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Nathalie Decrest est flic. Alors qu’elle doit faire une descente dans un camp de Gitans pour des paris sur des combats de coqs, elle réquisitionne Sergine Hollard, vétérinaire, pour cette opération. Nathalie découvre alors au fond de ce camp un container renfermant deux femmes et un enfant, tous trois issus des pays de l’Est. Les deux jeunes femmes sont des réfugiées albanaises forcées de se prostituer par leurs passeurs. Peu après, le fils de l’une d’elles est retrouvé mort.

Sergine, elle, très sensible à la cause des plus démunis, a le projet d’ouvrir un cabinet vétérinaire itinérant afin de soigner les animaux des sans abris. Elle fait la connaissance d’Odile dont le chien a été blessé par deux sœurs SDF. Sergine va alors faire son possible pour aider Odile et va demander l’aide de Nathalie.

 

Mon avis :

A la lecture du résumé que je vous ai fait du roman, vous allez dire « mais quel est le rapport entre les deux intrigues ? ».

A la lecture du roman, je me suis aussi posé la question, assez longtemps. Et, comme souvent, on ne le découvre qu’à la fin.

Cette histoire est bien plus une peinture sans concession de notre société qu’un polar. Bien qu’il y ait une trame policière en fond, il rentre plus dans la catégorie roman noir. L’auteur nous présente le côté « caché » de Toulouse et de toutes les villes, grandes ou moyennes. Ces personnes que l’on cache et qu’on ne veut pas voir, ni croiser. Ces sans abri qui nous font souvent baisser les yeux ou changer de trottoir. Benoît Séverac nous rappelle ici que ce sont des êtres humains, qui ont souvent eu la même vie que nous, avant. Il nous rappelle qu’on peut tous, un jour, faire partie de ces personnes que très peu, finalement, veulent aider.

L’auteur nous parle de ces migrants qui viennent pleins d’espoir, qui sont exploités, maltraités, par les « passeurs », souvent issus des mafias de leurs pays d’origine.

L’auteur fait aussi un état des actions et associations qui œuvrent pour aider les sans abri, leur apporter le minimum à l’image du SAMU Social, le fameux 115. Le personnage de Sergine est d’ailleurs assez emblématique. Il est un fait que beaucoup de sans-abri n’ont que leur chien comme véritable compagnon, source d’amour et de chaleur.

Dans son roman, on est très loin des cartes postales de Toulouse avec son clocher de Saint-ernin sous le soleil et les violettes en déco. L’auteur vous entraine ici dans ses lieux les plus reculés, les plus « malfamés ».

Après les quartiers, à majorité maghrébine, de son précédent roman « Le Chien Arabe », sorti en poche sous le titre « Trafics », l’auteur nous montre ici d’autres quartiers : ceux des « Gitans » sédentarisés.

En ce qui concerne l’écriture, elle est aussi dure et brute que ce qu’elle dépeint.

Les personnages sont tous taillés au cordeau mais je n’ai pas réussi à m’attacher à l’un d’eux.

J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire jusqu’à ce que je cesse d’attendre un polar.

Peut-être un peu « cliché », ce roman bouscule et finalement, ne fait la part belle à personne.

Ce roman noir est instructif. Pour ma part, j’y ai appris beaucoup de choses sur l’action sociale et sur ma ville, même si je n’ai pas forcément aimé ce que j’en ai retenu.

 

Extrait :

La Nuit, les cauchemars reviennent. On les attend. Ce qu’ils racontent ne surprend plus.

Ils décrivent l’horreur. Mais au fond, on sait qu’on finira par se réveiller. Effaré, les yeux grands ouverts fouillant l’obscurité, en sueur, en pleurs parfois, mais on en sort vivant. Rêver, c’est prévoir le pire.

Les monstres n’ont pas besoin de sortir la nuit ; Ils sont plus effrayants dans la lumière du jour, quand ils prennent les traits de la familiarité.

 

4ème de couverture :

Sans Adamat, Hiérosé n'aurait rien à perdre. Sans son fils, la jeune Albanaise n'aurait pas de raison de vivre. D'ailleurs, elle serait déjà morte. Noyée dans la mer Adriatique parce qu'elle se serait laissée couler lorsque le bateau s'est retourné entre Durrës et Brindisi. Les passeurs les ont sortis de l'eau et les ont amenés jusqu'en France où la jeune Albanaise est forcée à se prostituer. Planquée dans un container pour échapper à ses proxénètes, elle est découverte par Nathalie Decrest, chef de groupe de la Brigade Spécialisée de Terrain de la Police Nationale, lors d'une descente dans un camp de Gitans. La vétérinaire Sergine Hollard, elle, a un projet : Créer une clinique ambulante qui accueillerait les animaux des SDF, seuls liens entre les indigents et le monde. Lors de la mise en œuvre de son projet, elle rencontre Cyril, un jeune autiste qui vit dans la rue sous la coupe de deux sœurs jumelles surnommées Charybde et Scylla par les sans-abri et les travailleurs sociaux. Les deux jeunes femmes, policière et vétérinaire, connaissaient les lisières de ce monde de la misère : Elles vont y pénétrer pour en découvrir la violence.

 

L’auteur :

Benoît Séverac enseigne l'anglais à l'école vétérinaire de Toulouse où il vit. Il a publié chez Syros L'Homme-qui-dessine en 2014, Les Chevelues aux éditions Tme, Grand Prix de la ville de Toulouse en 2008 et traduit aux USA, Silence, adapté au théâtre. En 2015, Hammett Détective a paru chez Syros et en 2016 Little Sister. Il a publié à La Manufacture de Livres, Le Chien Arabe, Prix de l’Embouchure 2016, paru chez Pocket en 2017 sous le titre Trafics.

 

  • Editeur : Manufacture de livre éditions (5 octobre 2017)
  • Collection : POLICIERS
  • Langue : Français
  • Prix: 18.90 euros
  • ISBN-13: 978-2358872423

 

 

 

115 - Benoît Séverac

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