flamantnoir

 

Aujourd'hui, c'est une autre jeune maison d'édition que je vous présente.

Nath, l'éditrice, a répondu à quelques questions, je vous laisse découvrir ses réponses.

 

Nathalie, raconte-nous la création de Flamant Noir. Qu’est-ce qui t’a donné envie ? 

Flamant Noir est née d’une rencontre avec plusieurs auteurs.

Autrefois, je tenais un blog sur lequel je rédigeais des chroniques littéraires. Je lisais donc beaucoup, et j’ai eu l’occasion d’être en contact avec des auteur(e)s. J’ai fini par créer un groupe littéraire sur Facebook avec plusieurs d’entre eux et une forte amitié est née entre nous. Ce groupe nous permettait, et c’est toujours le cas, d’échanger autour du livre, de l’écriture, de l’édition, et de nous lancer parfois des jeux ou des défis littéraires (il est d’ailleurs sorti de véritables pépites de leurs travaux, mais ça, c’est secret !)

Côtoyer des auteurs de près, me mettre à leur place, m’a permis de bien cerner les différents problèmes qui se posent à eux : leurs difficultés à être publiés — correctement publiés, les obstacles qu’ils rencontrent pour se faire une place, leur attente, leurs besoins, les dysfonctionnements des maisons d’édition, etc.

Alors, l’idée de créer Flamant Noir a commencé à germer...

Beaucoup d’auteurs encore dans l’ombre recèlent une plume brillante et un talent fou ! C’est cela qui m’a donné envie de devenir éditrice. Découvrir de belles plumes originales, de travailler avec les auteurs de façon plus familiale et plus proche, de faire équipe avec eux. Et surtout, j’avais une volonté farouche de me battre pour défendre leur livre malgré les nombreux obstacles. Un véritable défi, mais peu importe ! J’aime les challenges et j’aime bousculer les préjugés. Cela peut paraître prétentieux, mais ce n’est qu’ambitieux. Je n’ai jamais voulu jouer dans la cour des géants ; cette cour ne m’intéresse pas. En revanche, ce qui m’intéresse, c’est de me battre pour défendre une livre que j’aime.

La littérature est présente dans ma vie depuis toujours. J’ai effectué une formation de scénariste, même si je n’en ai jamais fait mon métier. Les auteurs me fascinent. J’ai toujours écrit.

Enfant déjà, je remplissais de tas de petits carnets ou de cahiers. Je suis une amoureuse des mots et de ceux qui savent brillamment les utiliser. Quel fabuleux don ! Je ne crois pas que l’on puisse apprendre à devenir écrivain. À bien écrire, peut-être, mais je crois que l’on naît écrivain.

À l’adolescence, j’ai commencé à apprécier les romans grâce à Stephen King. J’adorais les thrillers. Puis je me suis orientée vers la littérature plus générale, les romans classiques, les bios, les essais, etc. Le polar n’était pas mon genre de prédilection. J’ai découvert le polar grâce au groupe, c’est un genre que j’ai aimé. Le polar met en lumière la part obscure de l’homme. Cette obscurité me fascine, car elle existe en chacun de nous, même si l’on s’efforce de la cacher.

Un an après la création du groupe, l’édition est devenue une évidence pour moi, surtout quand l’un des auteurs m’a agité son texte sous le nez en me disant : « Alors ? Tu vas te décider à monter ta maison d’édition ?! »

Je n’ai plus hésité. Je me suis lancée.

Il suffit parfois d’une rencontre…

 

Comment trouves-tu les auteurs ?

Je ne les trouve pas, ce sont eux qui me trouvent lorsqu’ils m’envoient leurs textes. Ensuite, c’est encore une histoire de rencontre. Je ne saurais expliquer réellement ce qui se produit à la lecture d’un texte qui me plaît, c’est un ressenti très personnel. Je ressens une émotion particulière. Un je-ne-sais-quoi qui ne me fait pas hésiter un instant. Ce je-ne-sais-quoi s’appelle le talent, bien entendu, et ce qu’il produit. Le texte possède une âme, la plume porte la signature de son auteur. Tout y est. Quand je ressens cela, alors je sais que je peux et que je DOIS publier cet auteur.

 

As-tu une ligne éditoriale ?

C’est un jargon pour éditeurs sérieux, ça ! (Rires) Moi, je dirais que je publie des romans pour adultes, (sauf fantasy, érotique, science-fiction et historique), et même si le polar est devenu le genre principal de la maison, je n’avais rien décidé au départ. Le mot « Noir » de Flamant Noir a attiré les auteurs du noir et j’ai commencé par publier des polars et des thrillers. Mais j’aime toutes les histoires et j’ouvrirai probablement une nouvelle collection un jour. Ce sera vraisemblablement une rencontre qui me poussera à le faire… ! ;-)

 

Es-tu seule pour lire tous les manuscrits ou as-tu un comité de lecture ?

Non, je ne suis pas la seule à lire, même si je reste celle qui prend la décision finale. J’ai quelques personnes qui lisent avec moi ce que je reçois. J’ai des lecteurs pour les manuscrits, pas nombreux, mais on ne peut pas confier cela à n’importe qui. C’est tout de même une tâche importante. Ceux avec qui je travaille connaissent mes exigences et savent parfaitement ce que j’attends. J’ai souvent besoin d’eux pour un second avis, pour qu’ils me disent ce qu’ils pensent du texte que je viens de lire, quand je doute. Parfois, je n’ai pas le temps de lire, alors ils le font à ma place, puis ils me transmettent leur avis pour savoir si je dois lire ou non.

