Les-ombres-de-montelupo

 

 

 

Le pitch :

Le commissaire Soneri a besoin de vacances alors il décide d’aller passer quelques jours dans son village natal au pied du Montelupo. Quand il arrive là-bas, le village est en émoi car deux de ses citoyens les plus importants n’y ont pas été vus depuis plusieurs jours. Soneri pensait passer ses vacances à chercher des champignons ? Il va se retrouver bien malgré lui mêlé à des mystères et des secrets bien enfouis.

 

Mon avis :

Après une enquête le long du fleuve Pô dans Le Fleuve des Brumes, après les rues de Parme dans La Pension de la Via Saffi, Valerio Varesi nous emmène au pied du Montelupo.

« Et c’est où, Montelupo ?

-        C’est un sommet qui se trouve en face du village. Beau, bien qu’un peu sinistre à cause de certaines légendes. »

On retrouve d’emblée ce qui fait l’atmosphère des romans de Valerio : le froid, l’humidité et cette brume omniprésente qui crée un climat oppressant, presque sinistre, en tout cas, noir, très noir.

Brusquement, la lumière s’affaiblit et un brouillard épais envahit le bois. Soneri décida de descendre et c’est alors qu’il entendit un son amorti de pas qui s’enfonçaient dans le feuillage humide. De temps en temps, on distinguait le bruit sec d’une branche cassée, comme si quelqu’un piétinait des branchages morts à l’ombre des hêtres. Il descendit encore en posant prudemment ses pieds pour ne pas briser le silence profond dans lequel chaque bruit, même minime s’amplifiait.

Le commissaire Soneri revient dans son village natal à la rencontre du passé et encore une fois, l’auteur revient sur des heures sombres de l’Italie, sans complaisance ni accusations, mais en faisant un subtil lien avec l’actualité des migrants, en Italie, comme partout en Europe de l’Ouest.

Quand il rejoignit la route pour Boldara, il se souvint des Albanais et des autres voyageurs qui parcouraient les montagnes. On en parlait désormais comme d’un danger qui avait remplacé la peur ancestrale des bêtes sauvages, de la foudre et de la grêle.

Ce que l’on ressent beaucoup à travers ce roman, comme dans les deux premiers, c’est l’amour de l’auteur pour sa terre, c’est la sensibilité d’un homme, son humilité aussi.

Soneri, bien que fermement décidé à ne pas se mêler de ce qui se trame dans le village, ne peut pas s’empêcher d’aider ces villageois qui, pour certains, l’ont vu grandir, et les carabiniers venus enquêter. Sorte de porte parole, Soneri va devoir délier les langues de ces villageois cachant tous de terribles secrets, des regrets, des rancœurs tenaces et de la honte. Il va aussi trouver des réponses concernant son propre passé. Le commissaire commence à révéler certaines facettes de sa personnalité et gagne en charisme au fil de ses enquêtes.

L’intrigue qui constitue le scénario de ce roman est travaillée et riche d’informations géographiques, politiques et sociales. Elle est peuplée de personnages à qui l’auteur arrive à donner une réalité presque palpable. Des personnages qui souffrent de solitude et d’isolement, n’ayant pas encore tourné la page du passé, vivant selon des habitudes ancestrales tant et si bien qu’on les croirait sortis d’une autre époque.

Comme dans les précédents, l’écriture est minutieuse, belle et poétique. C’est un auteur dont on savoure les romans et on prend son temps pour lire ces polars qui n’ont pas besoin de scènes d’action spectaculaires pour captiver les lecteurs. Pour moi, Les Ombres de Montelupo est certainement le meilleur de la série. Autre point fort qui fait très souvent défaut aux romans à personnages récurrents, vous pouvez parfaitement les lire en « one-shot » ou même dans le désordre puisque rien ne lie les différentes enquêtes, hormis Soneri et sa compagne Angela.

Valerio Varesi est un auteur qui sait charmer ses lecteurs, un auteur à découvrir et à suivre de très près. Pour ma part, j’attendrai avec impatience le prochain.

 

4ème de couverture :

La troisième aventure du commissaire Soneri

C'est l'automne à Parme. Le commissaire Soneri décide d'échapper à la grisaille de la ville en retournant dans son village natal des Apennins pour des vacances bien méritées. Il se réjouit à l'idée de cueillir des champignons sur les pentes boisées de Montelupo, une activité jadis partagée avec son père. Sur le village isolé règne la famille Rodolfi, producteurs de charcuterie depuis des générations. Le patriarche, Palmiro, mène sa barque d'une main sûre. Mais derrière la réussite, se profile un drame familial : le fils, Paride, a d'autres projets pour son avenir... Brutalement, la famille est plongée au cœur d'un scandale financier qui touche toute la petite communauté : Palmiro aurait escroqué la plupart des habitants en leur faisant miroiter des placements financiers qui s'avèrent bidons. Peu après, un randonneur fait une découverte macabre dans les bois : le cadavre de Paride. Voilà qui signe la fin des vacances paisibles de Soneri, embarqué malgré lui dans une enquête où les relations complexes entre le père et le fils Rodolfi jouent un rôle prépondérant. Et en creusant, Soneri va se retrouver bien plus impliqué qu'il ne l'aurait souhaité, quand il découvre que son propre père et Palmiro étaient amis... 

 

L’auteur :

VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l'auteur de onze romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes (PRIX VIOLETA NEGRA 2017) et La Pension de la via Saffi, parus aux éditions Agullo. Les Ombres de Montelupo a été nominé pour l'International Dagger Award en 2012. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues.

 

  • Traduction: Sarah Amrani
  • Editeur : Agullo (22 mars 2018)
  • Collection : Agullo Noir
  • Prix : 21.50 €
  • ISBN: 9791095718390

 

 

 

Agullo Noir

C'est l'automne à Parme. Le commissaire Soneri décide d'échapper à la grisaille de la ville en retournant dans son village natal des Apennins pour des vacances bien méritées. Il se réjouit à l'idée de cueillir des champignons sur les pentes boisées de Montelupo, une activité jadis partagée avec son père.

http://www.agullo-editions.com