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Le pitch :

Pendant une crue du Fleuve Pô, une péniche se détache du ponton et dérive dans les eaux tumultueuses du fleuve. Quand elle s’arrête enfin, il n’y a personne à son bord, Anteo Tonna, le propriétaire, a disparu.

Dans le même temps, Decimo Tonna, le frère d’Anteo, est retrouvé mort, défenestré.

Le commissaire Soneri est chargé de l’affaire et ne tarde pas à être persuadé que les deux affaires sont liées et que le mobile vient du passé de fascistes des deux frères.

 

Mon avis :

Autant le dire tout de suite, ce roman rejoint mon top 10 des romans « coup de cœur » de cette année 2017.

Je vais commencer par l’histoire. Tout commence par cette crue. Elle est angoissante, l’ambiance est sombre, froide, pesante. L’auteur nous happe instantanément dans les remous de ce fleuve puissant. On assiste au « voyage » de cette péniche jusqu’à ce qu’elle échoue et qu’on découvre que son « capitaine » a disparu.

Quand Soneri entre en scène, le ton change et s’adoucit. Soneri nous parait un homme posé, doux et tout en retenue. C’est un peu l’effet que l’auteur m’a fait d’ailleurs, quand je l’ai rencontré il y a quelques mois au Festival de Toulouse Polars du Sud. Soneri est pourtant un personnage fort, plein d’intuitions, déterminé mais qui reste toujours dans la bienséance, même lorsqu’il interroge ces riverains par toujours causants.

Le scenario de ce roman est très prenant et nous parle aussi d’un passé peu glorieux de l’Italie et de ses chemises noires. L’Italie qui s’est tournée vers le fascisme et dans laquelle les communistes ont été traqués. Valerio Varesi nous explique ainsi que le passé perdure et que le temps n’érode pas toujours les sentiments ou la souffrance.

L’action se déroule sur le même rythme que la crue et la décrue du fleuve. Energique au départ, puis le calme revient, pimenté parfois par l’intervention de la compagne de Soneri, Angela. Enfin vient la décrue qui révèlera les secrets de ces habitants du bord du Pô, dissipant la brume qui dissimule les faits et méfaits qui ont jalonné leur histoire sur plusieurs générations.

« Il faut distinguer l’expérience de la mémoire. On a l’illusion que l’on se souvient parce qu’il semble que tout est toujours identique, comme le fleuve qui n’a de cesse de couler entre une crue et une période d’étiage. Mais en fait on recommence chaque fois de zéro. Les souvenirs valent pour deux ou trois générations, puis ils disparaissent et d’autres les remplacent. Après cinquante ans, on revient à la case départ. »

« Aujourd’hui on ne manque de rien et les gens ont oublié les temps durs. En période d’abondance, tout le monde se déteste parce que prévaut l’égoïsme, seul fondement de notre monde à présent. Quand la misère reviendra, nous serons à nouveau unis. »

Ce sont un auteur et un roman qu’il faut absolument découvrir. Alors ? vous embarquez pour une croisière sur le Pô ?

 

4ème de couverture :

PRIX VIOLETA NEGRA 2017 
Ses recherches le conduisaient toutes vers le Pô, sur cette terre plate où l'on ne voyait jamais le ciel. Et lui ne croyait pas aux coïncidences.' 

Dans la lignée de Giorgio Scerbanenco ou du duo Fruttero et Lucentini, un polar impressionniste servi par une prose pleine de panache, qui nous plonge dans l'atmosphère humide et ténébreuse de l'Italie du Nord et de son histoire tourmentée. 

Dans une vallée brumeuse du nord de l'Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit. Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l'aval avant de disparaître dans le brouillard. Quand elle s'échoue des heures plus tard, Tonna, son pilote aguerri, est introuvable. Au même moment, le commissaire Soneri est appelé à l'hôpital de Parme pour enquêter sur l'apparent suicide d'un homme. Lorsqu'il découvre qu'il s'agit du frère du batelier disparu, et que tous deux ont servi ensemble dans la milice fasciste cinquante ans plus tôt, le 
détective est convaincu qu'il y a un lien entre leur passé trouble et les événements présents. Mais Soneri se heurte au silence de ceux qui gagnent leur vie le long 
du fleuve et n'ont pas enterré les vieilles rancoeurs. Les combats féroces entre chemises brunes et partisans à la fin de la guerre ont déchaîné des haines que le temps ne semble pas avoir apaisé, et tandis que les eaux baissent, la rivière commence à révéler ses secrets : de sombres histoires de brutalités, d'amères rivalités et de vengeances vieilles d'un demi-siècle... 

Dans la lignée de Giorgio Scerbanenco ou du duo Fruttero et Lucentini, un polar impressionniste servi par une prose pleine de panache, qui nous plonge dans l'atmosphère humide et ténébreuse de l'Italie du Nord et de son histoire tourmentée. 

- Finaliste du Gold Dagger Award en Grande Bretagne et du prestigieux prix littéraire Strega en Italie

 

L’auteur :

VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, il devient journaliste en 1985 notamment à La Stampa et La Repubblica. Il est l'auteur de onze romans au héros récurrent, dont Le Fleuve des brumes nominé au prestigieux Gold Dagger Award en Grande Bretagne. 
Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonnes chairs et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues. 

 

  • Traduction: Sarah Amrani (traduit de l’italien)
  • Editeur : Agullo (12 mai 2016)
  • Collection : Agullo Noir
  • Prix : 21.50 €
  • ISBN: 9791095718000

 

Egalement disponible en format poche aux éditions Points.