Je demande seulement quelques chapitres aux auteurs, ça me suffit, car cela m’indique déjà si la plume correspond à mes attentes.

 

Certains des romans que tu as publiés ont remporté des prix, tu peux nous parler de ces romans ?

Je le peux. Quatre ans d’existence : quatre prix. Pourvu que ça dure !

Il y a le polar Kind Of Black de Samuel Sutra, qui a reçu le Prix du Balai d’Or 2014. Il venait juste de le remporter lorsque j’ai repris les droits de ce livre. Je l’ai réédité pour l’occasion. C’est un beau polar - j’insiste sur la beauté de ce roman -  qui se déroule dans l’univers du jazz, mais que l’on soit fan de jazz ou non, ce n’est pas un cours de jazz, loin de là ! Le jazz est présent comme une musique de fond, comme un hommage, qui accompagne une histoire prenante. Ce polar, c’est du velours, il est intimiste et sublimement écrit…

 

Il y a les polars Burn-Out de Didier Fossey et L’Origine du Crime de Sébastien Lepetit, tous deux ont remporté le Prix du Lions Club, en 2015 et 2016. Deux polars très différents. Burn-Out évoque les mauvaises conditions de travail des policiers, et met en lumière le suicide dans la profession, malheureusement encore d’actualité… Depuis le prix, ce livre rencontre un véritable succès ! Il est désormais disponible en audio chez Hardigan/Audiolib, et paraîtra en janvier 2018, au format poche, chez Bragelonne Thriller !

L’autre polar, L’Origine du Crime, nous invite à découvrir le peintre Gustave Courbet autour d’une intrigue très brillante. À travers les livres de cet auteur, on se cultive, on a la sensation de bien manger et de bien boire, et l’on découvre du pays…!

 

Enfin, ELIJAH de Noël Boudou, vient de remporter le Prix du Roman Noir 2017 au Festival Polar de Cognac. Ce livre a une histoire particulière, ce prix est donc doublement satisfaisant et mérité.

C’est un premier roman qui possédait une énorme force, mais comportait aussi quelques faiblesses. Nous avons donc beaucoup travaillé avec l’auteur sur le texte. C’est un livre très dur, les mots sont crus, l’ambiance violente, mais c’est un livre poignant. Il a fallu trouver les bonnes nuances de couleur et peser l’horreur, le gore, pour ne pas tomber dans le too much et rester crédible. Le personnage principal est un jeune homme abîmé par la vie, qui ne fait aucun cadeau aux autres, tout comme on ne lui en a jamais fait. Il a sa raison de vivre : son petit frère handicapé. Alors, quand on le kidnappe, il devient fou. Et il est prêt à tout. On arrive comprendre ce personnage et même à l’aimer malgré les crimes affreux qu’il commet. C’est la force de ce roman.

Ce prix est la preuve qu’il mérite d’exister et vaut la peine d’être lu.

 

J’ajouterais qu’un autre livre du catalogue a été récompensé : Akhanguetnö et sa bande de Samuel Sutra, qui a reçu le Prix Sherlock, en 2013, remis par Pascal Dessaint et décerné par la bibliothèque CER S.N.C.F. de Lille. Nous l’avons réédité en juin 2015.

 

Pourrais-tu nous parler des prochaines parutions ?

 

Avec plaisir !  Le mois prochain, nous rééditons le polar Tr@que sur le Web de Didier Fossey. Son premier roman. La première enquête de Boris Le Guenn et son équipe, au 36 quai des Orfèvres.

 

Puis en 2018, il y aura :

– L’enfer du Dossier Li de Grégoire Lacroix. (Polar humoristique)

– Coupable [S] de Samuel Sutra (Polar)

– Artifice, de Didier Fossey. La nouvelle enquête du commandant Le Guenn au 36. (Polar)

Et d’autres encore…

 

 

As-tu un message à faire passer, aux libraires, aux organisateurs de salons, aux blogueurs et aux lecteurs ?

 

Pas de message, mais un seul mot : MERCI !  

À toi, Lau Lo, pour commencer ! Pour l’intérêt que tu nous portes et le temps que tu consacres à Flamant Noir.

Ensuite, merci aux lecteurs, sans vous, nous ne sommes rien !

Aux fidèles lecteurs de Flamant Noir qui se reconnaîtront. Cela nous touche beaucoup.

À tous ceux qui nous suivent depuis la création de la maison, et qui par leurs mots ou leur bienveillance nous boostent pour continuer.

À ceux qui nous font confiance et n’ont pas peur de découvrir nos romans.

(Ils n’ont encore mordu personne, c’est promis !)

Enfin, merci à tous ceux et celles qui d’une façon ou d’une autre (il n’y a pas de petites actions) nous aident à exister et à promouvoir nos auteurs. Nous leur en sommes infiniment reconnaissants.

 

Et pour tous les autres : mais qu’attendez-vous pour nous découvrir ? 

 

 

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