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J’avais découvert la littérature policière asiatique avec SIX-QUATRE de Hidéo Yokoyama publié également aux Editions Liana Levi en 2017.

Je récidive avec Chine, retiens ton souffle (un titre que je trouve magnifique).

J’ai eu la chance de croiser l’auteur lors de l’édition 2016 de Toulouse Polars du Sud dont il était le parrain mais n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir une enquête de l’inspecteur Chen. Croyez-moi, j’ai eu tort d’attendre.

Sous le couvert d’une enquête policière, Qiu Xiaolong fait passer un message très important et valable pour tous les pays hyperindustrialisés.

L’inspecteur Chen est sollicité pour apporter son aide à une équipe d’enquêteurs chargés de résoudre une affaire de tueur en série.

Dans le même temps, il est contacté par un homme influent du Parti afin de se renseigner sur une de ses anciennes conquêtes, activiste écologique.

L’auteur nous décrit la Chine écrasée dans un énorme nuage toxique qui étouffe la ville autant que ses habitants.

Il tente de nous démontrer les conséquences néfastes de l’industrialisation et du capitalisme à outrance sur notre environnement. Comment accepter que des gens, pour survivre à cet air toxique, doivent vivre avec un masque. Un air qui leur interdit de pratiquer des sports. Un air qui tue aussi. C’est aussi pour ça que je trouve ce titre juste magnifique parce qu’il résume exactement ce que doit faire la population, en Chine, mais bientôt sur toute la planète, si elle veut survivre quelques années de plus.

C’est donc bien plus qu’un polar que l’auteur nous propose avec une intrigue policière somme toute classique.

Mais au-delà, c’est un vrai message de santé publique, d’écologie, de dénonciation du pouvoir politique, de la corruption, peut-être plus visible en Chine mais qui gangrène le monde entier.

Face à l’échec de la Révolution culturelle et tous les scandales de corruption qui éclatent au sein du Parti, les gens ne croient plus à rien… sauf peut-être à ce qu’ils peuvent tenir entre leurs mains, ce qu’ils veulent obtenir à tout prix, notamment au prix de l’environnement. Donc le problème n’est pas seulement la pollution de l’eau, de l’air ou des produits alimentaires, c’est aussi la pollution des esprits.

Et tout cela écrit avec assez de légèreté afin de ne pas paraitre être une leçon qu’on voudrait asséner au lecteur mais juste un constat.

Aucune lourdeur ne ponctue donc ce texte parsemé de poésie. Les personnages sont aussi sympathiques bien que peu élaborés, cela étant dû au fait qu’il s’agit d’une énième enquête du duo Chen-Yu, avec de nombreuses références à de précédents romans, même si ça n’entrave en rien le récit. On cerne un peu moins les personnages à cause de cela mais l’important n’est pas là dans ce roman.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce polar qui me donne envie de découvrir les précédents.

 

4ème de couverture :

Officiellement, l'inspecteur Chen est toujours à la tête de la brigade des affaires spéciales ; en réalité, il a été mis au placard. Le secrétaire Li fait pourtant appel à lui, ainsi qu'à son fidèle coéquipier Yu, car un tueur en série sévit à Shanghai. En quatre semaines, quatre victimes ont été frappées à la tête en pleine rue, à l'aube, par un mystérieux assassin. D'abord Peng, une aide de nuit à l'hôpital et après elle, un présentateur météo, une agente immobilière et une journaliste. À côté de chaque corps, un masque antipollution jaune… Faut-il voir dans ce détail un message contre la pollution atmosphérique endémique qui inquiète les citoyens ? Parallèlement, un groupe de militants écologistes, auquel appartient une amie de Chen, la journaliste Shanshan (cf Les courants fourbes du lac Tai), cherche à éveiller les consciences et à secouer le Parti : car si les plus riches s'équipent de purificateurs d'air ou fuient le pays, parmi le commun des mortels, cancers et maladies respiratoires se multiplient. Chen est convoqué par le camarade Zhao, ancien secrétaire du Parti à la commission de contrôle de la discipline, pour enquêter sur les activités du groupe.

 

 

L’auteur :

Qiu Xiaolong est né à Shanghai en 1953. Lors de la Révolution culturelle, son père est la cible des révolutionnaires et lui-même est interdit de cours. Il soutient néanmoins une thèse sur le poète T. S. Eliot et poursuit ses recherches à Saint-Louis, aux États-Unis. Les événements de Tian'anmen le décident à s'y installer et c'est en anglais qu'il écrit la célèbre série policière mettant en scène l'inspecteur Chen ainsi que les nouvelles du cycle de la Poussière Rouge. Traduits dans vingt pays, ses livres se sont déjà vendus à plus d'un million d'exemplaires à travers le monde.

 

 



 

Editeur : Liana Lévi (octobre 2018)

Collection : Policiers

Traduction : Adélaïde Pralon (Anglais US)

ISBN : 9-1034900664