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EVADEZ-MOI
25 mars 2019

Les Bleed de Dimitri Nasrallah

bleed

 

 

La Peuplade est une maison d’édition Québécoise qui commence à faire parler d’elle en France.

J’ai choisi de découvrir cette maison avec Les Bleed de Dimitri Nasrallah, traduit par Daniel Grenier.

Ce roman, annoncé comme un thriller politique, n’est pas forcément ce à quoi l’on s’attend avec une telle étiquette… et c’est tant mieux parce que Les Bleed, c’est bien plus intelligent que ça.

C’est d’abord, et en surface, les relations souvent très compliquées entre un père et son fils surtout quand ledit fils est un champion de course automobile, placé à la présidence du pays mais peu impliqué dans la vie politique et quand une guerre de pouvoir vient s’appuyer sur des rivalités et des rancœurs anciennes.

Ce roman est construit sur les points de vue et les actions de Mustafa Bleed, le père, d’un côté, et de Vadim Bleed, le fils, de l’autre côté. L’action se déroule dans un pays imaginaire mais que l’on pourrait situer soit en Jordanie, soit vers l’Ouzbékistan ou le Kazakhstan parce qu’il est question aussi d’argent, de beaucoup d’argent, que rapportent aux Bleed les mines d’Uranium du pays cachées dans les montagnes Allégoriques.

Et ce texte peut en cacher certaines, d’allégories.

La première est le nom de ce pays, Mahbad, qui peut être dérivé de l’expression Mah Bad, ou « my bad », utilisée outre Atlantique, et qu’on peut traduire par « désolé » ou « je n’ai pas fait exprès, c’est ma faute ». En effet, toute la série d’événements se déroulant dans ce roman peut être et va être imputée à Vadim, parfois à l’insu de lui-même.

Autre (possible) clin d’œil, le nom même de cette famille de dictateurs de père en fils, Bleed, qui veut dire « saigner ». Effectivement, les Bleed sont arrivés au pouvoir après l’extermination massive des Lezers, un des peuples de cette région imaginaire, un peu à l’image de la guerre fratricide entre Serbes et Croates, à peu près à la même époque que ce déroule l’histoire.

Sans parler d’une Place de Révolution au cœur d’une dictature…

Ce texte extrêmement subtil traite donc d’une dictature et de tout ce qui peut caractériser un tel régime, d’où il naît, comment et par qui il est nourri et comment il peut se terminer.

Il peut bien sûr se lire comme une fiction distrayante mais il serait dommage de s’arrêter à cet aspect car ce roman mérite qu’on découvre toutes ses facettes.

 

4ème de couverture :

A Mahbad, la famille Bleed règne depuis trois générations. Le dernier-né, Vadim Bleed, sollicite un second mandat lors d'une élection présidentielle aux allures de spectacle à grand déploiement. Ce n'est qu'une formalité, après tout : la journée est réglée au quart de tour, et si quelques bulletins de vote disparaissent, ce ne sera pas la fin du monde. Mais les événements tournent mal. Sur la Place de la Révolution et dans les rues de Qala Phratteh, de violents affrontements éclatent alors que la population réclame un nouveau gouvernement. Les résultats du scrutin se font attendre, les forces de l'ordre fourbissent leurs armes, et Vadim Bleed manque à l'appel. Son père, Mustafa Bleed, éminence grise ou pantin désarticulé, croyait pourtant avoir les choses en main.

 

 

L’auteur :

Dimitri Nasrallah signe, avec Les Bleed, son troisième roman, après Blackbodying et Niko. Né à Beyrouth pendant la guerre civile, il vit à Montréal, où il enseigne la création littéraire.

 

 

  • Editeur : La Peuplade (janvier 2019)
  • Traduction : Daniel Granier
  • ISBN : 978-2924898109

 

 

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