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Le synopsis :

14 ans après le meurtre d’une fillette, l’Inspecteur Mikami est à présent au département de Relations avec la Presse. Un grand ponte décide de remettre au gout du jour cette affaire arrivant à prescription par une visite au père de la victime. Mikami est chargé d’organiser cette venue alors que sa propre fille a disparu suite à une fugue.

 

Mon avis :

C’est la première fois que je lis un roman policier se passant au Japon, qui plus est écrit par un auteur Japonais. C’est franchement une splendide découverte.

Aux oubliettes les clichés qu’on peut lire dans des romans dont l’action se déroule au Japon ou dans les films. Ici ne comptez pas trouver de yakusas sanguinaires ou assister à des combats d’arts martiaux.

L’écriture est radicalement différente de ce qu’on peut lire chez les auteurs Occidentaux. Le texte est comme millimétré, tout est parfait, minutieux, documenté.

Le style est précis et l’auteur maîtrise visiblement tous les sujets abordés ici.

L’auteur nous fait bien sûr vivre une enquête policière mais ce n’est pas forcément ce qui prédomine dans ce roman.

Mikami va surtout évoluer dans un environnement très cloisonné et très hiérarchisé. On découvre dans ce roman une culture très différente de la notre dans ses us et coutumes tant au niveau politique que diplomatique.  Ainsi, on a une approche très détaillé du système judiciaire et de l’organisation de la police Nipponne.  Les protocoles relatifs aux rangs sont très marqués mais très bien amenés et expliqués.

Il en est de même des relations entre la police et les journalistes. Comme partout les uns influent sur les autres. La police manipule les journalistes qui eux manipulent l’opinion. Mais ça ce n’est pas propre au Japon. On a tous déjà assisté à des élections très fortement orientées par la presse ou des désignés coupables par les médias. Sauf que dans ce roman, l’auteur nous plonge dans les coulisses de ces manipulations, de ces mensonges.

L’inspecteur Mikami va donc devoir surmonter tous ces protocoles afin de parvenir au but de sa mission et rien ne va s’arranger pour lui quand une adolescente va disparaitre dans des circonstances étrangement similaires au rapt de la fillette, quatorze ans auparavant.

Ce roman est très riche en enseignement pour des néophytes de la culture Japonaise et découragera peut-être ceux qui préfèrent des romans où seule l’action domine. Mais il serait vraiment dommage de passer à côté de ce livre. Non seulement le dénouement vous surprendra mais vous en ressortirez enrichi de nouvelles connaissances.

En tout cas, il m’a donné envie de découvrir d’autres polars japonais car il reste une superbe découverte de cette fin d’année 2017.

 

La 4ème de couverture :

Le six-quatre? Une affaire non résolue qui remonte à l’an 64 du règne de l’empereur Shôwa. Une fillette de sept ans enlevée et assassinée sans que l’on parvienne à arrêter son ravisseur. Quatorze années ont passé, l’empereur n’est plus le même, mais la plaie reste ouverte pour cette région du nord de Tokyo. Dans cette année civile 2002, la prescription des faits approche. Pourtant, pas question de baisser les bras. Le grand chef de la police nationale doit venir l’annoncer officiellement au père de la victime et à la presse. Le commissaire Mikami, en charge des relations publiques depuis peu, a une semaine pour organiser la visite. Premier défi: régler au plus vite un différend avec les journalistes; deuxième: vaincre la résistance du père; troisième: ne pas se laisser envahir par ses propres démons. Mais pour relever ces défis, il lui faut avant tout débusquer la vérité aux sources les plus profondes de l’affaire et de l’âme humaine, là où il n’aurait jamais pensé la trouver…

 

L’auteur :

Hidéo Yokoyama a été pendant douze ans journaliste judiciaire à Gunma, au nord-ouest de Tokyo. Au Japon, tout commissariat a son club de la presse: chaque grand média y est représenté par un reporter du service police-justice. Hidéo Yokoyama était un de ceux-là. Son roman s’inspire de cette expérience et dépeint de façon réaliste les rapports hiérarchiques et les liens étroits entre la presse et la police.

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller sur le site des Editions Liana Levi où vous pourrez lire un extrait gratuitement :

 



Editions Liana Levi

Collection « Policiers »

Traduit du japonais par Jacques Lalloz

Date de parution : 21-09-2017
Prix : 23 €

Isbn : 9782867469510