueilli et élevé par Maman Louise (ELLE). Mais Nathan a ses démons et un soir, il abat un homme avant de le rouer de coups et de le jeter dans la Seine. Sauf que sans le savoir, il vient d’assassiner son père biologique.

Maman Louise, Marcel, je le sais maintenant, ils avaient tout fait pour m’éviter ça : revenir au cauchemar du passé. Parce que ma peur, c’était de là qu’elle venait, d’un cauchemar. Mais vrai, réel. Et pourtant c’était quelque chose que la réalité aurait jamais dû permettre. Y en a qui avaient ouvert les portes qu’il fallait pas et c’est entré dans le monde : l’horreur, juste l’horreur avec sa croix gammée.

TU est un policier chargé de mener une enquête sur la mort de cet homme et sur le Serpent, politicien au passé trouble.

IL est un tueur à gages. Sa mission : tuer Maman Louise. Mais tout n’est pas si simple.

ELLE c’est Maman Louise, peut-être le personnage qui relie tous les autres entre eux.

Incroyable ce qu’elle avait pu raconter : la Résistance et les pots de confiture. Les dénonciations, la déportation, et le pull noir à manches longues qu’elle avait réussi à tricoter pour son Nathan. Des histoires de cachettes et de dossiers secrets qui la faisaient rire comme une enfant. La notaire à Beaune qui l’avait convoquée pour lui annoncer la mort de Jacob. Le testament qu’elle irait chercher dès que son Nathan serait de retour. Le temps est passé comme un conte.

NOUS et VOUS constituent des apartés aux lecteurs, sujets à caution pour ma part mais soit…

Avec ces différents personnages, Michel Vittoz tire des ficelles et les relie les unes aux autres de la même façon que leurs destins à tous sont liés et prennent racine pendant cette période entre résistants et collabos et entre ceux qui étaient un peu l’un, un peu l’autre, au grès du vent.

C’est un roman assurément très sombre, tragique de bout en bout assorti d’une écriture austère et impitoyable avec les personnages.

C’est vraiment un roman à découvrir pour tous les amateurs de Noir.

 

4ème de couverture :

« J’ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c’était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c’était possible, haïr à ce point. Haïr un inconnu qu’on vient de tuer. Haïr un mort. Je ne sais pas combien de fois il aurait fallu que je le tue pour cesser de le haïr.

Mes coups de pied l’ont fait rouler jusqu’au bord du quai. Il est tombé dans le canal entre deux bateaux. Je l’ai vu disparaître dans l’eau noire. »

Je tue mon père sans le savoir. Tu veux comprendre pourquoi. Elle, Il devait la tuer.  Nous n’en savons pas plus. Vous non plus. Ils se demandent ce qui a bien pu se passer.

 

L’auteur :

Michel Vittoz est l’auteur des romans Œdipe à Paname (10/18 Christian Bourgois Éditeur 1990. Point de Mire 2002). La Conversation des morts (en 7 volumes) :  L’Institut Giuliani (tome 1, Buchet Chastel), Grand Prix du Roman de la Société des Gens de Lettres 2002.

 

Editeur : Quidam (octobre 2019)

Collection : Les Âmes Noires

ISNB : 978-2374911182

 

 

Danses du destin | Quidam éditeur

"J'ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c'était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c'était possible, haïr à ce point.

http://www.quidamediteur.com