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Le pitch :

Madie, Pata et leurs neuf enfants se retrouvent seuls dans leur maison en haut d’une colline, cernés par l’océan après un raz de marée qui a tout englouti. Mais l’eau continue de monter et s’ils veulent survivre, il leur faut partir. Seul souci, la barque qu’ils ont est trop petite. Le père, Pata, va devoir choisir qui restera en attendant de pouvoir revenir les chercher.

 

Mon avis :

Quel roman !  Cette histoire est difficile à classer dans un genre. Drame familial, avec un soupçon de fantastique, aventure…

Dans un monde post-apocalyptique, Sandrine Collette nous livre neuf personnages qui vont vivre, survivre.

L’histoire est dure, très dure et s’ouvre sur une première partie où le père va faire le choix de laisser trois de ses enfants pour en sauver six autres.

Ils ont vu les traces de pas autour du ponton et su que c’était vrai. D’ailleurs, la barque n’était plus là. Plus tard, ils vont rentrer dans la maison et relire dis fois le mot laissé par Madie, posé sur la table. Pour l’instant, ils scrutent l’horizon de toutes leurs forces. S’ils pouvaient deviner la barque quelque part, même sur la ligne la plus lointaine, ils se jetteraient à l’eau pour la rejoindre. Mais ils ne distinguent que les joncs et les arbustes épars chaque jour, et leur vision est floue.

Les larmes, bien sûr.

Noé s’agenouille en premier. Il appelle leur mère. Perrine s’assied à côté de lui, le prend dans ses bras. Louie s’ajoute. Tous les trois ils se tiennent ensemble, mains serrées, blanchies par l’énergie qu’ils mettent à se promettre en silence de ne pas se quitter. Trois petits êtres qui pleurent joue contre joue, avec des mots en sanglots que le vent emporte.

L’amour maternel et l’amour paternel sont deux choses différentes, tout parent le sait. Le choix que fait le père, aucune mère ne pourrait le faire. Tout au long de ce roman, cette différence est très présente.

Ici, on enfonce le clou puisque le père ne choisit pas les trois « sacrifiés » au hasard. Il fait le choix d’abandonner les trois plus faibles : Louie est handicapé d’une jambe, Noé est un enfant de très petite taille et Perrine est borgne, ayant perdu un œil lors d’un accident.

Le thème du rejet des enfants différents est donc planté avec force. Mais l’auteur va leur prêter un courage hors norme dans ce récit de survie.

Tout ceux qui ont ou ont eu des enfants atteints de maladies grave, de handicap ou victime d’un accident, connaissent le courage et la joie de vivre qui ne quittent jamais les enfants.

Ce roman est un fabuleux hommage à ces enfants qui se battent chaque jour.

Tout le roman repose sur ces personnages qui sont vraiment magnifiques. Vous souffrirez avec Madie, ressentirez sa colère, son désespoir et sa haine. Vous ressentirez presque de l’amour pour ces trois petits bouts livrés à eux-mêmes, attendant, pleins d’espoir, que leur père revienne les chercher.

Les puristes diront qu’il y a des incohérences dans le récit, peut-être, sûrement, mais le message est puissant, le roman sait garder son intensité du début à la fin. Je pense qu’il ne sera pas lu de la même façon si le lecteur est un homme ou une femme. Un homme dira que Pata n’avait pas vraiment le choix, qu’il a fait ce qui était le mieux pour sa famille. Une femme va l’accabler, penser qu’on ne peut pas choisir.

L’écriture n’est pas ce qui m’a le plus emballée. J’ai toujours eu du mal avec des phrases incomplètes. « Ont peur. » Cela saccade un texte qui n’en a pas forcément besoin.

Sans en dévoiler trop, la fin m’a déconcertée, me laissant un sentiment de « non terminé ». Ceci dit, vu le contexte de l’histoire, terminer un roman en « queue de poisson » est plutôt drôle.

Pour résumer, c’est un roman exceptionnel, original, bouleversant. Et, n’eut été cette fin et cette écriture, je l’aurais sans doute classé dans mes coups de cœur. A découvrir !

 

4ème de couverture :

Une petite barque, seule sur l’océan en furie. 
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. 
Un combat inouï pour la survie d’une famille. 

Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île. 
Et l’eau recommence à monter. Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants. 

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.

 

L’auteur :

Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage son temps entre l'écriture et ses chevaux dans le Morvan. Elle est l'auteur de Des noeuds d'acier, Grand Prix de Littérature policière 2013 et best-seller dès sa sortie, Un vent de cendres, Six fourmis blanches, Il reste la poussière, couronné par le prix Landerneau 2016, et Les Larmes noires sur la terre.

 

 

Juste après la vague - Sandrine Collette - Sueurs Froides - Éditions Denoël - Littérature - Essais - Romans policiers - Science fiction - Romans graphiques

Une petite barque, seule sur l'océan en furie. Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. Un combat inouï pour la survie d'une famille. Il y a six jours, un volcan s'est effondré dans l'océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs.

http://www.denoel.fr



 

  • Editeur : Denoël (18 janvier 2018)
  • Collection : Sueurs froides
  • Prix : 19.90 €
  • ISBN 9782207140680