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Il est des romans qui vous surprennent, qui vous interpellent et d’autres qui vous laissent perplexe.

Celui-ci fait partie de la dernière catégorie.

Allez, mention spéciale pour commencer à la couverture « qui bouge ». Cela m’a rappelé les images qu’on trouvait dans les boîtes de « Vache qui rit » quand j’étais petite (le premier qui dit que ça date de très longtemps, je le massacre).

Reste la mention thriller… première source de perplexité. Parce que, il faut être honnête, ce n’est pas un thriller, ni un polar, ni un roman noir. Ce roman est même très dur à faire rentrer dans un genre.

La construction est une autre source de perplexité : les personnages prennent la parole chacun leur tour, exprimant leur ressenti d’une situation qu’ils partagent. En une phrase ou en une plus longue tirade.

L’histoire est par contre très intéressante. Dans ce monde du futur, pas forcément très lointain, une application a été créée: eVal. Cette appli attribue un code couleur à tout ce qui existe, y compris les gens. Chacun peut donc voir votre « évaluation » basée sur des commentaires de n’importe qui et sur un algorithme tenu secret. En gros, si vous êtes vert clair, vous êtes parfait ; si vous êtes rouge, vous devenez personae non grata et plus de boulot pour vous, plus de droit à l’adoption comme pour un des personnages de ce roman.

Une mention des notations sur de grosses plateformes de vente existantes, sous forme d’étoiles est clairement faite. Tout comme l’image des réseaux sociaux où une réputation se défait et se ruine plus vite qu’elle ne se fait.

On pense à tous ces jeunes qui se suicident à cause de ces réseaux sociaux.

On pense à ces notations sur des sites par des critiques, des journalistes ou des chroniqueurs, notamment sur les romans. Combien de fois ai-je lu des auteurs qui se lamentaient de faux profils (ou pas) laissant des commentaires et des notes désastreuse sur ces sites ? Il m’est arrivé aussi de lire des chroniques assassines sur des romans, voire pire, sur leur auteur. J’ai toujours été opposée aux notes, même sous forme d’étoiles.

Ce roman donne vraiment à réfléchir sur les dérives d’un monde Big Brother où on serait, et ça l’est déjà, pisté à la trace grâce à nos téléphones portables. Des outils qu’on ne lâche plus, dans l’attente du moindre « like » ou du moindre com sur vous ou vos publis.

De ce roman, je ne vais pas retenir l’histoire qui, somme toute, ne m’a pas emballée plus que ça. Par contre, le message est intéressant et utile pour rappeler à tous que la vie, ce n’est pas des stats ou un concours de popularité et qu’il faut toujours faire attention à l’image que vous donnez de vous dans un monde qui n’est que virtuel.

N’oublions pas qu’être populaire sur un réseau social, c’est un peu comme être milliardaire au Monopoly.

 

4ème de couverture :

Paris, de nos jours ou presque. Au sortir d’un plateau télé, Léandre Batz, journaliste en mal de sujet, croise le chemin d’une figure de la Comédie-Française, Olivia Muller. L’actrice est effondrée, elle vient de se voir refuser le droit à l’adoption : sa nOte est trop basse. Car il faut savoir qu’une application – aussi simple que cruellement efficace – régit désormais le quotidien de tous les utilisateurs de smartphone, autant dire d’à peu près chaque être vivant sur la planète. Cette appli, c’est eVal. Fini les TripAdvisor, le nombre d’amis Facebook, les étoiles sur Airbnb : eVal centralise tous les avis sur absolument tout. Y compris les êtres humains. Et elle ne fait pas dans la nuance. La nOte est maintenant le premier marqueur social, pour le meilleur et surtout pour le pire. Alors cette histoire d’adoption contrariée, c’est ce qu’attendait Léandre pour partir en croisade. Premier mystère à résoudre : comment la grande Olivia Muller peut-elle avoir une telle nOte ? Léandre va s’apercevoir que, concernant eVal, les explications les plus logiques ne sont pas forcément les meilleures. Et quand on sait que le cerveau milliardaire derrière l’appli que Léandre s’apprête à démolir n’est autre que son petit frère, l’enquête prend vite des allures de tragédie grecque.

 

L’auteur :

Journaliste de formation, Julien Capron est né en 1977. Chacun de ses romans est tendu par une profonde inquiétude sur les systèmes de tout ordre, qu’ils soient politiques, sémantiques ou sociaux (Amende honorable, Trois Fois le loyer, Flammarion). Également scénariste, Capron se consacre plus particulièrement aux nouvelles écritures (web-séries, transmédia), domaine dans lequel il a remporté plusieurs distinctions. Mise à Jour est le premier tome d’une série aux marges de l’anticipation.

 

Date de parution 05/10/2017

Editeur : Seuil
18.00 €
224 pages
EAN 9782021369359