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Je continue mon exploration de la littérature dite « blanche » mais cette fois-ci ce n’en est pas vraiment. Ce roman a une portée dramatique telle qu’on pourrait facilement le trouver en rayon littérature Noire.

Victor est un quinqua récemment séparé de son épouse Rachel. Il retourne dans le quartier de sa jeunesse, espérant finir le roman qu’il a commencé il y a plusieurs années, et passant ses soirées au pub du coin. Là, il y rencontre Ed un ancien camarade de collège. Au fil des soirées, Victor va se rappeler ces années dans un collège dirigé par des Frères il y a quarante ans de ça. Tout ce qu’il a voulu oublier remonte à la surface.

Roddy Doyle nous raconte la misère dans cette Irlande des années 60-70, le père qui s’abime la santé au travail, la mère au foyer, si parfaite et si aimante. Il nous raconte aussi cette éducation très dure que l’on recevait dans les écoles religieuses (ça sent le vécu ? vous avez raison). Il nous parle d’un sujet encore tabou même s’il est maintenant connu de tous sans pour autant être avoué ou assumer.

Pour une fois et chapeau à l’éditeur, la 4ème de couverture ne révèle pas le cœur de ce roman et c’est parfait. Je suis allée de découverte en découverte avec ce texte. Témoignage poignant de Victor entrecoupé de ses passages au pub où il retrouve Ed, son dénouement est totalement imprévisible et clos en finesse une histoire qui finit par vous attendrir.

Victor est un personnage rendu solitaire et son flashback dans le passé se fera parfois dans la douleur.

Le tout est servi par une écriture aussi noire que l’histoire qu’elle raconte, traduit par Christophe Mercier.

J’ai été tentée de mettre un extrait dans cette chronique mais le passage que j’avais choisi en révèle trop.

Je n’ai qu’une chose à ajouter : lisez-le ! Il va peut-être vous choquer parfois, vous attendrir souvent, vous interpeller mais c’est un texte au message fort délivré avec un style et une forme inattendue.

 

4ème de couverture :

Victor Forde vient de se séparer de sa compagne, Rachel Carey, le grand amour de sa vie. Il retourne vivre dans le quartier dublinois de son enfance, près de la mer, où il s’installe dans un immeuble moderne abritant essentiellement des émigrés d’Europe de l’Est. Il se force à se rendre tous les soirs dans le même pub, comme «on irait à la salle de sport ou à la messe». Il y rencontre un certain Ed Fitzpatrick, qui lui assure être un ancien camarade de classe. Il ne se souvient pas de lui mais a une sensation désagréable en sa présence, sans réussir à s’expliquer pourquoi. Ils se croisent régulièrement au pub : Ed recherche une complicité, il revient sans cesse sur leur passé d’écoliers chez les frères chrétiens. 
Victor se bat avec sa mémoire et refuse de toute évidence des pans entiers de son passé. Ed Fitzpatrick, suspect, voire sinistre, agit sur lui comme un révélateur et l’oblige à affronter la réalité.

 

L’auteur :

Roddy Doyle est né en 1958 à Dublin (Irlande). Il est l’un des écrivains irlandais les plus connus. Plusieurs de ses œuvres ont été portées au cinéma comme Les Commitments d’Alan Parker, The Van de Stephen Frears. Smile est son douzième roman.

 

Parution le : 23 août 2018

Editeur : Joëlle Losfeld

Collection : Littérature Etrangère

Traduction : Christophe Mercier (traduit de l’anglais – Irlande)

ISBN : 978-2072758522

 

 


Joëlle Losfeld - Smile - Roddy Doyle - Littérature étrangère

http://www.joellelosfeld.fr