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18 avril 2018

Derniers Jours A Berlin de Harald Gilbers

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Berlin

Vendredi 20 Avril 1945

12 jours avant la capitulation des troupes berlinoises

 

 

Ainsi débute ce roman mêlant Histoire et polar.

Alors que les Russes sont aux portes de Berlin, le commissaire Oppenheimer et sa femme Lisa se terrent dans la cave d’une ancienne brasserie.

L’auteur nous relate la vie de ces berlinois alors que le Reich est en déroute, dans une ville détruite par les bombardements. Manque de nourriture, d’électricité, d’eau courante, s’ajoutent aux menaces des nazis envers quiconque accepterait de se rendre.

Oppenheimer et sa femme accueillent alors un étrange personnage dans leur abri. Un homme muni d’une valise dont il refuse de se séparer.

Quand les russes envahissent Berlin, l’armée Rouge porte alors son nom de façon probante. Meurtres, exécutions, viols, pillages deviennent le quotidien des berlinois. Le commissaire Oppenheimer, interrogé par des officiers russes suite au meurtre de leur « locataire », rentre dans ce qui sert, à lui et sa femme, d’abri. Il retrouve Lisa violentée et violée. Bien décidé à se venger des agresseurs de son épouse, le commissaire va se lancer dans une quête ou s’entremêlent politique, stratégie, espionnage avec au centre une valise qui pourrait bien changer les choses.

Ce roman est très documenté ce qui le rend vraiment très intéressant. J’aime beaucoup les romans se passant pendant cette période de l’Histoire et pourtant je n’adhère généralement pas aux polars historiques. Quand j’ai reçu ce roman, je l’ai mis immédiatement en haut de la pile. C’est un roman très riche en enseignements sur cette période et en particulier sur ce front russe et la prise de Berlin. On a plutôt l’habitude de lire des romans mettant en scène les camps de concentration, d’extermination, la Résistance française. Il est plus rare de lire des romans se passant de l’autre côté.

Alors bien sûr, l’auteur étant  Allemand, les berlinois apparaissent ici comme les opprimés face aux Russes, même si on sait que l’Armée Rouge a commis beaucoup de délits lors de cette invasion. Les Alliés sont perçus comme des armées « laissant faire ». Les rôles des gentils et des méchants sont clairement inversés.

De la même façon, les habitants de Berlin passent pour des victimes involontaires de l’armée d’Hitler, forcés à obéir, puis sorte de dommages collatéraux lors de la déroute. On ne trouvera quasiment aucune phrase sur le sort des juifs allemands, le texte se concentrant plus volontiers sur les prisonniers ou persécutés politiques du régime.

C’est un point de vue, pas forcément le mien. C’est ce qui m’a le plus dérangée dans ce roman. Il est clair que cela sera perçu différemment selon les origines des lecteurs ou le pays dans lequel il sera traduit et publié.

Reste la trame polar du roman qui se confond avec un scénario d’espionnage. Un scénario parfois un peu compliqué, un peu alambiqué, mais qui se révèle intéressant.

Les personnages sont quant à eux nombreux mais bien campés, ajoutant en crédibilité à cette histoire de vengeance et de valise que tout le monde semble vouloir récupérer : Allemands comme Russes.

Enfin, en ce qui concerne le style et hormis la qualité documentaire, c’est plus factuel que stylisé, ni ennuyeux, ni original et tient plus de l’ambiance espionnage que de celle d’un polar musclé ou psychologique.

En bref, un roman très riche en détails historiques et un scénario multiple qui plaira aux amateurs d’Histoire, de polars comme de romans d’espionnage.

 

4ème de couverture :

Berlin, fin avril 1945. Le Troisième Reich vit ses dernières heures.  Le commissaire Oppenheimer et sa femme Lisa se terrent dans le  sous-sol d’une brasserie en attendant la capitulation. C’est leur ami Ed  le Mastard qui les y cache. Mais le chaos de la défaite ne les épargne  pas : quand les troupes soviétiques envahissent la ville, le couple est  séparé, et Lisa, violée.

Quelque temps plus tard, alors qu’Oppenheimer traque un homme qui  a floué Ed, il découvre par hasard l’identité du violeur de sa femme, un  certain Grigoriev. Mu par la haine et le désir de la venger à tout prix, il  comprend vite qu’il n’est pas le seul à en vouloir à cet homme. L’Armée  rouge cherche elle aussi à arrêter ce déserteur russe, à la tête d’une  redoutable bande de pillards. S’ensuit une traque sans merci. L’enjeu est  de taille : il s’agit de mettre la main sur du matériel primordial aux projets  nucléaires nazis…

 

L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’Histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. L'auteur a remporté le prestigieux prix Friedrich Glauser pour son premier roman policier, Germania.

 

  • Editeur : Calmann-Lévy (4 avril 2018)
  • Collection : Noir
  • Traduction : Joël Falcoz
  • Prix: 21.90 €
  • ISBN: 978-2702163559

 

 

Derniers jours à Berlin

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